Les migraines ont souvent tendance à ruiner nos journées. Les crises, souvent douloureuses, perdurent des heures durant et concerneraient 15 % de la population mondiale. Et nous ne sommes pas égaux face aux migraines : les femmes souffriraient trois fois plus de migraines que les hommes. Décryptage.

Des migraines plus fréquentes chez les femmes

Une récente étude sud-coréenne a mis en évidence un fait admis par beaucoup : les migraines, avérées ou probables, sont plus récurrentes et plus invalidantes chez les femmes que chez les hommes. Afin de diagnostiquer les migraines avérées – ou céphalées – des participants à l’étude, l’équipe de recherche a utilisé les critères de l’International Classification of Headache Disorders (ICHD-2). Les migraines dites « probables » étaient considérées dès que les participants remplissaient une partie desdits critères. l’équipe de recherche a en outre mesuré le degré de dépression, l’intensité des maux de tête et la qualité de vie.

Sur les 2 695 participants, un diagnostic de migraine avérée a pu être posé sur 107 femmes contre 36 hommes. Quant aux céphalées dites probables, elles concernaient 243 femmes contre 136 hommes. Au sein de l’ensemble de la cohorte, 9 % des femmes souffraient de migraines, contre 2,7 % des hommes. L’étude souligne également que c’est entre 40 et 49 ans que les migraines sont maximales chez les femmes, concernant 22,3 % des sondées. Chez les hommes, c’est davantage entre 30 et 39 ans, avec 12,6 % de la cohorte.

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Pourquoi des migraines à répétition ?

Diverses causes peuvent être à l’origine des migraines, qui peuvent être avec ou sans aura. La migraine sans aura est très répandue quand celle avec aura concerne 30 % des migraineux. On parle de migraine avec aura quand la crise est précédée ou accompagnée d’une aura, trouble neurologique transitoire entièrement réversible. Les auras usuelles comportent notamment des troubles visuels, sensitifs voire parfois des troubles du langage apparaissant lentement, mais d’une durée inférieure à 1 heure. Les troubles visuels sont les plus fréquents avec des visions de points ou de taches brillantes.

Les principales causes de la migraine :

La prédisposition génétique

S’il n’existe pas de gène de la migraine, on dénote cependant une « susceptibilité qui dépend de l’association de plusieurs variants génétiques : plus d’une douzaine de gènes de susceptibilités à la migraines ont été identifiées depuis 2010. » Il existe aussi la migraine hémiplégique familiale, néanmoins particulière. L’hérédité de la maladie est monogénique, donc dépend d’un seul gène. Or, dans une famille atteinte, l’ensemble des personnes souffrant de migraines répétées portent la même mutation du même gène. À ce jour, seuls quatre gènes de la migraine ont été clairement identifiés : CACNA1A, ATP1A2, SCN1A et PRRT2.

Les hormones

Les hormones sexuelles auraient un impact conséquent sur l’apparition des migraines, notamment les œstrogènes. Ces derniers affecteraient en effet les cellules présentes autour du nerf trijumeau – nerf crânien qui relie toutes les fonctions du visage – et des nerfs sanguins. Aussi, plus le taux d’œstrogènes augmente, plus fréquentes sont les migraines, d’où leur augmentation durant le cycle hormonal féminin. Outre les variations œstrogéniques, les variations de prolactine auraient aussi un rôle important dans l’apparition de migraines. Cette hormone, bien que sécrétée par hommes et femmes, l’est davantage par les femmes : elle permet notamment le déclenchement et le maintien de la lactation après l’accouchement. A contrario, la testostérone – hormone masculine – aurait un effet protecteur chez les hommes.

Le quotidien

Les variations émotionnelles ou physiques qui rythment parfois notre quotidien peuvent favoriser l’apparition d’un épisode de migraine. Les émotions négatives, le surmenage, un effort physique inhabituellement intense sont autant de facteurs favorisant la céphalée.

Le sommeil, aussi bien en termes qualitatifs que quantitatifs, a lui aussi son rôle à jouer dans les migraines. Des variations climatiques ou sensorielles (lumières et odeurs fortes) seraient aussi impliquées.

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Sources

Inserm,
Journal International de Médecine,
– Song TJ et coll., « Sex differences in prevalence, symptoms, impact, and psychiatric comorbidities in migraine and probable migraine : a population-based study. », Headache, 2019 ; 59 : 215-223,
– Maite Artero-Morales et al., « TRP Channels as Potential Targets for Sex-Related Differences in Migraine Pain », Front. Mol. Biosci., août 2018,
Pourquoi Docteur.

Jonathan Epaillard

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