Chaque matin, votre mère vous intimait l’ordre de prendre votre petit-déjeuner pour bien démarrer la journée. Les études étaient unanimes : le petit-déjeuner est nécessaire à une alimentation équilibrée. Mais si cette allégation était en fait erronée ? 

De l’importance du petit-déjeuner ?

Les recommandations nutritionnelles ont longtemps insisté sur l’importance du petit-déjeuner. Des études datant des années 70 et 80 ont mis au cœur des leurs préoccupations ce « repas le plus important de la journée ». Elle signalaient notamment que l’absence de petit-déjeuner était liée à une surcompensation énergétique dans la journée. Ou que c’était ce repas qui détenait le pouvoir de satiété le plus conséquent, et que faire l’impasse avait des répercussions sur la sensation de faim. Puis vint l’ère du scandale et des lanceurs d’alerte. Ces derniers ont révélé que de nombreuses études vantant les bienfaits du petit-déjeuner avaient été commanditées et financées par Kellogg’s et autres fabricants de céréales au succès mondial. Julia Belluz souligne d’ailleurs pour Vox qu’aucune étude n’a rééllement démontré les bienfaits sur la santé du petit-déjeuner.

Puis, il y a petit-déjeuner et petit-déjeuner. Celui qui contient des (vrais) fruits, des produits frais et des aliments à l’indice glycémique bas ou modéré. Puis, il y a ceux composés d’aliments ultra-transformés, comme les céréales industrielles, les gâteaux et autres pâtisseries qui ravissent certes votre palais, mais beaucoup moins votre santé.

8 petits-déjeuners à l’indice glycémique (IG) haut, moyen et faible

Le petit-déjeuner n’aurait aucun impact sur le poids

Face à ces doutes croissants quant à l’absence de bienfaits du petit-déjeuner, une équipe australienne a réalisé une méta-analyse de plusieurs essais cliniques : 7 d’entre eux étudiaient l’impact du petit-déjeuner sur le poids, et 10 observaient l’effet de ce repas sur la consommation énergétique quotidienne. Résultat : « il n’y a aucune preuve pour soutenir la thèse que le petit-déjeuner favorise la perte de poids ou que ne pas en prendre mène à une prise de poids. » La majorité de ces essais ont été menés sur des personnes en surpoids, chez qui l’absence de petit-déjeuner n’a pas conduit à une prise de poids, balayant ainsi le mythe de la surconsommation énergétique le reste de la journée. Quant aux personnes consommant un petit-déjeuner durant l’étude, elles n’ont pas perdu de poids.

Néanmoins, l’équipe australienne relève que ce repas conduit à une augmentation de l’apport énergétique quotidien, avec une augmentation moyenne de 259,79 kcal par jour. De nouvelles recherches devraient voir le jour car les auteurs de cette méta-analyse n’excluent nullement les risques de biais. Ils soulignent en outre que les suivis n’ont pas été menés à long terme.

Sources

British Medical Journal,
Journal International de Médecine,
Vox,
Slate.

Jonathan Epaillard