On n’aura jamais fini de faire le tour des MICI… Pour rappel, on a vu ce qu’étaient les MICI, qu’elles évoluent avec des phases de poussée et des phases de rémission. Dans l’épisode précédent, il a été rappelé l’alimentation à adopter, ou du moins à privilégier, lors des phases de poussée. C’est maintenant au tour de l’alimentation en phase de rémission de passer à la loupe !

MICI : l’alimentation en phase de rémission

Parce que tout va bien, pourquoi s’interdire des aliments ? La théorie veut qu’un retour à une alimentation normale soit entrepris, une fois la phase de rémission obtenue. Seulement, l’expérience clinique montre que beaucoup de patients restent de manière prolongée, voire permanente, avec un régime sans résidus (plus ou moins strict), par peur de voir réapparaitre les symptômes. Or ce régime est très monotone, il peut être à l’origine de carences s’il est maintenu sur une trop longue durée. Il peut aussi causer une perte d’appétit, une perte de poids ou une prise de poids en fonction des individus…

À découvrir : Que manger avec une MICI en phase de poussée ?

Nous sommes bien d’accord, difficile de passer d’un régime sans résidus strict à un régime normal du jour au lendemain, sans dégâts digestifs ! Aussi, le maitre mot est « réintroduction progressive » !

La réintroduction des fibres alimentaires en phase de rémission

Les fibres alimentaires par exemple, très réduites en phase de poussée, sont réintroduites petit à petit et selon la tolérance personnelle de chacun. Monsieur D, supportera peut-être 5g de fibres au début alors que Madame C en tolérera 25g : c’est très personnel ! Ainsi, en période de rémission et selon la tolérance personnelle, tous les fruits et légumes crus sont autorisés, mais il sera préférable au début de retirer la peau et les pépins. C’est également le cas pour tous les autres aliments apportant des fibres.

La réintroduction du lactose

La situation est similaire en ce qui concerne le lactose : tous les fromages, yaourts, fromages blancs, le lait sont autorisés et la quantité varie en fonction de la tolérance personnelle. Pour connaître la quantité que vous tolérez, il faut tester ! Commencez par des faibles quantités sur quelques jours, voyez si vous avez des symptômes qui reviennent et si non, augmentez la quantité pendant quelques jours et regardez si les symptômes reviennent… Et ainsi de suite ! Mais sachez que la tolérance au lactose dépend aussi de la teneur en lactose contenu dans les aliments : elle est élevée dans le lait et le fromage blanc. Mais elle est moins importante dans les yaourts ou les fromages. Donc pour réintroduire le lactose dans votre quotidien, commencez par les fromages et les yaourts !

Outre cette réintroduction progressive des résidus, on préconisera au début ce qu’on appelle un régime normal léger. Votre système digestif est déjà occupé avec la réintroduction des résidus, on va donc essayer de le soulager au niveau de la digestion. Le régime normal léger a pour objectif d’assurer une digestion facile. Ainsi, au début de la rémission, on évitera d’infliger à notre système digestif des plats trop riches en matières grasses, des plats trop épicés, des aliments qui provoquent des gazs et des ballonnements, des aliments acides

À découvrir : les 10 astuces pour limites gaz et ballonnements.

En pratique ça donne quoi ?

Régime normal léger, réintroduction des résidus… Cela se voulait simple comme reprise d’une alimentation normale mais ça vous parait insurmontable ? Pas de souci, on vous voit ensemble ce que ca donne en pratique.

1 – Produits laitiers

Laitage au lait ½ écrémé ou écrémé, nature au début puis progressivement vers des aromatisés ou aux fruits.
Fromage à pâte pressée cuite ou à pâte molle au début en augmentant progressivement la quantité.
Lait en augmentant progressivement la quantité

2 – Viandes, poissons et œufs

Viande maigre, viande blanche, lapin, cheval, agneau, veau. On limitera juste les viandes fumées et les gibiers qui sont forts en goût ou les viandes grasses qui sont difficiles à digérer.
Charcuterie dégraissée découennée non fumée comme par exemple du jambon cuit, du jambon sec, du bacon.
Poisson maigre et éventuellement poisson demi-gras comme par exemple le bar, l’espadon, le tilapia, la raie. On limitera les poissons frits car difficiles à digérer.
Crustacés, mollusques selon votre tolérance personnelle.
Œufs.

3 – Féculents

Biscottes non raffinées et autre équivalent.
Pain blanc grillé.
– Céréales non raffinées et non cuisinées : riz blanc, semoule, pâtes, tapioca
Légumes secs en augmentant progressivement les quantités et en contrôlant qu’ils ne vous causent pas de ballonnements.

4 – Fruits et légumes

Exit les bouillons, place aux légumes entiers (sans la peau) ! Courgette, carotte, aubergine, salade, endive, betterave, blanc de poireau, potiron, haricot vert extra fin, épinard, tomate, cœur de fenouil, pointe d’asperge
– Place aux « vrais » fruits (sans peau et sans pépins) : pêche, brugnon, nectarine, poire, pomme, abricot, agrumes. Voilà de quoi apporter de la diversité à votre alimentation.

Sur le même sujet : les habitudes alimentaires des personnes souffrant de MICI.

5 – Matières grasses

– Huile, beurre et margarine végétale

Et une fois que vous vous sentez mieux au niveau intestinal, rien ne vous empêche de reprendre une alimentation tout à fait normale ! L’objectif final étant d’arriver à une alimentation la plus diversifiée possible et la plus équilibrée pour éviter les carences, tout en respectant vos tolérances personnelles !

Sources

– C. Carip et V. Liégeois, Physiopathologie : bases physiopathologiques de la diététique, Editions Tec et Doc, Lavoisier, 2000.
– M. Apfelbaum et al., Dictionnaire Pratique de diététique et de nutrition, Masson, 1981.
– E. Fredot, Régimes, Editions Tec et Doc, Lavoisier, 2011.
AFA Crohn – RCH – France.

Amandine BONNET, diététicienne WeCook

Laisser un commentaire

Bienvenue
Inscrivez-vous à notre newsletter, afin de recevoir toutes vos actualités.