Santé cardiovasculaire chez les femmes, prise en charge optimale de l'infarctus du myocarde... LQDP décrypte l'actu !

Le congrès de la Société européenne de cardiologie 2019 qui a commencé le 31 aôut se termine aujourd’hui, le 4 septembre. Au-delà des innovations scientifiques et médicales, présentées devant plus de 30 000 professionnels de santé, deux études ont retenu notre attention. La première, parce qu’elle est vraiment importante pour la santé des femmes, s’est penchée sur la prise en charge de ces dernières. La seconde, à cause de son côté surprenant, traite du mode de transport le plus rapide entre ambulance et hélicoptère. Tour d’actualité.

Congrès de la Société européenne de cardiologie 2019

L’European society of cardiology (ESC) est une association à but non lucratif dont la mission est de réduire l’impact des maladies cardiovasculaires à travers la recherche et la prévention. Elle organise chaque année un congrès qui rassemble plus de 30 000 professionnels de santé, chercheurs et spécialistes des maladies cardiovasculaires venant de plus de 150 pays. Tous les exposés n’étaient pas que trop scientifiques et donc incompréhensibles pour les non médecins. Une première étude nous a montré que la collaboration entre médecins était possible et nécessaire. La seconde qui pose la question du mode de transport pour les urgences nous a étonnées. 

Un parcours pour la santé cardiaque des femmes

La première étude, qui malheureusement est toujours d’actualité, étudiait la prise en charge des femmes victimes de maladies cardiovasculaires. Actuellement, ces maladies sont encore la première cause de mortalité pour elles. Une équipe du CHU de Lille a mis en place depuis 2013, un parcours « Cœur, artères et femmes » qui s’adresse aux femmes après une grossesse à risque et aux femmes ménopausées présentant un risque cardiovasculaire accru. Le gynécologue procède au dépistage, chaque femme à risque est adressée à un cardiologue pour une évaluation complète. Résultat, en 5 ans, sur 690 femmes ménopausées identifiées à risque, plus de la moitié présentait un risque cardiovasculaire élevé. Précisons que plus d’1 sur 5 était fumeuse, et près de 4 sur 10 souffraient d’obésité. 

À la lecture de cette étude et de ses résultats, une conclusion s’impose : le progrès ce n’est pas que des innovations technologiques, c’est aussi améliorer les parcours de soins et encourager la relation entre spécialiste.

Qui, à votre avis, a le plus de chance de survivre à un infarctus ?

Par la terre ou par les airs ?   

La seconde étude a été menée par l’équipe du Dr Hakim Radwan. Elle est également publiée dans l’European Heart Journal : Acute Cardiovascular Care. Cette étude s’est penchée sur une question : en cas d’urgence, vaut-il mieux utiliser un hélicoptère ou une ambulance ? La réponse n’est pas aussi évidente…

Selon les recommandations actuelles, le délai entre le premier contact médical et la prise en charge d’un patient victime d’un infarctus du myocarde doit être de moins de 90 minutes et moins ce délai est atteint plus les chances de s’en remettre sont grandes. Le mode de transport choisi est donc important.

Pour départager entre l’hélicoptère et l’ambulance, les chercheurs ont étudié les délais de transfert des patients atteints d’infarctus du myocarde vers les centres d’intervention selon le mode de transport dans le Centre-Val-de-Loire inscrits dans le registre CRAC France PCI. Selon ce registre, entre 2014 et 2017, si le trajet est inférieur à 50 km, l’ambulance fait mieux que l’hélicoptère. Pour des distances comprises entre 50 et 75 km, il n’y a aucune différence notable. Au-delà de 75 km, l’hélicoptère ne va pas plus vite.

Étonnant, non !?

Les facteurs de risques cardio-vasculaires : explications du Dr Steiner

Sources

« Heart, arteries and women, an innovative healthcare pathway based on collaboration between gynecologists and cardiologists for women at cardiovascular risk: design and evaluation at five year. »Session 4 Women.
« Does helicopter transport delay prehospital transfer for STEMI patients in rural areas? Findings from the CRAC France PCI registry », Session 2, Acute Coronary Syndrome.
– registre CRAC France PCI

Léa Coulanges