Et si on se passait de protéines animales au moins un jour par semaine ?

Lundi Vert : c’est la bonne résolution de près de 500 personnalités. Au programme, se passer de viande et de poisson chaque lundi. Pour la planète, pour la santé mais aussi pour le bien-être animal.

La genèse de Lundi Vert

Nous avons de (très) bonnes raisons de réduire notre consommation de protéines d’origine animale. Notre planète est en grand danger, notre santé ne se porte guère mieux et les vidéos exposant la souffrance animale au service de notre palais se multiplient. Ainsi, nombre de personnalités comme Juliette Binoche, Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand, Cédric Villani, Lolita Lempicka et tant d’autres s’engagent, à titre personnel, à se passer des protéines animales au moins le premier jour de la semaine.

Une tribune publiée dans Le Monde expose les motifs de ce Lundi Vert. Décryptage.

Un bon steak au détriment de la planète

Dominique Bourg, signataire de cette tribune, rappelle que « pour produire un kilo de viande, il faut cultiver 10 kg de céréales et l’impact de l’élevage sur la planète en termes de gaz à effet de serre est énorme ». En effet, l’élevage représente à l’échelle mondiale 14,5% des gaz à effet de serre, davantage que le secteur des transports. Étonnant ? Pas vraiment quand on a conscience que 150 g de viande de bœuf a une empreinte carbone de … 4 300 g de CO2. À titre comparatif, pour une quantité identique de carottes, l’empreinte carbone n’est que de 45 g de CO2. L’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture rappelle en outre que pour produire une seule calorie de viande, 4 à 11 calories végétales sont nécessaires.

Si pour certains renoncer à la viande paraît impensable, un seul jour par semaine sans viande ni poisson est loin d’être aussi difficile que les douze travaux d’Héraclès. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) souligne d’ailleurs qu’ « une seule journée sans viande peut aider à lutter contre le changement climatique ».

Autre problématique soulevée par l’élevage intensif : l’eau potable nécessaire. À portions identiques, l’empreinte eau du bœuf est vingt fois supérieure à celle des céréales, ou des féculents. Quant au poisson, il paraît fondamental de rappeler que la surpêche est en cause dans la destruction des écosystèmes et dans l’extinction de certaines espèces.

On peut donc légitimement se poser la question :

Doit-on continuer à manger de la viande ?

Renoncer au magret pour notre santé

Les experts sont formels : la viande n’est pas indispensable à notre équilibre alimentaire. Elle peut en effet très facilement être remplacée par des végétaux, sans que nos apports journaliers nécessaires en protéines ou nutriments n’en pâtissent. Diabète, surpoids, cancer… la consommation excessive de viande a de multiples impacts sur notre santé. L’OMS révèle d’ailleurs que ceux qui consomment près de 100 g de viande chaque jour ont 30% de chances supplémentaires de développer un cancer par rapport à ceux qui n’en consomment que 40 g en moyenne.

Les études se multiplient pour dénoncer les effets néfastes d’une consommation excessive de viande. Une étude de très grande ampleur a été menée auprès de 67 581 femmes de l’Education Nationale durant dix ans. Ladite étude révèle qu’une consommation élevée de protéines multiplie par trois le risque d’être atteint d’une maladie inflammatoire chronique intestinale(MICI). Un risque aussi élevé pour la maladie de Crohn que pour la rectocolite hémorragique (RCH). A contrario, une alimentation végétarienne sans excès de protéines végétales diminue ce risque.

Et si vous pensiez qu’un régime hyperprotéiné vous serait utile pour perdre du poids, il semblerait que non ! Une étude menée en Europe sur presque 400 000 personnes souligne que la prise de poids est en moyenne de 2 kg pour 250 grammes de viande consommée par jour pendant 5 ans. Bien évidemment, la prise de poids se révèle plus conséquente chez les personnes âgées, les fumeurs ou encore les personnes n’ayant pas une bonne hygiène alimentaire. Ailleurs, comme à Taïwan, la recherche a révélé que les gros consommateurs de viande ont vu leur risque de surpoids croître de 50 % et le risque d’obésité de… 94 % !

Quid du bien-être animal ?

Autre argument de poids nous incitant à diminuer drastiquement notre consommation de viande, ou du moins à privilégier la qualité : le bien-être animal. La tribune du Monde met d’ailleurs en exergue que, chaque année, ce sont 74 milliards d’animaux terrestres et entre 500 et 1 000 milliards d’animaux aquatiques sensibles qui sont tués pour notre consommation. Et ces animaux sont dotés d’une sensibilité. À l’échelle française, 99 % des lapins, 95 % des cochons, 90 % des veaux ou encore 82 % des poulets sont élevés de manière intensive. Dernier petit détail, près de la moitié des animaux sont encore conscients lorsqu’ils sont saignés.

Ainsi, il semble « rationnel, souhaitable et réaliste d’infléchir nos habitudes, en commençant par nos repas chaque lundi ». Faire l’impasse sur le steak haché du lundi ne sauvera certes pas la planète, mais ralentira peut-être sa (trop) rapide annihilation. Alors, qu’attendez-vous pour essayer ?

Une alternative à la viande :

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Jonathan Epaillard

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