Le réseau NACRe (National alimentation cancer recherche) a pour mission de mettre « en commun ses moyens de recherche et ses compétences pour améliorer la connaissance des relations entre facteurs nutritionnels et cancers, dans une finalité de prévention » que ce soit auprès des professionnels de santé que du grand public. Présentation.

La genèse du réseau NACRe

Paule Latino-Martel, directrice de recherche en nutrition et cancer à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) raconte « ayant exercé pendant deux ans la fonction de chargée de mission au Ministère de la recherche et mené, dans ce cadre, une réflexion sur les actions structurantes pouvant permettre de développer la recherche « Nutrition et santé », j’ai souhaité m’y consacrer sur le terrain, dans mon champ de compétence. C’est ainsi, qu’à mon initiative et avec le soutien de l’INRA et de 12 équipes fondatrices, le réseau NACRe est né en janvier 2000 ».

Le réseau NACRe, une équipe plurielle dans toute la France…

Ce réseau regroupe des chercheurs d’horizons divers et bénéficie de partenariats s’en réjouit sa créatrice. « L’INCa a souhaité, dès sa création en 2005, établir un partenariat avec le réseau et s’appuyer sur ses ressources pour développer la prévention nutritionnelle des cancers en France. Plus récemment (depuis 2014), la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer s’est engagée auprès du réseau pour soutenir des actions en faveur des échanges scientifiques et de la recherche pluridisciplinaire. ». Enfin, NACRe a aussi intégré des équipes en sciences humaines et sociales qui pourront ainsi apporter « un éclairage sur les rôles des différents acteurs de la prévention ou de la prise en charge nutritionnelle des cancers, sur la perception des facteurs de risque ou de prévention par des personnes en bonne santé ou des patients et sur les croyances ou motivations liés à certaines pratiques ».

A sa création, ce réseau comptait 40 équipes, depuis 2017, il n’en compte plus que 38, « réparties dans les 7 cancéropôles : Grand Sud Ouest (GSO), Lyon/Auvergne/Rhône-Alpes (CLARA), Grand Est (GE), Provence Alpes Côte d’Azur (PACA), Grand Ouest (GO), Ile de France (IDF) et Nord Ouest (NO) ».

Chaque équipe travaille un aspect du sujet. Ainsi l’équipe 1, Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN), « développe des études épidémiologiques d’observation, des essais d’intervention et des méta-analyses visant à préciser la relation entre alimentation, nutrition et cancer ». L’équipe 25 Nutrition et Inflammation intestinale « étudie les conséquences de la chimiothérapie sur la barrière intestinale (mucite) et le comportement alimentaire (anorexie) et les traitements nutritionnels (pharmaconutrition) spécifiques (études expérimentales et cliniques). Elle développe également une approche d’épidémiologie nutritionnelle : déterminants et facteurs de risque impliqués dans les cancers (obésité, addictions). »

Quelle alimentation pour minimiser les risques de cancer ou bien de rechute ?

…pour une mission plurielle

Ce réseau n’est pas seulement le regroupement de chercheurs sur le thème de la nutrition et du cancer. Il remplit trois missions principales :
– « Il contribue au développement des recherches dans le domaine « nutrition et cancer » en favorisant les échanges scientifiques entre équipes et le montage de projets pluridisciplinaires.
–  Il constitue une ressource d’experts du domaine « nutrition et cancer », mobilisables au sein du réseau ou par les agences sanitaires en charge de l’expertise collective.
– Enfin, il est un point de contact privilégié pour les demandes d’information scientifique pertinente sur la thématique « nutrition et cancer », émanant des ministères, des agences sanitaires, des partenaires publics et privés ainsi que des médias et du grand public. »

Pédagogie au sein du réseau NACRe

Ce réseau remplit une mission pédagogique. Il publie ou participe à la diffusion de documents qui s’adressent aux professionnels de santé et d’autres qui informent le grand public.

NACRe a mené une étude très minutieuse sur les effets du jeûne et des régimes restrictifs sur le cancer. Ils ont passé en revue l’ensemble des études publiées sur le sujet depuis la fin des années 1940. La conclusion est sans appel. Il n’existe pas de preuve scientifique des bénéfices du jeûne lors d’un cancer. Ils ont ainsi publié un rapport en 2017, puis un dépliant pour les professionnels de santé, « Jeûne, régimes restrictifs et cancer » afin de les aider à répondre aux questions des patients. Ils en ont enfin publié un dernier, destiné à informer la population sur ces pratiques et leurs effets.

Le jeûne pendant un cancer : pour ou contre ?

NACRe est donc ouvert à toute personne désireuse d’obtenir des informations scientifiques sur le lien entre la nutrition et le cancer : professionnels de santé, patients, média, grand public, industriels de l’agro-alimentaire, pouvoir public, etc. tous peuvent y trouver les dernières actualités sur ce sujet.

Un site à mettre entre toutes les mains !

Sources

– INRA, Missions et organisations du réseau NACRe,
– INRA, Les membres du réseau NACRe,
– INRA, Rapport 2017, jeûne restrictif et cancer,
– INRA, dépliant pour les professionnels de santé sur le jeûne restrictif et le cancer,
– INRA, dépliant pour le grand public sur le jeûne restrictif et le cancer,
– Le réseau National Alimentation Cancer Recherche (NACRe) en France : Interview de Paule Latino-Martel.

Léa Coulanges