La fumée de cigarette fait la colère de nombreux non-fumeurs confortablement installés en terrasse des cafés. Et pour cause : les effets nocifs du tabagisme passif sont déjà répertoriés. Une nouvelle étude révèle qu’on peut y ajouter des problèmes d’hypertension. Décryptage.

Tabagisme passif : pas de seuil minimal

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le tabagisme passif  « résulte de la fumée qui envahit restaurants, bureaux ou autres espaces clos lorsqu’il y a combustion de produits du tabac, comme des cigarettes, bidis ou pipes à eau ». Selon la Fédération française de cardiologie, le tabac « est responsable de plus de 73 000 décès chaque année, soit 1 décès sur 7. Dans le monde, le tabac tue 6,6 millions de personnes par an dont 6 millions par tabagisme actif et 600 000 par tabagisme passif. En effet, la fumée d’une cigarette se consumant seule libérée dans l’atmosphère contient pas moins de 4 000 substances chimiques parmi lesquelles 250 ont été identifiées comme nocives et plus de 40 comme cancérigènes. Le tabagisme est également pour les non-fumeurs exposés à la fumée de tabac ».

Lutter contre le tabagisme passif est un biais de la lutte contre le tabac, agrandir les lieux sans tabac ne suffit plus, il faut supprimer le tabac tout simplement. Car l’OMS le rappelle : « Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel l’exposition à la fumée du tabac serait sans danger ».

Tabagisme passif, cancer et hypertension

Ains que le souligne la Revue des maladies respiratoires, le tabagisme passif provoque des « maladies ischémiques cardiaques et de cancer du poumon ». La cause de ces maladies est due à l’exposition à la fumée secondaire. Elle « s’échappe latéralement de la cigarette, et (…) la composition est très différente de la fumé prise par le fumeur (…) elle est (…) plus dangereuse. Elle stagne en effet plus longtemps dans l’environnement, et n’a pas été filtrée. Ni par la cigarette, ni par les poumons du fumeur ».

Une récente étude coréenne, menée auprès d’une population de plus de 100 000 personnes d’un âge moyen de 35 ans (1/3 d’hommes et 2/3 de femmes), a mesuré leurs taux de cotinine, le principal métabolite de la nicotine, dans leurs urines. Les résultats mettent en évidence un lien entre tabagisme passif et hypertension artérielle.

L’hypertension artérielle, la maladie silencieuse des pays développés

Des analyses d’urine ?

Si cette étude repose sur des analyses d’urine, c’est parce qu’elles sont le seul marqueur fiable de l’exposition tabagique cependant il  « ne reflète que l’exposition tabagique des 48 dernières heures ». Ceci signifie donc que si vous n’êtes pas fumeur(se) et que vous ne vivez pas avec un(e) fumeur(se) mais que durant les dernières 48 heures vous avez été exposé(e) au tabac votre test sera donc positif. Le risque est-il le même dans ce cas ? On en doute.

Il n’en reste pas moins que les résultats de cette étude sont formels. Selon le Pr Byung Jin Kim, de l’université de Sungkyunkwan (Seoul, Corée) et principal auteur de cette étude : « Le tabagisme passif au travail et au domicile est associé à un risque de 13 % d’hypertension. Vivre avec un fumeur après l’âge de 20 ans est associé à surrisque de 15 % ; une exposition pendant plus de 10 ans à un risque de 17 %; les hommes et les femmes étant également touchés. Les sujets avec de l’hypertension sont significativement plus exposés au tabagisme passif (27,9 %) que ceux dont la tension est normale (22,6 %). Les sujets avec hypertension sont significativement plus exposés au tabagisme passif à leur domicile ou au travail (27,9 %) que ceux dont la tension est normale (22,6 %). ». Et le Pofesseur de conclure « savoir que l’entourage court un danger peut être un argument de plus pour inciter les fumeurs à arrêter ».

Arrêtez de faire le ménage : c’est aussi nocif que la cigarette !

Sources

OMS,
– Fédération française de cardiologie,
Revue des maladies respiratoires,
European Society of Cardiology.

Léa Coulanges

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