Jus de fruits, pas aussi sains qu'on ne le pense ?

Jus de fruits : pas aussi sains qu’on ne le pense !

À celles et ceux qui pensent qu’un verre ou deux de jus de fruits chaque jour ne fait pas de mal, une étude américaine de très grande ampleur tend à souligner le contraire. En effet, consommer plus d’un verre de jus de fruits par jour semble corrélé à un plus grand risque de mortalité. LQDP a décrypté pour vous l’actualité.

Sodas et jus de fruits, tous deux peuvent nuire à la santé

Une récente étude américaine, publiée dans la revue Jama Network Open, a étudié les habitudes alimentaires de plus de 13 000 Américains durant 6 ans et la mortalité au sein de la cohorte. Au terme de l’étude, plus de 1 000 personnes étaient décédées. Et les boissons sucrées consommées en excès (plus de 350 millilitres par jour), incluant les jus de fruits, sont associées à une hausse de 11% de la mortalité, toutes causes confondues. À titre d’information, 350 millilitres correspond à l’équivalent de 3 verres. Autre information à souligner, l’augmentation de la mortalité était légèrement supérieure chez les gros buveurs de jus de fruits seuls en comparaison aux buveurs de boissons sucrées seules. Néanmoins, cette différence n’était pas suffisamment significative en termes statistiques.

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Pour rappel, les boissons sucrées – sodas ou jus de fruits – semblent impliquées dans la hausse de l’incidence de diabète de type 2 et d’obésité.

Jus de fruits : pas aussi sains qu’on ne le pense

Si nous avons tendance à estimer que les jus de fruits, donc issus de fruits, ne nuisent pas à la santé, il est important de souligner qu’ils contiennent presque autant de sucre que les boissons sucrées comme les sodas, mais beaucoup moins de fibres que les fruits entiers. Or, les fibres favorisent l’absorption plus lente des fruits (limitant ainsi les hausses de la glycémie) et augmentent le pouvoir rassasiant des aliments. Le Dr Gunter Kuhnle explique d’ailleurs à Sciences et Avenir que cette étude est « très importante » car « les jus de fruits sont souvent considérés comme une alternative “saine” aux boissons édulcorées ».


Autre argument en défaveur des jus de fruits : la facilité de consommation. En effet, le temps qu’il vous faudra pour peler deux oranges – soit un verre de jus – contribuera à une consommation moindre, et plus lente, du fruit. Au contraire, prendre votre bouteille de jus (même 100% pressés) et avaler un, deux ou trois verres ne vous prendra que quelques secondes. Il n’est donc guère étonnant que Santé Publique France et les autorités de santé britanniques (NHS) recommandent de ne pas excéder 150 millilitres par jour de jus de fruits.

Consommation excessive de boissons sucrées responsable d’une hausse de la mortalité ?

Consommation de jus de fruits et hausse de la mortalité : prudence reste de mise

Attention ! Si une corrélation a certes été établie, on ne peut affirmer qu’une consommation conséquente de jus de fruits est en cause dans la hausse de la mortalité. En effet, il apparaît présomptueux de dire que 3 verres de jus de fruits par jour est responsable d’une hausse de la mortalité. Tout d’abord, il s’agit là d’une étude observationnelle. Autrement dit, il s’agit d’une étude qui observe les comportements et les conséquences sans protocole défini, sans pour autant oublier la multiplicité des facteurs qui entrent en jeu. Malgré un ajustement des résultats – afin de limiter les biais – et une éviction de l’activité physique, l’âge mais aussi le tabagisme, d’autres paramètres peuvent être inclus. Comme Camille Gaubert le souligne, « il n’est pas exclu que les personnes consommant plus de boissons sucrées aient également des habitudes plus délétères que celles qui en consomment moins », expliquant potentiellement une partie desdits résultats.

Enfin, une augmentation de la mortalité toutes causes confondues de 11% corrélée à une consommation trop conséquente de jus de fruits est à considérer avec modération. En effet, comme le souligne le Pr Kevin McConway pour Science Media Centre, la part des décès observés est statistiquement trop faible pour clamer haut et fort que ce chiffre soit irréfutable. Il souligne d’ailleurs que ce dernier « pourrait être n’importe où entre 3% ou une augmentation de 19% du risque », autrement dit « une augmentation de 19% correspond à une réduction de l’espérance de vie d’environ 4 mois et une augmentation de 19% à une réduction d’environ 2 ans. » Le risque de mortalité est donc à considérer mais très largement inférieur, par exemple, à la cigarette.

Sucres et microbiote intestinal : une catastrophe annoncée

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

– Jama Network Open,
Santé publique France – PNNS,
NHS,
Sciences et Avenir,
Journal international de Médecine,
Science Media Centre.

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