Toutes les femmes connaissent bien le passage obligé par le frottis lors d’une consultation chez le gynécologue. Cet examen indolore mais pas agréable est nécessaire pour détecter précocement le cancer du col de l’utérus ou la présence de papillomavirus. Cependant, malgré cet examen des femmes développent quand même des cancers, situation qui pourrait être moindre avec le test HPV. Petite explication.

De l’utilité du frottis

Les femmes sont désormais bien au courant de l’utilité d’un frottis cervico-vaginal. C’est le test de dépistage du cancer du col de l’utérus ou du vagin qui permet de détecter la présence de cellules anormales, bien avant qu’elles ne deviennent cancéreuses, et donc de les traiter avant qu’elles n’évoluent en cancer. Le frottis détecte aussi les souches de papillomavirus, responsables des trois quarts des cancers du col de l’utérus. Il est conseillé de faire cet examen une fois par an. Le frottis est la seule méthode retenue par l’INCA et le ministère de la santé pour le dépistage du cancer du col.

Le frottis, pour quoi faire ?

Des femmes prises au dépourvu

Cependant, ce n’est pas la seule méthode qui existe pour détecter un cancer du col, il existe aussi le test HPV. Ce test, selon le Journal of American Medical Association a démontré son efficacité lors d’une étude menée sur 19 000 femmes canadiennes âgées de 25 à 65 ans qui ont complété le suivi de 4 ans soit par un test HPV, soit par un frottis. Les résultats sont éloquents, et relayés par le Collectif HPV Maintenant ! « le test HPV détecte plus précocement et plus efficacement que le frottis les lésions de bas grade qui pourront éventuellement évoluer vers les hauts-grades puis le cancer. Dans le bras suivi par frottis, 2,3 lésions sont dépistées pour 1000 patientes alors que dans le bras HPV, ce sont 5,5 lésions pour 1000 qui sont détectées, soit 2,4 fois plus ».

8 pays l’auraient adopté en première intention dont l’Australie, le Danemark, la Finlande… dans le cadre d’un dépistage organisé mais la France semble traîner des pieds. 

C’est pourquoi, toujours selon le Collectif HPV Maintenant !,  « des patientes, des proches de malades, des experts ou encore des représentants d’associations et de syndicats professionnels ont trouvé indispensable de se fédérer au sein d’un collectif pour appeler à la responsabilité des décideurs ainsi qu’à la responsabilité des gynécologues et des professionnels de santé qui ont un devoir d’information du patient » (2).

« Depuis 10 ans, je faisais des frottis tous les ans et il revenait négatif tous les ans. J’ai été très surprise d’apprendre que j’avais un cancer du col de l’utérus puisque pour moi, les frottis étaient fiables », déclare une des membres du collectif HPV Maintenant !. Rappelons qu’en France, 3000 femmes sont touchées par un cancer du col et que plus de 1000 en meurent chaque année.

Le test HPV 30 % plus efficace et qui ressemble au frottis

Le Dr Joseph Monsonego, gynécologue (Paris) explique : « le frottis est très efficace mais dans environ 20 à 30% des cas, il ne va pas détecter les lésions précancéreuses et va laisser évoluer la maladie. Il y a encore en France trop de cancer du col chez des femmes régulièrement dépistées ». 

 « Le test HPV consiste à faire la recherche biologique du virus. Lorsque la femme n’a pas de papillomavirus, c’est-à-dire que son test est négatif. Il est démontré qu’elle ne développera pas sur les 5 à 10 ans à venir de lésions précancéreuses ou de cancer. Elle peut donc être rassurée.

Quand le test HPV est positif (environ 10 à 12 % des femmes), cela peut signifier que soit la femme est porteuse du papillomavirus, mais elle ne va être qu’une porteuse éphémère sans lésions significatives ; soit la femme est porteuse et présente de grands risques de développer des lésions précancéreuses ou des cancers. Nous avons aujourd’hui les outils pour trier ces femmes. Ces tests de triage c’est essentiellement le frottis après un test HPV positif et d’autres tests moléculaires. »

Pour toutes celles qui se demanderaient si cet examen est plus compliqué à réaliser que le frottis et donc plus long et plus désagréable, rassurez-vous ! Pour effectuer le test HPV, on procède de la même manière que pour le frottis conventionnel. Simplement, le prélèvement au lieu de se faire à l’aide d’une spatule en bois, puis étalé et fixé sur une lame de verre ; pour le test HPV, le prélèvement s’effectue à l’aide d’une petite brosse, puis les cellules sont dispersées dans un flacon contenant un liquide de conservation.

Alors, qu’attend-on ?

Vers un dépistage du cancer du col de l’utérus et une prise en charge à 100 % !

Sources

– Journal of American Medical Association2018;320(1):43-52,
Collectif HPV Maintenant !,
Santé – Mieux dépister le col de l’utérus,

léa Coulanges

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