En février dernier, le British Medical Journal (BMJ) soulignait le lien entre la consommation d’aliments ultratransformés (AUT) et le risque de cancer. Aujourd’hui, c’est le lien entre la consommation d’AUT et le SII, plus précisément l’augmentation des risques gastro-intestinaux fonctionnels qui est mis en lumière dans The American Journal of Gastroenterology.

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Les AUT, responsables mais pas coupables

En 2017, les AUT représentent, dans les pays occidentaux, jusqu’à 50% de l’alimentation totale des rayons (ANSES) ! Répartis en 4 grands groupes – de peu à hautement transformés selon la classification NOVA -, les AUT vont des barres chocolatées aux soupes déshydratées, aux plats surgelés aux prêts à consommer, d’une poêlée de légumes en conserve aux sodas, des yaourts aux fruits aux produits minceurs…

Et pour finir en beauté, les AUT ont, en plus, une faible densité nutritionnelle.

Halte aux aliments ultra transformés ! Mangeons vrai

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Fake Food

Augmentés en colorants, agents blanchissants, édulcorants ou émulsifiants ; enrichis en additifs alimentaires, agents texturants, exhausteurs ou rehausseurs de goût, les AUT, selon le chercheur Anthony Fardet, « se reconnaissent à leur liste d’ingrédients à rallonge, indéchiffrable pour le consommateur, et pour cause : E104 ne pousse pas dans les arbres. A partir de quatre ou cinq de ces composés bizarres, mis au point par les industriels, la prudence s’impose. »

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Des maladies chroniques au SII

L’étude a suivi les données alimentaires de plus de 30 000 participants. 80 % sont des femmes de 50,4 ans d’âge moyen. Elles consomment en moyenne 16% d’AUT, en volume, correspondant à un apport énergétique total de 33%.
Sur l’échantillon total, 10,5 % souffrent du SII. « Cette étude suggère une association entre la consommation d’AUT et cette pathologie » note le docteur Julia, coordinatrice des derniers travaux de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Paris-XIII).

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Calories vides

Et, sans grande surprise, ces AUT sont vides de fibres, de minéraux, d’antioxydants… autant dire « vides de ce qui est essentiel pour garder la santé » explique Anthony Fardet.
Pire, l’AUT est d’autant plus menaçant qu’on lui adjoint des additifs dont beaucoup sont classés comme des cancérogènes possibles.
Et last but not least, la consommation d’AUT entraîne une augmentation des apports en glucides, en graisses saturées et en sodium.

SII, alimentation et législation

Depuis avril dernier, une commission d’enquête a été lancée à l’Assemblée nationale sur l’alimentation industrielle. On connait le résultat des premiers votes…
En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes ! 80% du sel consommées vient des AUT et 70% des sucres sont ajoutés et cachés. Espérons que cette dernière étude permettra aux députés de prendre les décisions qui s’imposent !

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LQDP