Les députés ont rejeté l'obligation d'étiquetage nutritionnel et l'interdiction des publicités vantant les aliments gras

L’obésité serait due à la malbouffe et à la sédentarité. Pour la sédentarité, on préconise de l’exercice physique. Et pour la malbouffe, on a demandé aux députés de légiférer sur l’arrêt des publicités pour « les produits alimentaires et boissons trop riches en sucre, sel ou matières grasses et ayant pour cible les enfants de moins de 16 ans » sur « tout support de communication radiophonique, audiovisuel et électronique ». Et ce n’est pas tout. On leur a aussi demandé de rendre obligatoire l’affichage de « la mention du Nutri-Score (étiquetage avec un code couleur) sur tous les supports publicitaires pour les denrées alimentaires ». En somme, il s’agit d’une loi contre la malbouffe. Pour les deux propositions les députés ont décidé de ne pas les inscrire dans la loi.

La publicité pour les produits alimentaires trop riches va continuer

En ce qui concerne la publicité des produits alimentaires et boissons trop riches, les députés ont estimé que c’était aux parents de prendre leurs responsabilités. Bonne intention de leurs parts lorsqu’on sait que l’obésité touche selon une enquête du Monde « seuls 1,3 % des enfants de cadres à l’âge de 10 ans, contre 5,5 % des enfants d’ouvriers ». Cette disparité est difficile à expliquer, l’Assurance-maladie ose juste suggérer qu’« une prédisposition familiale peut favoriser le développement de l’obésité ».

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On peut ainsi conclure que les parents ayant de mauvaises habitudes alimentaires les enseigneraient à leurs enfants. Aussi, ne pourrait-on pas alors suggérer aux députés de légiférer sur l’éducation alimentaire à l’école ? 


Toujours pas de mention Nutri-score

« L’étiquetage nutritionnel Nutri-Score est visible dans les rayons des supermarchés français depuis octobre dernier. Ses 5 lettres et ses 5 couleurs permettent d’évaluer la qualité nutritionnelle d’un produit ». Cet affichage part d’une bonne intention. Eviter de prendre les produits avec une marque rouge, favoriser les verts. C’est simple ! Oui, mais… Le slogan lancé par le Programme National Nutrition et Santé, apparu durant les années 2000, « Pour votre santé, mangez 5 fruits et légumes par jour » était simple lui aussi. (Rappelons qu’il s’agit d’un repère correspondant à une consommation d’environ 5 portions de 80 à 100 grammes de fruits et légumes par jour [plutôt 3 portions de légumes et 2 portions de fruits]). C’était tellement simple qu’on s’est aperçu que non seulement ce message n’était pas compris par les Français mais qu’en plus ceux-ci ne le suivaient pas ! 

Le trop faible impact de l’information nutritionnelle

De plus, une étude de l’Anses publiée en févier 2017 a évalué l’impact potentiel de la mise en œuvre de systèmes d’information nutritionnelle (SIN) sur la réduction de l’incidence de certaines pathologies dans l’ensemble de la population, par l’intermédiaire de ses effets sur les choix alimentaires. Ainsi, l’Agence concluait qu’en l’état actuel des connaissances, la pertinence nutritionnelle dans une perspective de santé publique des SIN examinés n’est pas démontrée.

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Aussi, vous l’aurez compris, il n’existe pas de messages simples, pour le moment, pour être compris par tous. Et faire une loi sur la malbouffe est tout aussi pertinente que décider d’abattre des platanes sur le bord des routes pour éviter les accidents de la route.

Sachons faire appel à notre bon sens et retournons à des habitudes simples. Comme le Pr Lecerf le dit si bien : « Je voudrais conseiller aux parents de manger eux-mêmes de façon variée et d’ainsi entraîner, par osmose et contagion, leurs enfants à faire de même ! ».

Sources

Pourquoidocteur.fr.
Le Monde.
Ameli.
Programme National Prévention Santé.
– Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
Fondation Pileje.

Léa Coulanges

0 réponses à “Pédagogie alimentaire au point mort : toujours pas de loi contre la malbouffe !”

  1. […] Pour en savoir plus sur la loi alimentation : quelles mesures contre la malbouffe ? […]

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