Immuno quoi ? Si ce nom ne vous dit rien, c’est (presque) normal. Il s’agit en fait de composants du système immunitaire nous permettant de lutter contre de multiples agents infections. Quel lien existe-t-il entre les immunoglobulines A et le microbiote intestinal ? On vous explique tout.

Les immunoglobulines A et le microbiote intestinal

Les immunoglobulines (Ig) sont des composants essentiels de notre système immunitaire qui permettent à notre organisme de lutter contre les agents infectieux et autres corps externes susceptibles d’être néfastes pour notre organisme. Parmi les différentes classes d’Ig, les immunoglobulines A (ou IgA) sont connues pour leur rôle de protection de la barrière intestinale. Ces IgA, surtout présents dans les sécrétions, empêchent aux composés externes de passer de l’intestin vers la circulation sanguine. Ceci est particulièrement vrai vis-à-vis des bactéries pathogènes présentes dans notre intestin.

Une déficience en IgA en cause dans l’altération du microbiote intestinal

Depuis longtemps, le monde médical avait observé que les personnes déficientes en IgA présentaient des infections au niveau des muqueuses intestinales et respiratoires ainsi que des troubles intestinaux. Cependant la gravité des symptômes était moins importante que ne le laissait présager le rôle des IgA. En comparant le microbiote intestinal de personnes présentant cette déficience en IgA avec celui de personnes en bonne santé, des chercheurs de l’Inserm et de l’AP-HP ont élucidé plusieurs mystères entourant encore les IgA.

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Ainsi, les chercheurs ont observé que la déficience en IgA entraîne une modification du microbiote intestinal. Les bactéries pathogènes sont sur-représentées. Alors que les bactéries considérées comme bénéfiques sont sous-représentées chez les personnes déficientes en IgA.

Les IgM au secours des IgA

En outre, ils ont relevé que chez ces personnes, l’intestin était colonisé par des bactéries de la partie haute de notre système digestif (bouche et pharynx). Étonnant car ces bactéries sont habituellement absentes de la partie intestinale. Enfin ils ont découvert que lors d’une déficience en IgA, un autre type d’immunoglobulines, les IgM, prennent le relais pour compenser l’absence d’IgA. Ce qui explique la moindre gravité de la maladie.

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Cette étude, publiée récemment, a ainsi permis de découvrir une nouvelle fonction des IgA : au-delà de leur rôle immunitaire, nos immunoglobulines organisent notre microbiote pour toujours mieux nous protéger contre les infections.

Sources

Communiqué de presse de l’Inserm.
Sciences et avenir.
– Fadlallah et al., « Microbial ecology perturbation in human IgA deficiency. », Sci Transl Med., 2018, 10(439).

Béatrice Février