Aurait-on découvert une nouvelle piste pour guérir l’obésité, l’hypertension ou le diabète ? C’est l’espoir que suscite une étude menée par une équipe de chercheurs du Massachusetts General Hospital dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature, le 30 janvier 2019.

L’obésité, l’hypertension et le diabète sont des maladies chroniques responsables d’une mortalité toujours plus importante parmi les personnes malades. Ainsi, selon le site de la Fédération des diabétiques « Ces trois épidémies, diabète, hypertension artérielle et obésité majorent les risques de maladies cardiovasculaires et sont, parmi les maladies chroniques, responsables des 2/3 de la mortalité mondiale. »

État des lieux

Si nous étudions les chiffres uniquement en France, selon Santé publique France, 54 % des hommes et 44 % des femmes entre 18 et 74 ans, sont en surpoids ou obèses (IMC ≥25). Chez les enfants et adolescents entre 6 et 17 ans, la prévalence du surpoids (obésité incluse) est estimée à 17 %, dont 4 % d’obèses. Ajoutons qu’en novembre 2018, des chercheurs montraient que l’obésité durant l’adolescence multiplierait par 4 le cancer du pancréas, un des cancers les plus agressifs et les plus meurtriers qui existe. Il touche chaque année en France plus de 10 000 nouvelles personnes (autant d’hommes que de femmes). La durée médiane de survie au moment du diagnostic n’est que de 4,6 mois.

La prévalence de l’hypertension, selon l’étude Esteban réalisée par Santé publique France en 2014-2016, est estimée à 30,6 % chez les adultes de 18 à 74 ans résidant en France métropolitaine. Seule une personne hypertendue sur deux (55,5 %) avait connaissance de sa maladie et un peu moins d’une personne hypertendue sur deux (47,3 %) était traitée par un médicament à action antihypertensive. Parmi les personnes traitées, la moitié d’entre elles (49,6 %) avaient une pression artérielle contrôlée.

L’hypertension artérielle (HTA) entraîne des anomalies structurales des artères qui irriguent le cerveau, le cœur, les reins et autres organes et augmente le risque d’accident vasculaire cérébral, de cardiopathie ischémique, d’artériopathie des membres inférieurs et d’insuffisance rénale chronique.

L’hypertension artérielle, la maladie silencieuse des pays développés

Enfin, dernière maladie chronique et pas des moindres : le diabète, aussi appelé épidémie silencieuse. La prévalence du diabète traité est estimée en 2013 à 4,7 % de la population. La fréquence du diabète ne cesse d’augmenter depuis les premières estimations établies en 2000 à partir des données de l’Assurance maladie. Toutefois, cette progression enregistre un ralentissement : le taux de croissance annuel est ainsi passé de 5,1 % sur la période 2006-2009 à 2,4 % sur la période 2009-2013.

Protéine intégrine beta7 : un espoir pour la fin des maladies chroniques ?

Les résultats de la petite étude du Massachussetts sont porteurs d’espoir. En effet, les chercheurs ont identifié le rôle d’une protéine produite par les cellules immunitaires proches de l’intestin dans le stockage des graisses au cours de la digestion.

En l’absence de cette protéine appelée intégrine beta7, les souris quels que soient leurs régimes alimentaires ne prennent pas de poids. Bertille Dutheil souligne pour Sciences et Avenir que « Les souris sans intégrine beta7 convertissaient une plus large part de leur nourriture en énergie, et leur métabolisme de base (la quantité de calories nécessaire au fonctionnement au repos de leur organisme) était plus élevé. Elles étaient également plus tolérantes au glucose, et avaient de plus bas niveaux de triglycérides que les souris contrôles. »

Cet effet positif est également valable dans le cadre d’un régime très gras, riche en sel et en sucre, « favorisant des symptômes de diabète et de maladies cardiovasculaires. » Les souris sans intégrine beta7 « restent minces, supportent le glucose et ne développent ni hypertension ni maladies associées»

Si l’impact sur le métabolisme de l’intégrine beta7 est lié au fait qu’elle est abondamment synthétisée par le groupe de lymphocytes T, les interrogations restent multiples. Possédons-nous tous le même nombre desdits lymphocytes ? Ou la fonction des  lymphocytes T peut-elle se modifier ? Enfin, serait-il possible de traiter ces maladies chroniques en inhibant l’action des lymphocytes et de l’intégrine béta7 ? Autant de questions qui restent aujourd’hui en suspens, sur lesquelles travaillent aujourd’hui une multitude de chercheurs.

Des bactéries de notre microbiote intestinal contre le diabète ?

Sources

Nature,
Sciences et Avenir,
Fédération Française des Diabétiques,
Le Quotidien du Médecin,
Santé Publique France,
Sciences et Avenir,
Santé Publique France.

Léa Coulanges