Trop souvent laissé dans l’ombre, le cancer colorectal est pourtant le troisième cancer le plus fréquent en France, avec plus de 43 000 nouveaux cas chaque année. Mais certaines personnes sont plus à risque de développer un cancer colorectal : un dépistage génétique pourrait permettre de le détecter plus rapidement. Décryptage.

Zoom sur le cancer colorectal

Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus meurtrier en France et serait la cause de 18 000 décès chaque année. Il s’agit d’une maladie des cellules tapissant l’intérieur du côlon ou du rectum. Détecté à temps, il se guérit dans 9 cas sur 10. Il n’existe pas de symptômes caractéristiques du cancer colorectal, d’où son dépistage insuffisant. Néanmoins, certains signes doivent inciter à la consultation, comme les troubles du transit intestinal (constipation, diarrhée prolongée), du sang dans les selles….

Pour en savoir plus :

Il agit dans l’ombre, personne ne veut en entendre parler… le cancer colorectal !

Cancer colorectal : un dépistage génétique, mais pour qui ?

Le Dr Catherine Noguès, onco-généticienne à l’Institut Paoli-Calmettes rappelle au Figaro Santé que ce dépistage est proposé aux personnes qui ont développé un cancer colorectal ou un polype et « qui ont au moins trois cas de cancer colorectal dans la famille, voire moins si ces cancers se sont déclarés chez des proches âgées de moins de 50 ans. » Ce dépistage génétique représenterait de 3 à 5 % des cas de cancer colorectal. Maladie aux multiples facteurs, le risque est plus conséquent lors de certaines mutations génétiques. Ces dernières sont aujourd’hui identifiées et peuvent être détectées par un test génétique à l’aide d’une prise de sang, au sein d’un centre de consultations oncogénétiques.

À l’issue d’une revue exhaustive concernant 31 gènes jugés d’intérêt en cas de suspicion de prédisposition héréditaires aux tumeurs gastro-intestinales, le groupe génétique et cancer a pu établir un panel de 14 gènes d »intérêt clinique confirmé (PC, BMPR1A, CDH1, EPCAM, MLH1, MSH2, MSH6, MUTYH (mutations bi-allélique), PMS2, POLD1, POLE, PTEN, SMAD4 et STK11). Donc, ce panel de gènes doit être analysé afin de repérer une mutation sur l’un des 14 gènes cités. Car si mutation il y a, le risque de développer un nouveau cancer colorectal est considérablement augmenté, certaines mutations le multiplient d’ailleurs par 8.

N’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à votre gastro-entérologue.

MICI et cancer colorectal : un risque plus élevé ?

Sources

Groupe génétique et Cancer,
Figaro Santé.

Jonathan Epaillard