Une des dernières études de la revue scientifique Nature met en lumière le rôle de l’asparagine (acide aminé) et, au-delà celui de l’alimentation, dans la progression ou non du cancer (ici du sein). Explications.

Du rôle de l’asparagine sur des souris atteintes d’un cancer mammaire de grade 3

En effet, une étude récente de Nature explique que l’asparagine, acide aminé présent dans l’asperge mais également dans les fruits de mer, la viande ou les légumineuses a une influence sur la progression du cancer mammaire chez la souris. 

L’hypothèse de l’expérimentation était la suivante : certaines cellules cancéreuses – dont celles du cancer du sein – ont un besoin vital d’asparagine pour proliférer. Or, il existe deux moyens de réduire la quantité d’asparagine disponible pour l’organisme et donc pour les cellules cancéreuses qui s’y trouvent.
– Le premier : adopter un régime pauvre en asparagine (mais c’est contraignant car cet acide aminé est très répandu).
– Le second : recevoir un traitement à base d’une protéine enzyme qui détruit l’asparagine, à savoir l’asparaginase.

Or, l’expérimentation démontre que, lorsque des souris déjà déjà atteintes d’une forme grave de cancer mammaire (grade 3) sont soumises à un régime pauvre en asparagine ou bien reçoivent de l’asparaginase, leur cancer n’évoluait que très peu. (Pour autant, il ne s’agit, en aucun cas, d’en déduire que la consommation d’asparagine pourrait favoriser le cancer du sein.)

Le rôle de l’alimentation dans la cancérogénèse.

Les cellules dites cancéreuses ou malignes sont généralement classées en trois grades. Le grade 0 correspond à une cellule normale ; le grade 1 à une cellule cancéreuse peu agressive et le grade 3 à une cellule cancéreuse très agressive. Cette organisation reste très schématique. Il convient de prendre en compte qu’il existe un gradient très progressif entre le grade 0 et le grade 3, et, déjà, entre le grade 0 et le grade 1. 
En réalité, le processus de transformation cancéreuse d’une cellule est un phénomène très lent, particulièrement progressif ainsi que multifactoriel. 

On compte une vingtaine d’acides aminés constituant les protéines. Parmi eux, certains sont appelés essentiels, car notre organisme n’est pas en mesure de les synthétiser. L’alimentation doit impérativement les apporter en quantité suffisante.
Les autres ne sont pas essentiels, car notre organisme peut les fabriquer. L’asparagine fait partie du deuxième groupe. 

Pour en savoir plus :

Tout savoir sur les protéines

Tout comme l’asparagine, la sérine et la glycine sont des acides aminés non essentiels. D’où l’idée – en présence d’un cancer déclaré – de priver l’organisme entier de ces molécules de façon à affaiblir les cellules cancéreuses.

L’étude des conséquences de notre alimentation sur la cancérogénèse ne cesse de progresser. L’an dernier, des chercheurs de l’université de Glasgow ont également montré que la privation d’autres acides aminés – à savoir la sérine et la glycine – ralentissait le développement de lymphomes malins et de cancers du côlon-rectum.
C’est cette même idée que l’on retrouve dans la conception du régime dit « cétogène ». Privées de glucose, les cellules cancéreuses, au motif que certaines cellules cancéreuses en ont un besoin vital, seraient détruites. 

Des perspectives encourageantes dans la lutte contre le cancer ?

A défaut d’annoncer des résultats tangibles, il est déjà possible d’affirmer que l’impact de la nutrition sur la progression de certains cancers est avéré

Il est également « encourageant » de se dire que, même si ces cellules cancéreuses peuvent proliférer, – du moins celles de grade 2 et surtout de grade 3 -, certaines sont totalement dépendantes de molécules dont les autres cellules du corps peuvent très bien s’en passer. Envisager de priver le corps de la (ou les dites) molécule(s) est une des pistes de recherche actuelle.

Ces traitements sont d’autant plus prometteurs qu’ils n’ont pas les effets secondaires des traitements cytostatiques (médicaments qui s’opposent aux divisions cellulaires) tels que pertes de cheveux, lésions de la muqueuse buccale, troubles digestifs…

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Ainsi, ces études – ouvrant la voie à la recherche de nouveaux traitements radicalement différents, – personnalisés et moins agressifs – demeurent précieuses et prometteuses.  

Sources

Revue Nature, 2016 : Asparagine promotes cancer cell proliferation through use as an amino acid exchange factor.

Revue Nature, 2018 : Cloning and expression of L-asparaginase from Bacillus tequilensis PV9W and therapeutic efficacy of Solid Lipid Particle formulations against cancer.

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