Une étude menée par le CHU de Besançon a étudié l’impact d’une consommation de fromage contre les allergies alimentaires ou dermatologiques chez les enfants. Une nouvelle étonnante mais pourtant très sérieuse. Décryptage.

Du fromage contre les allergies alimentaires ?

Depuis 2002, l’étude PATURE menée par le Pr Dalphin (chef de service du service de pneumologie du CHU de Besançon) suit une cohorte d’enfants évoluant en milieu rural dans 5 pays. Les premiers volets de cette étude menée en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Finlande et en France ont déjà déterminé « la diminution dans le milieu agricole (ou fermier) du risque allergique ainsi que du rôle protecteur de la diversité alimentaire précoce. »

Le nouveau volet de cette étude, PATURE IV, mené en collaboration avec l’INRA s’est intéressé à la consommation de fromage, riche en diversité microbienne, chez les enfants. Les données concernant les facteurs environnementaux, les maladies allergiques ainsi que les pratiques alimentaires ont été recueillies chez 931 enfants, depuis leur naissance jusqu’à leur sixième année. La consommation de fromage a notamment été étudiée chez les enfants âgés de 12 à 18 mois selon la fréquence et la diversité. Les fromages consommés étaient : le fromage pressé, le semi-pressé, à pâte molle, bleu, frais ou de la ferme.

L’équipe de recherche a constaté que la consommation de fromage entre 12 et 18 mois a plusieurs effets bénéfiques :
réduction significative d’eczéma (ou dermatite atopique) à 6 ans,
réduction tout autant significative de risque d’allergie alimentaire à 6 ans,
risque diminué de rhinite allergique, d’asthme et de sensibilisation aux allergènes (alimentaires ou inhalés).

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Pourquoi le fromage aurait de tels effets ?

Ces aliments possèdent une très grande diversité microbienne qui permettrait au microbiote de correctement se constituer et se diversifier. Les premières années de l’enfant étant particulièrement importantes quant au développement du microbiote intestinal, la consommation de fromage et de ses bactéries favoriserait l’installation et le maintien des bonnes bactéries au sein de notre microbiote.

Bon à savoir : dans cette étude, toute consommation de fromage entre 12 et 18 mois est corrélée à une baisse du risque d’eczéma et d’allergie alimentaire. Or, l’étude a constaté que le moindre risque d’eczéma et d’allergie alimentaire est retrouvé « indifféremment chez les enfants ayant bénéficié d’une diversité et d’une fréquence de consommation de fromage plus importantes. » Aussi des études complémentaires devraient permettre de déterminer si la baisse du risque est liée à la fréquence ou à la quantité.

Cette étude souligne la nécessité d’analyser le microbiote intestinal sur les consommateurs de fromage afin de saisir les mécanismes en jeu.

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Sources

INRA,
– Sophie Nicklaus et al., « The protective effect of cheese consumption at 18 months on allergic diseases in the first 6 years« , Allergy, octobre 2018.

LQDP

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