Les polypes colorectaux sont très fréquents dans la population générale. On les retrouve le plus souvent chez les personnes de plus de 50 ans et chez près de la moitié des personnes de plus de 70 ans. Mais pas d’inquiétude, avoir des polypes n’est pas forcément une fatalité et ne signifie par forcément que vous avez un cancer colorectal. Cela signifie que vous devez être suivi pour éviter que cela ne dégénère en cancer colorectal !

Que sont les polypes ?

Les polypes sont des excroissances anomales qui se forment au niveau de la muqueuse. Les polypes peuvent se développer à plusieurs endroits du corps : au niveau du côlon, de l’estomac, de l’intestin, des cordes vocales, du nez, des oreilles… Mais ici, nous n’évoquerons que les polypes que l’on retrouve au niveau du côlon et du rectum : les polypes colorectaux.

Les polypes colorectaux

Il n’est pas rare de voir apparaître les polypes colorectaux avec l’avancée en âge, surtout dans les pays industrialisés. Au début, ils sont typiquement bénins, donc non cancéreux. Mais il est possible que ceux-ci dégénèrent et deviennent des polypes malins, donc cancéreux. C’est pourquoi il est important d’arriver à déceler les éventuels symptômes de dégénération mais aussi de se faire surveiller.

Il existe divers types de polypes du côlon et du rectum. Certains d’entre eux sont à fort risque de cancer comme :
– les polypes adénomateux, soit une prolifération des cellules des glandes situées dans la muqueuse du côlon et du rectum. Ils peuvent avoir différentes formes et représentent deux tiers des polypes et dans 3 cas sur 1 000, ils deviennent des cancers colorectaux. Ce type de polypes a tendance à récidiver après ablation.
– les polypes festonnés, ou dentelés, responsables d’une part conséquente des cancers du côlon d’intervalle (qui surviennent entre deux coloscopies de contrôle). Une surveillance rapprochée est nécessaire.

Tout savoir sur la coloscopie

Certains polypes n’évoluent que rarement vers un cancer colorectal, comme :
– les polypes hyperplasiques : augmentation de volume et modification des glandes situées dans la muqueuse du côlon. Certains, selon leur taille ou leur localisation, nécessitent une surveillance par coloscopie.
– les polypes hamartomateux, bien plus rares, caractérisés par une croissance excessive de cellules normalement présentes mais qui déstructurent la muqueuse.

Facteurs de risques des polypes colorectaux

Les polypes sont très souvent isolés. Le risque de développer des polypes est fonction de :
L’âge : le risque augmente avec le vieillissement,
– Des antécédents familiaux : si l’un des parents, frère ou soeur a eu des polypes ou un cancer colorectal,
– Des antécédents personnels : si la personne a déjà eu des polypes ou un cancer du côlon ou du rectum.

Diagnostic des polypes colorectaux

Bien souvent, il n’y a pas de symptôme annonciateur de la présence de polypes et ceux-ci sont découverts à l’occasion d’une coloscopie. La coloscopie peut être demandée dans les cas suivants :
– Si le test de dépistage du cancer colorectal, qu’on vous propose de faire gratuitement entre 50 et 74 ans, révèle la présence de sang dans les selles,
– Si vous souffrez d’une maladie de Crohn, d’une RCH ou d’une maladie cœliaque, diagnostiquée depuis une dizaine d’années. En effet, ces maladies augmentent le risque de cancer colorectal et la coloscopie sera alors un outil de surveillance,
– Si vous avez un risque élevé de cancer colorectal (antécédents familiaux ou personnels de polypes ou de cancer colorectal),
– Si des polypes familiaux sont connus.

Il agit dans l’ombre, personne ne veut en entendre parler… le cancer colorectal !

Dans de très rares cas, il peut y avoir les symptômes suivants :
– Présence de sang rouge ou noir dans les selles,
Constipation,
– Douleurs abdominales.

La coloscopie virtuelle : le moyen de dépistage du futur ?

À ce jour, une coloscopie virtuelle par scanner ou avec une vidéocapsule constituent des examens alternatifs. Ils ne seront réalisés que si la coloscopie a été incomplète ou qu’elle n’a pas été possible ou qu’elle est contre-indiquée. Cependant, ces deux nouveaux moyens permettent juste d’observer la présence ou l’absence de polypes mais ne permettent pas à ce jour de retirer les polypes et donc les traiter.

Traitement des polypes colorectaux

Le traitement consiste à retirer complètement les polypes du côlon et du rectum. L’ablation est généralement réalisée lors d’une coloscopie, mais le traitement peut aussi via la chirurgie.
Le recours à la chirurgie ne se fera que dans certains cas :
– Si le polype est trop volumineux pour être retiré via la coloscopie,
– Si une infiltration plus profonde de la paroi du côlon ou du rectum a été détectée à l’examen.

La surveillance après le retrait de polypes colorectaux est une étape à ne pas négliger et qui est donc indispensable.

Sources

– Ameli.fr,
Revue Médicale Suisse, Epidémiologie, prise en charge et suivi des polypes colorectaux

Amandine BONNET