Vous lisez constamment des brèves sur le microbiote, sans totalement saisir ses enjeux ? Vous avez compris que le microbiote a un rôle important à jouer sur votre santé, mais vos questions persistent ? Le Dr Michael Mosley a consigné toutes ces informations dans son formidable ouvrage, L’intelligence naturelle de l’intestin, publié aux Éditions Leduc.

l'intelligence naturelle de l'intestin

Et si tout partait de l’intestin ?

100 000 milliards de bactéries sont présentes dans notre intestin, une diversité nettement supérieure à celle d’une forêt tropicale humide. Il faut savoir que le microbiote se constitue au cours des trois premières années de notre vie, c’est l’héritage de notre mère. Un microbiote sain abrite une grande diversité de microbes, véritable écosystème à l’équilibre subtil où les bactéries se battent perpétuellement.

Les trois fonctions des microbes

1 – Ils contribuent à la régulation de notre poids. Étonnant ! En effet, les microbes de notre intestin peuvent décider de la quantité d’énergie que notre corps extrait des aliments que nous consommons et contrôlent les signaux de la faim.

2 – Ils protègent notre intestin des envahisseurs étrangers, mais informent et régulent également l’ensemble de notre système immunitaire. Ce dernier est devenu incontrôlable, et a provoqué une explosion des maladies auto-immunes comme les MICI ou encore le diabète de type 1.

3 – Ils se nourrissent des aliments que notre corps ne peut pas digérer et les transforment en une multitude d’hormones et de substances chimiques qui régulent notre appétit, notre état de santé… et même notre humeur !

Les bons microbes, nos vieux amis

Contrairement à certaines idées préconçues, les microbes sont essentiels à une bonne santé. Certaines bactéries protègent notre intestin des attaques de bactéries pathogènes et renforcent la paroi intestinale. Retenons-en 7 :

1 – Les firmicutes, qui contribuent à la digestion des graisses présentes dans l’alimentation.
2 – Les bactéroïdes, qui apprennent à notre système immunitaire comment se comporter et décomposent les fibres non digérées des légumes qui pénètrent dans notre côlon en produisant un certain nombre de susbstances utiles dont le butyrate.
3 – Le butyrate, une substance chimique formidable qui régule la croissance des cellules intestinales, ce qui nous protège du cancer du côlon, et possède de puissants effets anti-inflammatoires – l’inflammation étant le principal moyen de défense de l’organisme.
4 – L’Akkermansia muciniphila, qui renforce la muqueuse intestinale et réduit inflammation.
5 – La Christensenella minuta, une bactérie trouvée en masse chez des personnes à tendance minces, voire maigres, et ce malgré une alimentation parfois médiocre.
6 – Les lactobacilles, bactéries qui tapissent l’intérieur des intestins et les protègent efficacement d’envahisseurs.
7 – Les bifidobactéries quant à elles, dégradent les fibres inassimilables par l’organisme et protègent l’intestin des microbes pathogènes.

Les mauvais microbes, ces envahisseurs

La lutte entre bons et mauvais microbes est constante. C’est un équilibre fragile menacé par 4 principaux microbes :

1 – Les Campylobacter, qui sont à l’origine des intoxications alimentaires.
2 – L’Escherichia coli, cause de diarrhées sanglantes à l’origine d’une anémie, qui se révèle directement liée aux infections urinaires.
3 – Les salmonelles, responsables d’intoxications alimentaires.
4 – La Clostridium difficile, une bactérie particulièrement coriace et résistante aux antibiotiques. Elle est notamment responsable de diarrhées infectieuses, de fièvre et de douleurs abdominales. La seule véritable solution pour lutter contre cette bactérie est actuellement la transplantation de microbiote fécal.

Comment réinitialiser le microbiote ?

Le Dr Mosley propose un programme de guérison en 2 étapes :

Phase 1 : la suppression et la réparation

Cette étape dure environ 4 semaines, l’équivalent d’un mois durant lequel vous devrez éviter nombre d’aliments comme le gluten et les céréales raffinées, les produits laitiers, les légumes secs, les légumes trop fibreux (les choux, les tiges de brocoli, les haricots filandreux…) et… l’alcool ! Désolé !

Il vous faudra consommer beaucoup de végétaux non fibreux, des protéines de bonne qualité, nécessaires à la réparation de la muqueuse intestinale. Les aliments riches en polyphénols seront également à favoriser : faites le plein d’herbes, d’épices, d’oléagineux, de graines et de chocolat noir (ouf!). Ne lésinez pas sur les graisses végétales comme l’huile d’olive, l’huile de coco ou encore l’avocat.

Phase 2 : la réintroduction

Après ces 4 semaines de réparation du microbiote, vous pourrez augmenter votre consommation de prébiotiques, aliments nourrissant les bonnes bactéries, comme les topinambours, les oignons, les poireaux, les pommes, ou bien les légumes secs qu’il faudra réintroduire lentement.
Une augmentation de la consommation de probiotiques est également recommandée. Les probiotiques sont ces aliments qui aident à faire le plein de bonnes bactéries comme les légumes fermentés (la choucroute), les yaourts avec ferments vivants, le kéfir ou encore le roquefort qui grouille de bonnes bactéries.

Cette réintroduction des aliments évincés doit être progressive. Il faut les réintroduire un à un, tous les trois jours. Mangez une portion normale de l’aliment suspecté. Si les symptômes reviennent, supprimez cet aliment.
Commencez par réintroduire produits laitiers, puis le blé/le gluten (en commençant par des céréales pauvres en gluten comme le seigle, l’épeautre ou les graines de lin). Vous pouvez vous accorder un petit plaisir alcoolisé, mais avec modération en favorisant le vin rouge.

En panne d’inspiration ? L’ouvrage du Dr Mosley contient plus de 60 recettes saines qui favorisent le développement d’une bonne flore intestinale. N’attendez plus, rénovez votre microbiote intestinal !

Dr Michael Mosley, L’intelligence naturelle de l’intestin, trad. Sabine Rolland, Leduc.s Éditions, paru le 9 janvier 2018, 17 €. Disponible sur le site de la Fnac.

Jonathan Epaillard

1 réponses à “L’intelligence naturelle de l’intestin”

    1. Geneviève Puiségur-Pouchin dit : Répondre

      On peut stimuler très facilement le nerf vague grâce à la respiration. Le nerf vague reliant cœur, cerveau et intestins,on peut mettre en cohérence ces trois centres d’intelligence et bénéficier de leurs apports respectifs ( intelligence cognitive, intelligence du vivant et intelligence émotionnelle).
      Voir : http://gpuisegur.com/?cat=6

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