Quand sonne l’heure de la pause repas, l’offre est exponentielle : restauration rapide, grande surface, livraison au bureau, boulangerie… il suffit parfois de regarder par la fenêtre du bureau pour savoir ce que l’on va manger. Si les Français font de plus en plus appel au snacking, est-une bonne chose pour la santé ? LQDP a mené l’enquête.

Snacking et santé : concilier l’inconciliable ?

Il est de plus en plus rare de voir ses collègues manger les restes d’un repas de la veille ou un plat concocté spécialement pour la pause déjeuner. Par manque de temps ou de motivation, on préfère se dire qu’il sera plus simple de trouver à manger au pied du bureau. Mais une fois dehors, l’offre est telle et si alléchante qu’on oublie rapidement nos règles de bonne conduite. Mais notre santé ne pâtirait-elle pas de nos choix alimentaires ?

Le snacking en pleine expansion

Sur 10 repas à l’extérieur, 6 se font dans des enseignes de restauration rapide. Les points de vente de snacking se sont donc multipliés ces dernières années pour répondre à la demande, dépassent les 94 000 l’an dernier. Les points de vente consacrés à la restauration rapide et à la boulangerie explosent, avec respectivement + 70,8% et + 31% de nouveaux lieux de restauration entre 2007 et 2018. Et ces espaces où manger sur le pouce sont parfois très concentrés : à Paris, on trouve en moyenne 88 points de vente au km2, contre 31 à Lyon et seulement 8 à Toulouse. Le quartier de l’Opéra à Paris explose tous les records : 337 points de vente au km2.

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le repas du midi qui se fait le plus dans des enseignes de snacking (20%), mais l’apéritif (34%). Le goûter et le grignotage comptent chacun pour 20 % des achats et le petit-déjeuner seulement 6%. Mais favoriser le snacking au détriment du fait maison, est-ce vraiment à recommander ?

Les Français mangent-ils équilibré ?

Manger sur le pouce et grignoter : bon pour la santé ?

Le snacking tend progressivement à remplacer le déjeuner : chez 45 % de la population, grignoter sur le pouce remplace souvent voire très souvent le déjeuner. On souhaite profiter de sa pause pour faire des courses, filer à un rendez-vous… donc on délaisse un bon déjeuner entre collègues pour gagner du temps. Et deux heures après, tenaillé par la faim face à son écran de bureau, on grignote un bout. S’il convient de distinguer grignotage et grignotage – salade de fruits frais achetée le midi-même et triple-muffin qui nous a fait les yeux doux -, l’étude NutriNet-Santé est formelle : les personnes qui grignotent régulièrement consomment en moyenne 484 kcal supplémentaires par jour. Plus l’apport calorique est élevé, plus le risque de surpoids ou d’obésité augmente. Et c’est bien sûr sans compter sur le dérèglement de nos sensations alimentaires, de nos grignotages compulsifs sans même ressentir la faim.

Gare aux sucres libres…

Davantage on grignote des produits déjà préparés, plus notre alimentation est riche en sucres libres, comme le fructose ou le glucose très présents dans les produits de snacking. Et ces sucres sont très largement associés à une altération du métabolisme et à une hausse des lipides dans le sang. Conséquences ? Les graisses sont stockées dans le foie ou le tissu adipeux, favorisant l’accumulation de la graisse abdominale et, à terme, le diabète de type 2 ou bien la stéatose hépatique.

3 minutes pour comprendre pourquoi l’excès de sucre favorise les graisses

Et aux aliments ultra-transformés !

Nous le répétons souvent : fuyez les aliments ultra-transformés (AUT) proposés en restauration rapide ou au rayon frais du supermarché pour favoriser le frais et fait maison. Les AUT, pour rappel, sont souvent des bombes caloriques, bourrées de sucres et de graisses ajoutés. Non seulement fortement soupçonnés de contribuer à la hausse du cas de cancers et de maladies chroniques – diabète de type 2 en tête -, les AUT engendreraient nombre d’effets indirects et indésirables. Une étude menée aux États-Unis sur plus de 10 000 participants a par exemple révélé que les habitués de restauration rapide avaient des taux de phtalates 55% plus élevés que ceux ne consommant que des repas préparés à la maison. Les hamburgers et les sandwichs notamment sont liés à des niveaux plus élevés de phtalates. Ces derniers, des perturbateurs endocriniens, entrent dans la composition des matières plastiques et sont particulièrement plébiscités pour emballer les denrées alimentaires. Or, les phtalates seraient en cause dans le déséquilibre du système hormonal, favoriseraient accouchements prématurés chez les femmes et diminueraient la production de testostérone chez l’homme.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire : le soir venu, enfilez le tablier et préparez une proportion plus conséquente afin d’avoir votre lunch-box avec vous.

Les AUT (aliments ultra transformés) responsables mais pas coupables ?

Contenu relu et validé par une diététicienne WeCook.

Sources

Les Échos,
France Info,
ScienceDirect,
Sciences et Avenir,
France Assos Santé.

Jonathan Epaillard

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