Très récemment, Pierre Menès a témoigné de sa maladie du foie, appelée NASH (non alcoholic steatohepatitis ou en français stéatose hépatique non alcoolique). Une greffe l’a sauvé de cette pathologie, qu’on appelle la « maladie du soda ». Mais bien avant d’envisager une greffe, des modifications de l’alimentation peuvent être particulièrement utiles.

La stéatose hépatique : le mal du siècle

Pierre Ménès illustre ce qui tend à devenir le mal du siècle. La stéatose hépatique se caractérise par une accumulation de graisses dans les cellules du foie (hépatocyte). Ces graisses sont en général des triglycérides, une forme des lipides. Si les cellules sont lésées et inflammées, on parle alors de stéato-hépatique. Cette pathologie est liée à une mauvaise alimentation. Trop de graisses, un peu d’alcool, des produits ultra-transformés, des produits sucrés… Elle peut facilement évoluer en cirrhose. A l’examen clinique, le foie apparaît plus gros et la palpation du ventre peut être douloureuse.

La maladie du « foie gras »

Cette maladie du « foie gras » est liée à l’obésité, et est associée à un risque d’apparition au syndrôme métabolique et au diabète. Il a été montré qu’environ 6 millions de personnes aux Etats-Unis ont montré une progression vers une NASH et que 600 000 souffrent d’une cirrhose liée à une NASH. En Europe, la NASH touche environ 20 à 30% de la population générale. Ces chiffres sont très inquiétants, d’autant plus que les enfants de moins de 10 ans sont de plus en plus touchés par cette pathologie.

Les traitements de la stéatose hépatique

La NASH, si elle n’est pas trop avancée, se traite principalement par une modification hygiéno-diététique. De même, la NASH induit en général des effets secondaires et provoque parfois du diabète ou de l’hypertension. Dans ce cas, des traitements médicamenteux pourront servir pour traiter ces pathologies associées à la NASH.
Pour les modifications des habitudes alimentaires, voici ce qui peut être proposé :

1 – Limiter les apports caloriques

La NASH concerne généralement les personnes en surpoids ou obèses. Il est primordial de retrouver son poids de forme. Favorisez les apports en protéines, féculents (type légumes secs/céréales complètes) ainsi que les légumes. Limitez les desserts sucrés, les plats gras

2 – Favoriser les aliments à indice glycémique bas

On limite ainsi les aliments à saveur sucrée (bonbon, confiture, aliments raffinés et transformés), et on favorise les aliments riches en fibres tels que les aliments complets, les légumes ou les légumes secs.

Pour en savoir plus : 

Tout savoir sur l’IG (indice glycémique) et la charge glycémique en 7 points

3 – Éviter les aliments gras

Limiter les aliments riches en acides gras saturés. Viande grasse, charcuterie, beurre, crème fraîche notamment.
Et limiter les aliments riches en acides gras trans : les graisses trans sont obtenues à partir de l’hydrogénation des huiles végétales. Ils contribuent à augmenter les LDL-cholestérol. Ce type d’acide gras se retrouvent principalement dans les produits ultra-transformés (lisez les étiquettes, les acides gras trans apparaissent sous le nom de « huiles hydrogénées », ou « huiles partiellement hydrogénées » entre autres).

4 – Favoriser les aliments riches en oméga 3

Huile de colza, huile de noix ou bien noix, poissons gras par exemple seront à ré-introduire dans votre alimentation.

En savoir plus sur les oméga 3 :

Oméga 3 et oméga 6 : c’est quoi au juste ? Sont-ils vraiment bons pour notre santé ?

5 – Éliminer l’alcool

Pour éviter de surcharger le travail de détoxification du foie, éliminez l’alcool de votre alimentation.

Ce régime alimentaire permettra de limiter le risque d’apparition du diabète, de limiter le risque cardiovasculaire en favorisant la consommation de bons lipides ainsi que d’épargner un trop gros travail du foie. L’un des objectifs est également de perdre du poids. Une perte de poids de 5 à 10 % du poids de la personne permettrait de faire régresser la NASH !
Et enfin bouger ! Quelque soit l’intensité, bouger diminue la graisse dans le foie.
Des examens et des suivis sont nécessaires à 6 mois. Ensuite, des tests hématologiques auront lieu tous les 6 mois et des consultations avec un hépatologue seront indispensables.
En cas d’échec du suivi cité précédemment, une chirurgie bariatrique sera nécessaire pour limiter le degré d’avancement de la NASH.

Stéatose hépatique : le microbiote intestinal au secours de la maladie du foie gras ?

Sources

Le Quotidien du Médecin,
Le Figaro Santé,
Fréquence Médicale,
World Gastroenterology Organisation Global Guidelines.

Raphaelle Santarelli, diététicienne WeCook

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