Une équipe de CHU de Lille développe une réelle alternative aux poches de stomie qui devrait bientôt arriver sur le marché

Une équipe du CHU de Lille travaille actuellement sur une solution qui permettrait d’améliorer considérablement le quotidien des personnes qui portent des poches de stomie. Le principe est simple : il s’agirait de la fin des poches de stomie pour une une alternative beaucoup plus pratique.

La fin des poches de stomie pour une prothèse intestinale ?

Certaines maladies de l’appareil digestif comme la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique ou l’ischémie mésentérique nécessitent parfois de porter une poche suite à une stomie. La stomie est une opération consistant en l’ablation d’une partie de l’intestin pour faire une dérivation. La poche est alors mise en place afin de récupérer les selles et les urines. Une situation difficile à vivre au quotidien, aussi inconfortable que contraignante car la poche doit être vidée très régulièrement.

Pour pallier à cet inconfort, une équipe du CHU de Lille recherche depuis près de dix ans une solution alternative. Dès 2007 en effet, Jean-Robert Nzamushe, chef de service de la chirurgie des urgences au CHU de Lille, pense à une option avec moins de contraintes : « aussi utile soit-elle, j’ai réalisé combien la poche était pénalisante pour les patients. Comme ça, il paraît étrange que personne n’y ait pensé avant mais en réalité, trouver d’autres solutions, c’est techniquement assez complexe. »

Un confort de vie amélioré

Dix ans plus tard et après de multiples expérimentations concluantes, son équipe vient de recevoir le prix Santélys pour cette alternative aux poches à stomie : c’est le projet ExCEP. Il s’agit d’une prothèse intestinale installée en by-pass et remplaçant la poche. Cette dernière serait remplacée par une pompe qui mimerait un segment intestinal.

Si la prothèse intestinale constituerait toujours un appareillage externe, la pompe serait placée dans une ceinture, donc beaucoup moins visible et gênante pour le patient. Cette prothèse serait reliée aux deux bouts de l’intestin et la pompe serait alimentée par des batteries, ces dernières s’enclenchant grâce à des capteurs. Ainsi, l’évacuation des selles et des urines serait de nouveau possible via les voies naturelles.

Une commercialisation proche ?

L’appareillage est fin prêt et breveté. L’équipe du Pr. Nzamushe n’attend plus que les certifications techniques et les autorisations administratives. Il espère avoir ces accords fin 2019, pour une commercialisation en 2020.

Jonathan Epaillard

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