Le « sport sur ordonnance » a été institué dans le cadre de la loi de modernisation de notre système de santé, publiée en janvier 2016. Son décret d’application est entré en vigueur au 1er mars 2017, il y a tout juste un an !

Mais de quoi parle-t-on ?

Il s’agit de prescrire une activité physique aux patients dans le cadre de leur prise en charge médicale.

Cela me concerne ?

Oui, si comme près de 10 millions de Français, vous souffrez d’une affection de longue durée (ALD).

Qui peut me prescrire des séances de sport ?

Seul votre médecin traitant peut vous prescrire cette activité physique.

Boxe, aquagym, aviron, marche… je fais ce que je veux ?

En théorie, tous les sports sont permis. Il faut cependant qu’ils soient adaptés à votre cas. Pour cela, votre médecin traitant établit un bilan en prenant en compte la sévérité de votre pathologie, vos capacités fonctionnelles et le risque médical. On parle alors d’activité physique adaptée (APA).

Deuxième point, il faut que cette pratique soit encadrée par un professionnel de santé, tel qu’un masseur-kinésithérapeute, un psychomotricien, par un enseignant en activité physique adaptée ou par un éducateur sportif, et qu’elle soit réalisée dans une des structures proposant une offre d’activité physique adaptée.

Et qui finance ?

C’est là que le bât blesse… Bien que l’activité physique adaptée fasse partie du parcours de soins, ni sa prescription ni sa pratique ne sont prises en charge par l’Assurance Maladie. Chacun doit donc y aller de son porte-monnaie.

quelles structures pour du sport sur ordonnance ?

Les bons plans pour financer son activité physique

1 – Les mutuelles et complémentaires de santé

Certaines mutuelles ou complémentaires de santé proposent à leurs adhérents une prise en charge du sport prescrit par leur médecin traitant. Bon à savoir : certaines prennent aussi en charge votre inscription à une salle de sport ou votre licence sportive, même si ce n’est pas dans le cadre du « sport sur ordonnance » ! Citons par exemple La MAIF, Harmonie Mutuelle, M comme Mutuelle, SwissLife, La Mutuelle Générale… N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre organisme et des autres !

2 – Les CPAM locales

Même si aucun financement n’est actuellement prévu par l’Assurance Maladie, certaines Caisses Primaires d’Assurance Maladie (CPAM) proposent une prise en charge partielle, dans le cadre d’expérimentations par exemple.

3 – Les collectivités territoriales

Certaines villes ou communautés d’agglomérations mettent en place des structures pour favoriser l’accès au sport à tous. C’est notamment le cas à Strasbourg, ville pionnière sur le sujet, mais aussi à Caen, en région Bourgogne Franche-Comté, en Pyrénées-Atlantiques et dans les Landes… Selon les cas, le dispositif est entièrement gratuit pour les bénéficiaires ou proposé à un tarif accessible au plus grand nombre (généralement gratuité la première année puis un tarif solidaire et progressif est instauré sur les 2 années suivantes).

Dans tous les cas, n’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre CPAM et de votre Agence Régionale de Santé. Ils pourront vous informer sur les actions en place dans votre région.

Un an après…

Un premier bilan de l’application du décret « sport sur ordonnance » a été réalisée par la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale. Même si l’idée de prescrire des activités physiques à des fins thérapeutiques plaît au plus grand nombre, sa mise en pratique est un peu plus complexe : pour les médecins, qui ne sont pas assez informés sur le dispositif et sa mise en application ; pour les patients, qui ne bénéficient pas toujours d’une prise en charge financière ; pour les professionnels de santé et de sport, qui n’ont pas tous les mêmes exigences de formation.

Ainsi plusieurs propositions ont été faites pour améliorer l’accessibilité financière et territoriale du dispositif, notamment :
– Une prise en charge même symbolique de la Sécurité Sociale, et une extension de la prise en charge complémentaire.
– Une incitation à proposer des licences sport-santé à des tarifs préférentiels, pour promouvoir l’activité physique au-delà de ce dispositif.
– Une amélioration de la formation et de l’information des médecins traitants.
–  Une ouverture du dispositif à d’autres pathologies, telles l’obésité et l’hypertension artérielle sévère, non listées parmi les ALD mais pour lesquelles les bénéfices de l’activité physique sont reconnus.

Sources

Instruction Interministérielle N° DGS/EA3/DGESIP/DS/SG/2017/81 du 3 mars 2017 relative à la mise en œuvre des articles L.1172-1 et D.1172-1 à D.1172-5 du code de la santé publique et portant guide sur les conditions de dispensation de l’activité physique adaptée prescrite par le médecin traitant à des patients atteints d’une affection de longue durée.
– Bigot J, Larras B, Praznoczy C et al., « Sport santé sur ordonnance : contexte et exemples de mises en œuvre« , Clermont-Ferrand : Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité, Vichy : Pôle Ressources Sport santé bien-être ; octobre 2017. 64 p.
– Mission « flash » relative à la prescription d’activités physiques à des fins thérapeutiques, Communication de M. Belkhir Belhaddad. 31 janvier 2018.

Béatrice Février

0 réponses à “Une ordonnance pour des cours de boxe, svp Docteur !”

  1. […] à la salle de sport… En effet, des endorphines sont libérées pendant et après 45 minutes d’exercice physique intense.  Des endorphines ? Baptisées les hormones « du plaisir » ou « du bonheur », […]

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