Il y a presque deux ans, le Ministère de la santé inaugurait le portail signalement-sante.gouv.fr Son enjeu ? Permettre aux usagers – et aux professionnels de santé – de signaler en ligne aux autorités sanitaires les effets indésirables liés à la prise d’un médicament, à l’utilisation d’un dispositif médical ou d’un autre produit de santé ou cosmétique. Premier bilan.

Pourquoi alerter Signalement-sante.gouv.fr ?

En tant que patient, association de patients, consommateur ou usager et fabricant, le signalement d’un effet indésirable lié à un médicament, à un dispositif médical, à certains produits de la vie courante (denrées alimentaires : compléments alimentaires, aliments enrichis, boissons énergisantes, aliments sans gluten…) ou produits cosmétiques : déodorant, savon de toilette, crème, maquillage…) est considéré comme un acte citoyen.
Chaque lanceur d’alerte participe à l’amélioration de la qualité et la sécurité des médicaments et des actes de soins en espérant bien que son signalement profite au plus grand nombre.

De fait, les autorités sanitaires peuvent identifier d’éventuels nouveaux risques ou appréhender plus efficacement ceux déjà connus. Ces signalements peuvent même aller jusqu’à la diffusion de mises en garde, l’ajout de pictogrammes ou le retrait du marché de certains produits.

L’importance de la nutrivigilance

Des novel food destinés à l’alimentation de populations particulières ne cessent de sortir. Ces produits, souvent considérés anodins par les consommateurs, peuvent, dans certaines conditions, les exposer à des risques.

Ainsi, la consommation de compléments alimentaires ou de certains aliments spécifiques ayant entraîné un effet indésirable, grave ou non, ayant eu un effet inattendu sur votre santé : allergie, troubles gastro-intestinaux, réaction de la peau, troubles cardiaques… se doit d’être signalé.

Sachez que les toxi-infections alimentaires collectives caractérisées par l’apparition d’au moins deux cas similaires de troubles gastro-intestinaux liés à la consommation d’un même aliment font l’objet d’un circuit de signalement spécifique.

Ensuite, les signalements sont transmis à l’Agence nationale de sécurité des aliments, de l’environnement et du travail (Anses), responsable de la nutrivigilance. Si besoin est, l’Anses peut demander des informations complémentaires. Cependant, l’anonymat du consommateur, à l’origine du signalement, est préservé.

À l’issue du processus d’expertise, l’Anses édite une fiche de synthèse du cas déclaré avec ses conclusions. Cette fiche est transmise au déclarant, aux fabricants des produits concernés et aux ministères de tutelle de l’Anses.

40 000 signalements en 9 mois

Entre le 13 mars 2017, date d’ouverture au public et le 31 janvier 2018,  40 120 signalements ont été reçus. 34 217 (85 %) provenaient d’usagers et 5 903 seulement (15 %) de professionnels de santé, libéraux ou en établissement.
Les signalements transmis par les usagers sont bien entendu traités avec la même attention que ceux des professionnels de santé. Ils nécessitent souvent plus d’échanges complémentaires d’information entre déclarant et évaluateur.

Au-delà de ces résultats encourageants et prometteurs, gageons que les usagers continuent à faire leur travail de citoyen et que cette plateforme devienne l’outil référent de l’ensemble des professionnels de santé.

Sources

Signalement-sante.gouv.fr
Première évaluation du portail

LQDP