« Nouveaux médicaments, prévention, santé publique, économie de la santé… Il s’agit de découvrir des projets auxquels nous n’avions pas pensé. Ceux qui seront essentiels à la médecine du futur » affirme Luc Mollo, Directeur Médical de Pfizer France. Pfizer, un laboratoire au cœur de l’innovation. Explications

Pfizer, un labo au cœur de l’innovation

Pfizer, société pharmaceutique américaine présente dans plus de 150 pays parie sur la nouveauté. En 2013, elle a été classée 9e sur 20 parmi les entreprises les plus innovantes au monde. En 2016, le laboratoire déclarait avoir investi 8,4 milliards de dollars en recherche et développement.

Les axes majeurs sont : inflammation et immunologie, oncologie, neurologie, douleur, maladies cardiovasculaires et métaboliques, maladies rares, vaccins. Mais l’investissement dans les nouvelles technologies ne doit pas faire oublier qu’Internet a fait évoluer le patient mais aussi le marché de la santé.

Le marché de la santé évolue

Le patient est mieux informé et s’implique davantage dans son parcours de soin. Il devient maître de sa santé. Cependant, les nouvelles technologies qui permettent de grandes innovations thérapeutiques sont de plus en plus chères.

Chahra Louafi, directrice du Fonds Patient Autonome chez BPI France, a déjà conscience de cette évolution : « Un patient veut être maître de sa santé, veut être un acteur du parcours de soin. Cette situation inverse totalement le rapport avec le médecin mais est de plus en plus envisageable compte tenu de l’accès à l’information permis par le web… Des coûts de santé qui explosent et qui impliquent une démarche de prise en charge du malade différente. »

Mais tous ces changements n’en sont qu’à leurs balbutiements. « Comme on est encore au stade de la recherche et du développement pur, on ne voit pas immédiatement la transformation. Il s’agit là d’une innovation de rupture, et c’est toute la richesse en devenir du secteur » conclut-elle.

Santé et intelligence artificielle : Organiser les interactions vertueuses

Au service du patient

L’innovation thérapeutique peut contribuer au mieux-être du patient dans le parcours du soin.
« L’impact des startups est essentiel puisqu’il s’agit d’améliorer le parcours de soins, la coordination entre les différents acteurs et la qualité de vie des patients » précise Marie-Pierre Chevalier, directrice des Alliances Stratégiques de Pfizer France.

Demain, le patient pourra bénéficier d’un traitement sur-mesure qui prendra en compte ses spécificités. Concrètement, aujourd’hui un patient suivi pour un cancer suit le traitement général prescrit à tous ceux qui ont le même cancer.
Avec les nouvelles technologies, les biométries du patient ainsi que ses antécédents et son « historique santé » (âge, allergies, historique, antécédents…) seront prises en compte. Le traitement sera alors affiné et personnalisé.

« On s’adressera à un patient en tant qu’individu. On pourra tenir compte de son parcours précis et détaillé grâce à la prise en compte de données de suivi en vie réelle (âge, état de santé, contexte dans lequel on a attrapé la maladie, profil génétique…). Intelligence artificielle, biologie moléculaire, étude génétique approfondie, on croisera les disciplines et les applications pour intégrer tous les paramètres et définir un protocole de soins sur-mesure. » précise Luc Mollo.

Innovation santé

Ainsi laboratoires et start-up sont associés dans le bien-être du patient et Marie-Pierre Chevalier de préciser : « Les laboratoires pharmaceutiques développent les innovations thérapeutiques destinées aux patients, les startups, elles, proposent des solutions technologiques étoffant l’offre de soins. Les deux sont complémentaires et doivent fonctionner en synergie. »

C’est pourquoi ce laboratoire a créé Pfizer Healthcare Hub afin d’accompagner dans leurs développements des start-ups issues de la Healthtech. Déjà actif dans des pays européens, il l’est désormais depuis 2018 en France.
Michel Ginestet président de Pfizer France explique : « Déjà présent en Allemagne, Suède, Royaume-Uni, Espagne, Australie et désormais en France, le Pfizer Healthcare Hub met au service de start-up spécialisées en santé nos expertises et réseaux afin d’accélérer leur développement et leur permettre d’apporter des solutions digitales aux patients. Il illustre aussi combien la France est un territoire attractif en matière de création d’entreprises centrées sur l’innovation. »

Quand Goliath soutient David…

Effectivement, quand Pfizer apporte son « expertise, il apporte la connaissance approfondie de certaines pathologies, de ses médicaments, des marchés, de la législation, de la réglementation et de l’accès au marché ; il ouvre également les réseaux du groupe. »
Mais le laboratoire finance cette initiative grâce à son Fonds Pfizer Innovation et s’entoure de partenaires de premier plan.

… c’est avec des partenaires choisis

Ainsi, Pfizer s’est associé avec l’iPEPS/ICM (Institut du Cerveau et de la Moelle épinière). Cette alliance a été très réfléchie par Pfizer :  « Travailler avec un expert de ce secteur comme l’iPEPS/ICM permet de mieux repérer et sélectionner les projets, de mieux les accompagner. Cette opération n’est pas un effet d’annonce ; nous voulons qu’elle aboutisse, donc nous avons mis toutes les chances de notre côté. »

L’ICM accueille patients, chercheurs, et cliniciens, afin de favoriser une approche transversale de la recherche, et de stimuler les collaborations et les découvertes d’innovations médicales. En 2012, il crée l’iPEPS, le premier accélérateur d’innovations dédié aux maladies du cerveau en France. Une vingtaine de start-up y sont représentées, spécialisées dans les domaines des biotech, medtech et e-santé. La vocation de l’iPEPS est d’accélérer la concrétisation d’idées en produits et solutions thérapeutiques, en fournissant un cadre idéal à ces start-up. Situé à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, il dispose de plus de 700 chercheurs et médecins présents à l’ICM.

De plus, « l’iPEPS/ICM présente un avantage géographique certain puisque l’incubateur est installé au cœur de STATION F, un cadre incroyable pour une startup. », s’enthousiasme Pfizer.

… et à certaines conditions

Mais, toutes les start-up ne sont pas éligibles. Il faut d’abord qu’elles posent un dossier de candidature qui sera étudié de près par un jury (27 personnes venues d’horizons divers comme Pfizer, BPI France, l’ICM…) et qu’elles soient déjà créées.

De plus, la durée de ce partenariat limité à 9 mois. Pfizer est très clair : « Ce programme d’accélération (…) s’adresse à des sociétés déjà matures, qui ont déjà une technologie et dont on va accroître le développement. Or à ce stade de leur évolution, elles ne peuvent plus perdre de temps dans le contexte de concurrence du secteur digital, où tout va très vite. Ce type d’action s’étale généralement sur un délai de 6 à 12 mois : 6 mois c’était un peu court, surtout par rapport à notre rythme en interne ; 12 mois c’était trop long. Sur les conseils de l’ICM, nous avons coupé la poire en deux et nous sommes fixés sur 9 mois, ce qui constitue une bonne durée pour un accompagnement. »

Pourquoi la santé connectée ne serait-elle pas efficace ?

L’humain ne sera jamais remplacé

Les nouvelles technologies aideront mais ne remplaceront jamais le médecin lors du diagnostic. « L’humain doit rester au cœur des transformations. La technologie est un outil pour nous aider », précise Marie-Pierre Chevalier.

Elles pourront ainsi améliorer la communication entre les praticiens qui suivront mieux leurs patients. Elles pourront ainsi proposer des traitements plus efficaces.

LQDP