Les résultats d’une étude publiée début juillet dans Nature Medicine montrent que l’administration par voie orale de la bactérie Akkermansia muciniphila aurait des effets bénéfiques sur des personnes obèses ou en surpoids.

Akkermansia muciniphila, une bactérie intestinale qui nous veut du bien

Le Pr Patrice Cani, du Drug Research Institute de l’UCLouvain, en Belgique, et maître de recherche FNRS, est à l’origine de la découverte des effets bénéfiques de la bactérie Akkermansia muciniphila.

Cette bactérie est présente dans le microbiote intestinal de l’homme et de l’animal. L’équipe de chercheurs conduite par le Pr Patrice Cani a d’abord découvert que chez des animaux obèses ou en surpoids ou, encore, souffrant de diabète de type II, Akkermansia était moins présente.

Ensuite, les chercheurs ont montré, chez la souris, qu’Akkermansia améliorait notamment le fonctionnement de la barrière intestinale. Or, comme l’explique le Pr Cani, dans une interview dans le Magazine Nature Sciences Santé, lorsque la barrière de l’intestin est altérée, vous avez, au niveau du foie, une inflammation et une accumulation de graisse. La régulation de l’appétit est également modifiée, le développement de l’athérosclérose, des maladies cardiovasculaires est accéléré…

Chez des souris, la consommation d’Akkermansia diminuait également le développement de l’obésité, du diabète de type II et inhibait la progression de l’athérosclérose.

Microbiote intestinal et surpoids : la spirale infernale ?

La consommation d’Akkermansia muciniphila à l’étude

Enfin, une première étude pilote a été réalisée avec des volontaires, tous en surpoids ou obèses et insulino-résistants. Les résultats confirment ceux obtenus chez la souris. Ils montrent que la prise quotidienne pendant 3 mois de 10 milliards de bactéries a notamment empêché la détérioration de l’état de santé des participants (pré-diabète, risques cardiovasculaires). De plus, Akkermansia semble avoir renforcé la barrière intestinale et une baisse des marqueurs d’inflammation du foie, une légère diminution du poids et du tour de taille ont été également été observées. Ces résultats devront bien sûr être confirmés par la réalisation d’une étude à plus large échelle, dès à présent en projet.

Une spin-off, A-Mansia Biotech, travaille actuellement sur les processus qui devraient permettre d’obtenir l’autorisation, dans le cadre de la procédure de « Novel Foods », d’utiliser Akkermansia dans des compléments alimentaires.

Découvrez dans le n°18 du magazine Nature Sciences Santé (format papier ou pdf), l’interview du Professeur Patrice Cani, dans laquelle il explique le chemin qui l’a conduit à la découverte des effets bénéfiques pour la santé de la bactérie Akkermansia municiphila. Il y parle également de ses nombreux projets de recherche.

© Nature Sciences Santé

Le magazine Nature Sciences Santé est édité par le site www.nature-sciences-sante.eu, un site d’information indépendant sur les compléments alimentaires (ou alicaments), les extraits de plantes et le rôle qu’ils peuvent jouer pour la santé et le bien-être.

Brigitte Karleskind

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