Une vraie bonne nouvelle ! L’étude britannique DiRECT a mis en évidence que le diabète de type 2 serait finalement réversible, même à un stade avancé, grâce à une alimentation très (très) stricte. Explications.

Diabète de type 2 : une maladie réversible ?

L’équipe de Roy Taylor, de l’université de Newcastle, a présenté les résultats de ses travaux au congrès de l’American Diabetes Association (ADA) de San Francisco. Et ces résultats ont fait grand bruit. L’équipe a en effet démontré que les cellules bêta pancréatiques des personnes souffrant d’un diabète de type 2 pouvaient récupérer. Une grande première car ces cellules, qui produisent l’insuline faisant entrer le sucre dans les cellules, étaient jusqu’à présent considérées comme hors service chez les diabétiques.

Afin d’arriver à de telles conclusions, l’équipe a veillé à évaluer la réponse maximale de sécrétion de l’insuline à une administration conséquente de sucre, provoquant de fait une hyperglycémie. Pourquoi un tel test ? Pour évaluer la quantité de cellules bêta en état de fonctionnement. Aux prémices des travaux de l’équipe du Dr Roy, le niveau de sécrétion d’insuline était deux fois plus faible chez les diabétiques que chez les sujets contrôles. Après 5 mois d’un régime particulièrement strict, le niveau de sécrétion d’insuline des personnes diabétiques a augmenté à mesure que leur poids a diminué. Après une année avec ce même régime particulièrement strict, le niveau de sécrétion d’insuline était presque revenu à une valeur normale (de 0,58 à 94nmol/min/mvs 1,02nmol/min/m2 dans le groupe témoin). Deux ans après le début de l’étude, 36% des diabétiques de type 2 étaient en rémission. Mais pour les personnes n’ayant pas réussi à se maintenir dans la perte de poids, la sécrétion d’insuline faiblissait.

Quelle approche nutritionnelle adopter en cas de diabète de type 2?

Le Pr Roy délivre un message d’encouragement à ces 420 millions de diabétiques à l’échelle mondiale : « le diabète de type 2 est un état réversible et la rémission peut être atteinte et maintenue. » Il souligne également un point particulièrement important concernant l’approche nutritionnelle à adapter pour un diabétique :  « notre recherche a également permis de découvrir un message clé concernant la perte de poids. En effet, l’approche lente et régulière apparait difficile et fructueuse dans peu de cas. En revanche, l’approche intensive à court terme suivie d’une période longue de contrôle du poids visant à éviter la reprise, s’est révélée plus productive. »

Diabète de type 2 : pourquoi 1 patient sur 3 ne respecte-t-il pas son traitement ?

Favoriser la restriction pour vaincre le diabète de type 2 ?

La même étude avait fourni ses premiers résultats en 2017 : grâce à un régime très restrictif ainsi qu’un soutien pour maintenir la perte de poids, près de la moitié (46%) des personnes diabétiques étaient en rémission à un an. Mais cette bonne nouvelle a un prix : le régime remplaçait l’intégralité des repas par une seule préparation par jour de 825 à 853 kcal et ce durant 12 à 20 semaines. Puis venait une réintroduction progressive, de 2 à 8 semaines.

Si le Dr Roy se félicite des résultats à deux ans (« les personnes atteintes de diabète de type 2 ont désormais un choix plutôt qu’une peine à perpétuité. S’ils utilisent une méthode simple et efficace de réduction pondérale, les diabétiques de type 2 précoce peuvent retrouver une santé normale (…). »), force est de constater que durant ces deux années, le quotidien des diabétiques participant à l’étude n’était que restrictions et privations. Le prix à payer pour mettre un terme à la maladie ?

La restriction cognitive génère une frustration bien plus calorique qu’une assiette de frites !

Sources

American Diabetes Association,
Le point,
Egora.

Jonathan Epaillard