Les MICI (Maladies Inflammatoires chroniques de l’intestin) concernent principalement deux types de pathologies : la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn. Exigeant un régime alimentaire très strict, ces pathologies sont-elles compatibles avec une grossesse ?  MICI et grossesse, de la fécondation à l’allaitement, quelles sont les précautions à prendre ?

1. Les MICI peuvent-elles nuire à la fertilité du couple ?

Non ! Un homme ou une femme atteint de MICI n’a donc pas de problèmes pour avoir un enfant. Néanmoins, la maladie peut tout de même avoir des conséquences selon le sexe du partenaire.

Chez la femme :

– En période de crise aiguë et continue, la pathologie peut induire une grande perte de poids. Un amaigrissement rapide et important peut diminuer la fertilité.
– Au moment d’une poussée, il y a une diminution de la fertilité chez la femme.

Que manger avec une MICI ? L’alimentation en phase de poussée

Chez l’homme :

L’ablation du rectum peut induire des troubles de l’éjaculation. De même, certains traitements médicamenteux peuvent nuire à la qualité du sperme.

2. Conséquence des MICI sur la grossesse

Si la femme tombe enceinte pendant une période de non crise, il n’y a pas de risque, a priori, ni pendant la grossesse, ni au moment de l’accouchement.

Si vous avez une prescription pour un médicament déconseillé durant la grossesse, il vous sera recommandé de prendre un moyen de contraception pour éviter de tomber enceinte. En effet, ne pas suivre cette recommandation expose davantage au risque de fausse couche.

Enfin, une crise en cours de grossesse est un événement redouté. En effet, elle augmente les risques de fausses couches, d’hypotrophie du bébé, de petit poids à la naissance (< 2.5 kg) ou d’accouchement prématuré… En revanche, aucune étude ne montre un risque de malformation.

3. Conséquence de la grossesse sur l’évolution de la MICI

Lorsque la grossesse se déroule sur une période quiescente, le risque de survenue d’une poussée est le même que pour une patiente non enceinte. En revanche, quand la grossesse survient en période d’activité de la maladie, près de 66% des femmes malades auront un risque de maladie active durant les 9 mois de grossesse.

Il est primordial de tenir compte de ce point et il est donc préférable d’attendre une période de rémission avant d’envisager une grossesse.

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4. L’accouchement en cas de MICI

De façon générale, les femmes atteintes de MICI accouchent plus souvent par césarienne. La présence de lésions ano-périnéales actives ou une atteinte rectale active sont autant de symptômes à prendre en compte.
La maladie de Crohn augmentant les atteintes périnéales, on évitera toute épisiotomie. En cas d’anastomose iléo-anale, seul l’obstétricien pourra prendre la décision d’un accouchement par voie basse ou par césarienne.
Après l’accouchement, les femmes atteintes de MICI et qui ont accouché par voie basse ont un risque d’incontinence fécale plus important que les femmes non malades.

5. Allaitement et MICI

Vous pouvez allaiter si vous êtes atteinte de MICI.

En revanche, si vous prenez des médicaments tels que la ciclosporine, le thalidomide, le méthotrexate, la ciprofloxacine et le métronidazole, l’allaitement est déconseillé voire interdit selon le médicament considéré.

Une mise à jour régulière des effets des traitements au cours de la grossesse est facilement disponible sur le site www.lecrat.org.

6. Les MICI sont-elles transmissibles à l’enfant ?

En effet, la question se pose. Lorsqu’un parent est atteint de MICI, les risques pour la descendance sont de 2 à 13 fois plus importants que dans la population générale, avec un risque plus important s’il s’agit de la maladie de Crohn. Et si les deux parents sont atteints d’une MICI, le risque de transmettre cette pathologie est d’environ 30%.

En conclusion, l’essentiel est d’éviter de démarrer une grossesse en cas de poussée ou de maladie non stabilisée. Ensuite, plus des 2/3 des grossesses en cas de MICI sont dites « normales ».

Sources

CREGG : Grossesse et MICI
Association française de formation médicale continue en hépato-gastro-entérologie
SNFGE : Traitements des MICI et grossesse

Raphaelle Santarelli