Plus qu’une recommandation ou des conseils diététiques, l’arrêt du sucre doit être un véritable leitmotiv dans nos vies. Une règle d’or à prioriser avant tout autre chose ! Pourquoi ? Car le sucre, sous ses faux airs doux et suaves, ne nous veut pas que du bien. Sa toxicité serait aussi forte que celle du tabac ou de l’alcool. Le sucre entretient nos cellules cancéreuses qui bien sûr en profitent pour se développer allègrement ! Explications.

Quand le sucre entretient nos cellules cancéreuses

Dans les années 1980, le docteur Cantley a identifié une enzyme jouant un rôle clé dans la cancérogenèse. Cette enzyme, au doux nom de phosphoinositide-3-kinase (ou PI3K), alerte les cellules d’un haut niveau de sucre dans le sang via l’insuline. En conséquence, les cellules absorbent le sucre présent dans le sang, et la glycémie revient à un taux normal. Mais dès lors que cette enzyme connait un dysfonctionnement, il y a de grandes conséquences au niveau du processus de la cancérisation. C’est comme si le dysfonctionnement de cette enzyme accélérait le processus d’absorption et les cellules cancéreuses absorbent alors une dose massive de sucre. Et leur croissance en est accélérée.

Or, le gène qui code pour cette enzyme est un gène impliqué également dans la promotion du cancer. Et ce gène mute très fréquemment chez l’homme : on le retrouve muté dans presque 80 % des cancers (et notamment, pour les cancers du sein, cerveau ou vessie). Les chercheurs ont montré que la mutation de ce gène dérègle la signalisation et le contrôle de l’absorption du sucre par les cellules. Des médicaments peuvent venir contrer cet effet. Néanmoins, malgré l’effet des médicaments, des pics d’insuline réguliers et constants inhibent l’effet de ces médicaments. Ces pics réactivent alors la voie de cancérisation. MAIS en diminuant de façon drastique les apports en glucides, et en maintenant les traitements médicamenteux, les tumeurs ont diminué. Cela montre que si vous avez en vous une mutation sur le gène PI3K et que vous consommez beaucoup de glucides, les pics d’insuline créés peuvent stimuler la croissance de cellules cancéreuses. En d’autres termes : le sucre peut favoriser la croissance de ces tumeurs.

Des résultats appuyés par d’autres équipes de recherche

D’autres équipes se sont penchées sur le lien entre la consommation de sucre et le cancer. Ils ont identifié, chez la souris, qu’un apport excessif en sucre pendant 6 mois augmente de plus de 50% le développement de tumeurs du sein, par rapport à des souris ayant eu un régime sain et équilibré. Le régime riche en sucre s’apparente à un régime de type américain, riche en fructose (= un sucre de petite taille). Une voie moléculaire a été identifiée, mettant en relation l’apport en sucre, et des voies inflammatoires des cellules cancéreuses.
De même, en 2012, une autre équipe américaine montre que l’arrêt du sucre active des voies de signalisation augmentant la mort cellulaire des cellules cancéreuses, du fait d’une augmentation de la concentration de radicaux libres dans ces cellules.

Sucres et microbiote intestinal : une catastrophe annoncée

Une relation sucre-cancer qui ne fait pas l’unanimité

Même si ces résultats sont d’une importance capitale pour la réussite de la prise en charge d’un traitement contre le cancer, ils ne font pas l’unanimité. Pourquoi ?? Eh bien car la plupart des recherches de ce type sont effectuées chez les animaux. Et donc encore faut-il les transposer à l’homme. Par ailleurs, un cancer induit généralement une perte d’appétit et une importante perte de poids. Alors une privation de sucre pourrait être mal vécue par le patient.

La prise en charge diététique d’un patient atteint de cancer se base avant tout sur le besoin de manger de celui-ci, peu importe quoi ! Car une dénutrition peut nuire à la réussite du traitement contre le cancer. Donc d’un point de vue diététique, une personne atteinte de cancer doit limiter sa perte de poids ! C’est là la règle numéro 1 ! L’idéal étant de manger de tout, et notamment d’apporter suffisamment de calories et de protéines (cela évite la perte de poids et la perte de la masse maigre). Mais bien sûr si les sources de protéines sont mal tolérées, ou si le patient perd son appétit, il pourra s’orienter vers d’autres sources de macro-nutriments, y compris le sucre.

Notez toutefois que, pour la population en général, l’organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de limiter ses apports en sucre à moins de 10 % des ses apports caloriques journaliers. Par exemple, si vous avez un apport de 2000 kcal, limiter votre apport en sucre à 200 kcal, soit environ 50g par jour. Pour aller plus loin, l’OMS juge qu’il serait même plus intéressant de limiter ses apports à 5%, soit 25 g de sucre maximum par jour. Cette limitation d’apport en sucre permet en effet de prévenir l’apparition de nombreuses pathologies, y compris le cancer.

Liens entre alimentation et cancer : info ou intox ?

Sources

Weill Cornell Medicine,
–  OMS,
Fondation contre le cancer,
– Nicholas A Graham et al., « Glucose deprivation activates a metabolic and signaling amplification loop leading to cell death. », Molecular Systems Biology, 2012, 8,
Sciences et Avenir,
La nutrition,
Thierry Souccar Editions.

Raphaelle Santarelli, diététicienne WeCook

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