Tous les ans, le gaspillage alimentaire en France représente près de 16 milliards d’euros. Un chiffre démesuré pour Guillaume Garot, député PS de la Mayenne et président de l’atelier des États généraux de l’alimentation, qui désire ardemment combattre ce phénomène. Après avoir ciblé les supermarchés grâce à la loi du 11 février 2016, la restauration collective est désormais dans son collimateur.

5 chiffres alarmants

1 – 1,3 milliard de tonnes

C’est la production alimentaire qui est perdue, jetée ou gaspillée dans le monde chaque année, ce qui correspond à un tiers de la production alimentaire totale de la planète.

2 – 95 à 115 kilos

C’est le gaspillage alimentaire constaté chez les consommateurs en Europe et en Amérique du Nord, par habitant et par an.

3 – 7 kilos

C’est la part de produits encore emballés qui terminent dans la poubelle de chaque foyer des pays dits développés.

4 – 1 milliard

Avec ce que l’Europe jette chaque année, on pourrait nourrir près d’un milliard de personnes, soit l’intégralité de la population souffrant de malnutrition.

5 – 15 à 30 %

C’est la part de fruits et légumes qu’un consommateur met à la poubelle par rapport à l’ensemble des aliments jetés dans les pays développés.

Une conséquente baisse du gaspillage dans les supermarchés

La loi de 2016 sur le gaspillage alimentaire interdit désormais aux supermarchés de détruire de la nourriture consommable. Le député le souligne, « nous devrons, dans les semaines qui viennent, faire un bilan très précis de l’application de la loi, mais ce que nous disent aujourd’hui les associations de solidarité, c’est que le volume des dons a augmenté de façon significative. Les premiers chiffres qui nous sont revenus, montrent une augmentation de 20 à 25% ». Et ce sont les associations de solidarité qui en bénéficient, comme les banques alimentaires, les Restos du Coeur ou encore le Secours Populaire.

La restauration collective, nouvel enjeu du gaspillage alimentaire

23 propositions ont été transmises au gouvernement au terme de l’atelier des États généraux de l’alimentation, dont une mesure phare : faire de la restauration collective une « actrice de la lutte contre le gaspillage alimentaire ». Il apparaît de fait nécessaire de « généraliser le don de repas préparés mais non servis aux associations de solidarité ». Plus facile à dire qu’à faire… En effet, comme le rappelle Guillaume Garot, les moyens logistiques à déployer seront considérables et impliqueront un strict respect des prescriptions sanitaires en vigueur.

« Un parcours éducatif à l’alimentation et à la lutte contre le gaspillage »

Il s’agit d’une autre proposition forte émise à l’issue des États généraux de l’alimentation. M. Garot souhaite que soit mis en place, dès le primaire, un parcours éducatif qui sensibiliserait les plus jeunes à ce qui se trouve dans leur assiette et à ce qui finit à la poubelle. « Comment on produit ? Comment on conserve les aliments ? » seraient quelques unes des notions à transmettre aux enfants, afin que chacun d’eux devienne « un futur consommateur responsable ».

Un label contre le gaspillage alimentaire

Guillaume Garot souhaite mettre en place un label visant à minimiser le gaspillage alimentaire dans les restaurants, chez les maraîchers ou encore en grande surface. Il propose de créer un « cahier des charges propre à chaque métier », afin de « donner une visibilité à la lutte contre le gaspillage et permettre au citoyen de peser dans ses choix ». Mais comment ces mesures pourraient-elles être financées ? Le député PS propose d’attribuer une partie de la TGAP ((Taxe sur les activités polluantes imposée aux industriels) aux projets de lutte contre le gaspillage alimentaire car il «  serait logique que la taxation des activités polluantes vienne financer les actions destinées à prévenir le gaspillage ». Il serait ainsi question de « 50 millions d’euros par an pour le financement de ces actions sur l’ensemble du territoire national ».

Enquête à l’école primaire

Nous avons rencontré Jeanne, en charge de la cantine d’une école du Vaucluse, qui a relevé les pertes alimentaires constatées durant 2 semaines. Sur 77 bouches à nourrir quotidiennement, en moyenne 7 repas sont jetés. Avec 4 repas par semaine, c’est l’équivalent de 30 personnes en plus qui pourraient bénéficier de ces repas.
Des pertes bien plus conséquentes sont constatées dans le cas des portions dites individuelles comme le fromage, les yaourts ou encore les fruits. Catherine regrette d’avoir dû jeter plus d’une vingtaine de bananes après un repas car « les enfants n’en voulaient pas » et qu’ « aucune directive officielle n’a encore été mise en place concernant le trop plein de nourriture ».

La lutte contre le gaspillage alimentaire a encore un long chemin à parcourir.

Sources

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME)
Egalimentation
Agence France Presse

Jonathan Epaillard

0 réponses à “Halte au gaspillage alimentaire !”

  1. […] : M. Garot s’attaque au gaspillage alimentaire dans la restauration collective. A-t-il été entendu […]

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