Les AUT : 3 lettres pour décrire le pire cauchemar actuel des diététiciennes. 3 lettres pour désigner les aliments industrialisés, dits aliments ultra transformés. 3 lettres pour symboliser la malbouffe, pour décrire des aliments peu qualitatifs et pour désigner des aliments riches en composés malsains. Ces AUT sont impliqués dans de nombreuses pathologies : surpoids, obésité, cancer… Et la liste s’allonge : ces AUT seraient également impliqués dans la mauvaise santé cardiaque. Bien que l’on puisse s’en douter, des équipes de chercheurs ont établi un lien entre leur consommation et le risque cardiovasculaire.

Aliments ultra-transformés et risque cardiovasculaire : des équipes françaises révèlent l’ implication des AUT

Aucune étude n’avait jusqu’à présent montré l’implication des aliments ultra-transformés dans les maladies cardiaques. Et des équipes françaises l’ont fait ! Dans le cadre de l’étude Nutrinet Santé, étude épidémiologique de grande ampleur (plus de 100 000 participants), l’équipe dirigée par Mathilde Touvier (directrice de recherche Inserm), a observé que la consommation d’AUT est associée à un risque plus élevé de maladies cardiaques, en particulier de maladies coronariennes et d’accidents vasculaires-cérébraux (AVC).
L’équipe est même allée plus loin : une augmentation de la consommation de plus de 10% d’AUT augmente ce risque cardiaque de 12%.
Attention toutefois : ces études sont des études d’observations. Elles ne permettent pas de conclure définitivement sur un lien de cause à effet entre AUT et maladies cardiaques. Il sera d’ailleurs nécessaire de confirmer ces observations via des études expérimentales.

Mais pourquoi les AUT sont-ils si méchants ?

Toujours selon Mathilde Touvier, 4 hypothèses expliquent la dangerosité des AUT :
Faible qualité nutritionnelle : ces AUT sont riches en énergie, riche en graisse (et notamment en graisse saturé), en sel et pauvre en vitamines et minéraux.
– La présence d’additifs alimentaires : sulfites, glutamates ou de nombreux autres additifs se retrouvent dans ces produits ! Même si ce sont de petites quantités, ce sera toujours plus que ce que contiennent des produits bruts ou non transformés.
– La formation de contaminants lors du procédé industriel du produit transformé. La cuisson-extrusion (procédé industriel qui permet l’obtention de produits expansés, précuits ou texturés) forme en effet des produits toxiques tels que l’acrylamide ;
– Les AUT sont des aliments ayant parfois des dates de conservation longues. La conservation longue dans les plastiques ou tout autre contenant pourrait permettre aux particules du plastique de migrer vers l’aliment.

Il s’agit là de plusieurs hypothèses,qui doivent être étudiées indépendamment et/ou de façon croisée. Et autre étude en cours de réalisation : l’effet cocktail des additifs. C’est-à-dire l’étude de l’effet de plusieurs additifs en quantités minimes sur la santé, pour mimer ce que l’on pourrait retrouver dans un aliment.

Les AUT (aliments ultra transformés) responsables mais pas coupables ?

Les AUT : la bête noire de l’alimentation

Depuis quelques années, la consommation des aliments ultra-transformés augmente dans les pays occidentaux.
Leur implication est prouvée dans de nombreuses pathologies :
– Dyslipidémies ;
– Surpoids ;
– Obésité ;
– Cancer ;
– Symptômes dépressifs ;
– Troubles fonctionnels digestifs.

Au-delà des pathologies citées, les AUT augmentent le risque de décès, toutes causes confondues.

Aliments ultra-transformés et hausse de la mortalité ? Le retour des AUT !

Les AUT remplacent petit à petit les aliments bruts dans notre alimentation quotidienne. Ce qui est inquiétant car ces aliments représenteraient dorénavant la moitié de nos apports journaliers ! Adieu fruits juteux, légumes croquants ou céréales complètes : voilà les biscuits à l’huile de palme, les confiseries aux additifs, les sodas hyper-sucrés et les plats préparés.

Des directives pour limiter la consommation des AUT

Bien entendu, il est conseillé de limiter ses apports en aliments ultra-transformés. Car selon Mathilde Touvier, ce n’est pas la consommation occasionnelle et ponctuelle qui augmentera le risque cardiaque. Mais c’est la consommation importante et quotidienne qui augmente ce risque. Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a pour objectif de réduire la consommation de tels produits de 20% d’ici 2022.

Et si vous souhaitez participer à la science, sachez que les chercheurs de Nutrinet santé sont à la recherche de nutrinautes ! N’hésitez pas à vous inscrire sur le lien : etude-nutrinet-sante.fr.

Sources

Inserm,
Francetv,
Midilibre,
Francetv.

Raphaëlle Santarelli, diététicienne WeCook

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