LQDP a interviewé pour vous Blanche Vidal Soler, spécialiste des aliments pauvres en FODMAPs, dont le blog Fodmap-avec-blanche cartonne !

LQDP : Bonjour Blanche. Est-ce que vous pouvez nous parler de votre découverte du Syndrome de l’Intestin Irritable (SII), de vos recherches, de votre formation ?

La première année où j’ai commencé à me réorienter en diététique, j’ai été très souvent malade. J’avais des troubles intestinaux beaucoup trop récurrents. J’allais peu en cours car j’étais très mal, je ressentais beaucoup de fatigue, et je ne parvenais pas à savoir pourquoi. J’ai fait pas mal d’examens, suis allée voir le médecin plusieurs fois, et ils en ont conclu que j’avais le SII.
Mais le médecin, que j’étais déjà allée voir, m’avait dit que j’avais « l’intestin sensible ». Je prenais les médicaments qu’il m’avait prescrit pour les troubles intestinaux, pour les spasmes… et je pensais qu’il n’y avait rien d’autre à faire.
Et, en première année de diététique, j’ai commencé à faire des recherches par moi-même. C’est là que j’ai découvert sur des sites anglais, américains ou même australiens, qu’il y avait une alimentation qui permettait d’aller mieux. J’ai commencé à me renseigner davantage, j’ai suivi des formations en anglais, en ligne, j’ai lu beaucoup de livres sur les FODMAPs, sur le SII, sur l’intestin en général même. Il faut savoir que dans ma formation en diététique, les informations sur le SII sont assez limitées, il est juste indiqué qu’il est nécessaire d’avoir une « alimentation équilibrée ». Ça n’aide vraiment pas !
Il fallait donc que j’aille plus loin car ce n’était pas suffisant. J’ai ensuite aussi fait une formation avec Florian Saffer, accompagnée par d’autres diététiciens. Et en décembre, je co-anime cette formation avec Florian Saffer.

Pourquoi avez-vous créé ce blog ? Comment êtes-vous passée d’une problématique dirait-on individuelle et personnelle à une problématique collective ?

J’ai pensé à mon propre problème, le fait de ne pas avoir trouvé suffisamment d’informations en français par moi-même. Je comprends bien l’anglais, je le parle assez bien, j’ai pu aller chercher les informations directement à la source, sur le site de la Monash University entre autres. Et je sais que nombre de francophones ne parlent pas du tout anglais, et ils ne pourront donc pas aller chercher ces informations.
J’ai voulu les réunir, car on trouve des infos un peu partout sur internet, dans les livres… Je désirais que tout soit accessible et au même endroit. Je souhaitais également les agglomérer pour que les gens puissent vérifier qu’ils sont bien atteints du SII, c’est très important, il faut toujours faire vérifier le diagnostic avec son médecin.
En clair, j’ai pensé à ce que j’aurais voulu trouver sur internet.

Vous parlez des sources très diverses, multiples, relatives au SII. Pensez-vous qu’on trouve des informations peu fiables, des informations erronées sur la toile ?

Oui, on trouve de tout sur Internet. Certaines personnes écrivent des articles sur le SII, sans véritables preuves. La Monash University a néanmoins publié des études fiables, et ils ont découvert que le SII était dû aux FODMAPs. Les chercheurs de cette université ont mis en place une alimentation qui permet de réduire les FODMAPs, puis de les tester ensuite car chaque personne n’est pas intolérante à tous les FODMAPs. Il ne faudrait pas éliminer à vie un FODMAP qu’on tolère très bien. Et puis, ce serait mauvais pour la santé !

Vos recettes qui ont vraiment l’air géniales, notamment le poulet-coco-ananas. Où trouvez-vous l’inspiration ?

Ce sont des choses que j’aime bien. Dans les restaurants, si j’aime bien une recette, j’ai envie de la reproduire. Alors j’essaie. Les recettes salées c’est vraiment au feeling.
Les recettes sucrées c’est plus compliqué. Je vais chercher des recettes classiques, avec des FODMAPs dedans, et je les modifie puis je les teste. Par exemple, je remplace la farine de blé par un mélange de farines. Internet me sert beaucoup, et mes propres envies sont également source d’inspiration. Je vois une recette qui me plaît, une recette riche en FODMAPs, je choisis donc de la transformer pour qu’elle soit adaptée.

Est-ce compliqué d’aller au restaurant ? De manger ce que vous souhaitez ?

Je connais aujourd’hui mes propres intolérances. Je regarde la carte, les FODMAPs ne sont pas trop dissimulés. Si j’ai un doute (en général pour l’ail et l’oignon), je demande au serveur. J’arrive globalement à bien m’en sortir au restaurant aujourd’hui, à me faire plaisir.

Dans votre guide des « 300 aliments pauvres en FODMAP » justement, vous cherchez ce que l’on peut consommer au lieu d’établir une liste de produits déconseillés. Ne serait-ce pas là une forme d’optimisme ?

Oui, complètement. Quand j’ai commencé à lire des bouquins sur les FODMAPs, il était d’abord question de ce que l’on ne pouvait pas consommer. Cela m’a un peu démoralisé, et cela a retardé mon initiation à l’alimentation pauvre en FODMAPs.
Je me suis dit, pour que les gens soient un petit peu plus optimistes et qu’ils aient envie de commencer cette alimentation – qui est vraiment méliorative -, qu’il était nécessaire de savoir ce que l’on peut manger sans crainte.
En suivant une alimentation pauvre en FODMAPs, on peut dire qu’à 80% on va mieux. Bien sûr parfois on fait des écarts, je fais moi-même des écarts. Mais je les prévois, et je sais que le lendemain je n’irai pas bien.
Mais en créant ce guide, je voulais surtout montrer aux gens qu’il y a beaucoup d’aliments qu’on peut consommer, même si c’est une alimentation restrictive. Et qu’en plus, Il ne faut pas éliminer tous les aliments contenant des FODMAPs mais uniquement les aliments qui sont à teneur moyenne ou riche en FODMAPs. Donc, s’il y a une teneur faible, on peut quand même en manger dans une certaine limite. Cela augmente la quantité d’aliments que l’on peut consommer.

Avez-vous des péchés mignons ?

Je suis de nature très gourmande. Je n’ai pas de péché mignon particulier. J’aime énormément de choses !

Quels sont vos prochains projets ?

C’est mon petit secret. Il faudra patienter encore un peu avant de tout savoir… Mais, si vous voulez un indice, sachez que les personnes souffrant du SII en seront ravies car je vais aller encore plus loin dans l’aide que je vais leur apporter.

Merci beaucoup, Blanche Vidal Soler !

Jonathan Epaillard

Laisser un commentaire

Bienvenue
Inscrivez-vous à notre newsletter, afin de recevoir toutes vos actualités.