Novembre, mois sans tabac ! Le Quotidien du Patient vous aide à réussir votre sevrage tabagique avec la cigarette électronique, qui offre 10 fois plus de chances de se débarrasser de la cigarette qu’un sevrage « sec ». 

Sur les problèmes de santé occasionnés par la cigarette électronique, on a tout lu. Au point qu’il nous serait impossible de dresser une liste exhaustive des « intox » et « fake news » qui ont couru sur le sujet. Concentrons-nous plutôt sur les soucis de santé bien réels qui surviennent aux vapoteurs débutants et sur les grandes questions qu’ils sont en droit de se poser. 

Vapoteurs débutants : quels problèmes de santé ?

L’utilisation de la cigarette électronique peut entraîner des troubles légers de la santé. Ils sont le plus souvent passagers. Ils se conjuguent avec les symptômes communs à tous les sevrages. Difficile de faire le tri ! 

Nous vous parlions de la toux, le plus courant des désagréments, dans un précédent article. Vous pouvez également éprouver des maux de tête, des saignements gingivaux, une déshydratation des muqueuses. Explications. 

Maux de tête, CO2 et nicotine

Une cause fréquente des maux de tête dans les premiers jours du sevrage, c’est… le sevrage lui-même. Fumer une cigarette de tabac, c’est inhaler 300% de monoxyde de carbone (CO2). L’arrêt du tabac provoque une sur-oxygénation du cerveau. C’est douloureux, mais la douleur disparaîtra d’elle-même en quelques jours. 

Les maux de tête surviennent aussi dans le cas d’un sur-dosage de nicotine. Un cas d’école : l’utilisation simultanée de la cigarette électronique et de substituts pharmaceutiques, tels que les patches, pastilles ou sirops. 

Le mal de tête peut aussi découler de la déshydratation causée par le vaporisateur personnel. Nous en reparlons plus bas. 

Que faire ? En cas d’un trop fort dosage de nicotine, deux options. Vous pouvez soit réduire l’apport de nicotine pharmaceutique, par exemple en coupant votre patch en 2 ou en 4 (sauf Niquitin). Soit adopter un liquide plus faiblement dosé en nicotine. Mais attention : ne baissez pas tout d’un coup ! On ne le répétera jamais assez : une dose importante de nicotine est essentielle pour réussir son sevrage. Avancez progressivement. 

Saignement des gencives et vapeur chaude

Pour satisfaire aux besoins de notre corps en nicotine, nous vapotons beaucoup plus souvent que nous ne fumions. C’est normal, c’est même très bien. Mais nos gencives se retrouvent exposées à une stimulation constante par de la vapeur chaude. Cela les fragilise et peut entraîner des saignements. 

Que faire ? Les solutions sont nombreuses. Côté dentaire, un médecin prescrira un dentifrice pour gencives fragiles, qui règle rapidement le problème. Côté cigarette électronique, vous pouvez faire baisser la température de votre vapeur de plusieurs façons. Utiliser une résistance de valeur supérieure, autour de 1,5 Ohm. Baisser la puissance de votre batterie. Utiliser un embout buccal, dit « drip tip », plus long (25 mm ou plus) et façonné dans une matière froide. Il en existe en téflon, en delrin, en pierre, en bois. Tous vous procureront une vapeur plus tiède que le métal et le plastique. En dernière instance, changez pour un atomiseur à « vapeur tiède ou froide » : une bonne boutique saura vous conseiller. 

Bouche sèche et propylène glycol

Vapoter déshydrate. C’est dû au propylène glycol et à la glycérine végétale, les deux composants principaux de votre liquide. 

Que faire ? Hydratez-vous ! Buvez régulièrement et abondamment, de l’eau en priorité. 

Aphtes, langue blanche, liquides et arômes

De nombreux vapoteurs sont surpris d’apprendre qu’il existe des différences de qualité entre les marques de liquides. Différences de qualité ? Autant qu’entre un restaurant étoilé et les pâtes au micro-ondes d’une chambre d’étudiant. 

Aphtes et langue blanche peuvent disparaître après une hydratation renforcée et un sevrage de quelques semaines qui rétablira l’équilibre de votre flore malmenée par le tabac. Toujours là ? Alors ils peuvent résulter d’un liquide de mauvaise qualité, d’arômes trop dosés ou mal choisis, ou bien de tout ça à la fois. 

Que faire ? Jetez votre flacon. Trouvez une boutique de bonne qualité, ou demandez conseil sur un forum internet. Réclamez une marque française (nous battons à plate couture les Américains dans ce domaine) avec pignon sur rue. Vous ne paierez pas plus cher pour un liquide produit par une marque sérieuse qui s’engage, noir sur blanc, pour l’innocuité sanitaire de ses liquides. 

Allergie au propylène glycol

Nous l’évoquions dans l’article sur la toux. De rares vapoteurs sont intolérants au « PG », le propylène glycol. Cette allergie se manifeste par une toux conjuguée à des maux d’estomac, une langue rouge, une sensation violente de brûlure. 

Que faire ? Arrêtez immédiatement de vapoter votre liquide habituel. Procurez-vous un liquide au « végétol », il s’agit de propylène glycol végétal. Si vos symptômes cessent, il est possible que vous soyez allergique au PG. Consultez un pneumologue ou un allergologue. 

Vapoter au travail : les 7 règles de la Loi Santé !

Les maux du sevrage

À ces désagréments s’ajoutent les conséquences communes à tous les sevrages tabagiques. 

Le coup de blues peut être violent. Anxiété, sensation de vide, irritabilité, épuisement physique. Il résulte du manque de nicotine, mais aussi de la privation des antidépresseurs contenus dans les cigarettes de tabac. Il survient 2 semaines à 3 mois après le début du sevrage. Une petite cure de magnésium, ou de chocolat, peut avoir des effets bénéfiques sur l’humeur et le tonus. Mais avant tout, entourez-vous de proches, parlez-en sur les forums de vapoteurs, pratiquez une activité physique modérée et au besoin, consultez. Il n’y a jamais de honte à demander de l’aide. 

Prise de poids, Troubles de la digestion : Tenez bon jusqu’à la semaine prochaine ! Nous aborderons ces questions dans un article consacré à la nutrition dans le cadre du vapotage.   

Les troubles du sommeil. Augmentez la dose de nicotine dans la journée, pour réduire les insomnies causées par le manque. Et optez, le soir, pour un liquide peu ou pas nicotiné, afin que l’effet excitant de la nicotine ne vous tienne pas éveillé. 

Gros soucis, grandes questions

Tout ceci semble assez bénin au regard des épouvantails agités dans la presse. Et le cancer ? Et si je suis enceinte ? Et la santé de mes proches, qui respirent ma vapeur toute la journée ? 

Pour résumer, aucune étude n’a fait la preuve de maladies graves causées ou aggravées par la cigarette électronique. 

Et toutes les études montrent que la vapeur que vous exhalez n’a aucun effet sur votre environnement – à part, il faut bien l’avouer, celui d’encrasser les vitres, écrans et pare-brises. Il n’existe ni de « vapotage de seconde main », comme chez les fumeurs qui empoisonnent leur entourage, ni d’« effet passerelle » qui conduirait au tabagisme les jeunes exposés à la vapeur. 

Grossesse et cigarette électronique

La fumée des cigarettes de tabac est nocive au fœtus dès le premier jour de sa conception. Nocif aussi, le stress causé par le manque. Tous les moyens qui vous permettent d’arrêter de fumer sont intéressants. En l’état actuel des connaissances, aucune nocivité de la cigarette électronique sur le fœtus n’a été mise au jour. 

Pour tout savoir sur la question, consultez ce document traduit en français par le professeur Jean-François Etter (Université de Genève), édité au Royaume-Uni par 21 associations et sociétés savantes sur l’usage de la vape chez les femmes enceintes : https://www.stop-dependance.ch/tabac/pdf/eCigSIPF.pdf  

Cancer : feu vert à la vape

L’INCA, c’est l’institut français du cancer. Quelle est sa position sur la cigarette électronique ? Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est sans équivoque. L’institut soutient sans réserves l’usage du vaporisateur personnel. Voyez cette courte vidéo. 

Oui, mais… et la nicotine ?

On nous a martelé sans relâche, depuis des décennies, que la nicotine était cancérigène.

Certes, à l’état pur, la nicotine est un poison. Certes, la nicotine est addictive. Mais aux doses présentes dans la cigarette, qu’elle soit de tabac ou électronique, la nicotine n’est pas votre pire ennemi. 

Ce qui est mortel dans le tabac, c’est le monoxyde de carbone (CO2) issu de la combustion. Associé à toutes les méchantes molécules de la cigarette de tabac, qu’elles soient ajoutées lors de la fabrication ou créées par réaction chimique lors de la combustion. 

En passant à la cigarette électronique, vous vous débarrassez du monoxyde de carbone et des horribles molécules. Vous conservez, pour un temps, la nicotine. Mais vous disposez en même temps du dispositif le plus efficace pour vous débarrasser de cette addiction, en douceur et sans manque. 

Vous ne nous croyez pas ? Écoutez Jacques Le Houezec, tabacologue spécialisé dans la nicotine, répondre à toutes les questions sur la nicotine, dans le cadre du Mois sans Tabac 2017. 

La compensation financière, un levier pour arrêter de fumer ?

Claire Dixsaut