Nous avons rencontré Laetitia Jorêt, gérante de la Pharmacie de l’Avenir à Orbec, petite commune qui compte environ 2150 habitants, près de Lisiers (Calvados). Elle dirige sa pharmacie depuis une dizaine d’années. Nous sommes allés à sa rencontre pour savoir ce qu’elle pense du rôle que joue la pharmacie dans l’accompagnement des patients.

Le pharmacien au premier plan de la médecine

Laetitia exerce sa profession en milieu rural, où elle vit la désertification médicale. De plus en plus, elle agit au premier plan pour les premiers soins des patients :
« les personnes ne vont plus voir leur médecin pour soigner une gastro-entérite, une rhino-pharyngite ou un rhume, ils vont directement à la pharmacie où on leur conseille ce qui est le plus adapté pour ces pathologies. Nous sommes également le 1er poste de secours : par exemple pour une plaie ouverte, les patients viennent directement nous voir. Et selon la gravité soit nous les prenons en charge, soit nous les dirigeons vers les urgences ».
Ces pathologies, traitées autrefois en amont par le médecin, ne sont plus la priorité des médecins. De plus en plus, les patients consultent leur médecin pour des pathologies plus sévères ou des pathologies qui demandent un arrêt maladie, ordonnance que ne peut délivrer un pharmacien.

À l’écoute du patient

Les pharmaciens ont le temps, se rendent disponibles pour leurs patients qui passent dans la journée pour se faire conseiller, là où un médecin ne peut accorder qu’un rendez-vous de 15 minutes par patient. Pour Laetitia, c’est sa son cœur de métier : « prendre le temps avec ses patients, les conseiller, les orienter et les écouter ».
La disponibilité, les pharmaciens l’ont du fait de leurs amplitudes horaires : les pharmacies sont généralement ouvertes de 9h30 à 19h30, 6 jours sur 7, sans compter les astreintes du dimanche et de la nuit.

Se faire vacciner par son pharmacien contre la grippe ? C’est désormais possible !

L’expérimentation de la vaccination à l’officine démontre le rôle principal des pharmacies dans l’action médicale. L’article 66 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2017 permet la conduite d’expérimentations relatives à la vaccination contre la grippe saisonnière par les pharmaciens d’officine. En clair, une personne adulte peut se faire vacciner contre la grippe directement à la pharmacie !

Cette expérimentation d’une durée de 3 ans s’effectue actuellement dans les régions Auvergne Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine. Cela représente une population de 11 millions d’habitants avec différents profils de territoires (surdensité médicale/déserts médicaux, zones urbaines et rurales, zones montagneuses) et environ 5 000 pharmacies.

Si les pharmacies sont bien placées pour argumenter en faveur de l’importance des vaccins, Laetitia s’interroge malgré tout sur le réel intérêt des pharmacies dans la vaccination : les pharmaciens ne sont pas formés pour effectuer l’acte de vaccination, même s’ils en connaissent la théorie. Selon elle, les infirmières auraient également un grand rôle à jouer pour améliorer la couverture vaccinale en France.

Qui est le véritable référent ? Le médecin ou le pharmacien ?

Pour résumer, oui, les pharmacies jouent un rôle de premier plan dans l’accompagnement des patients pour leur soin médical. Néanmoins, malgré leurs études de pharmacie, leur relation avec la patientèle (qui parfois dure depuis des dizaines d’années), leur disponibilité, le médecin restera le référent. Dans l’esprit des patients, le médecin aura toujours le dernier mot, et s’il conseille un produit, les patients auront tendance à suivre ses conseils plutôt que ceux du pharmacien. C’est là une des limites de la profession de pharmacien : ils sont également commerçants. Même si l’objectif premier de la règle déontologique est de protéger l’intérêt du public et de garantir que l’intérêt du patient prime toujours sur celui du pharmacien, les patients peuvent être méfiants sur les conseils prodigués par le pharmacien. Et le médecin aura donc la primeur sur le pharmacien, car sans intérêt financier.

Sources

– Ordre National des Pharmaciens, Expérimentation de la vaccination à l’officine.
– Ordre National des Pharmaciens, Code de déontologie.

Raphaelle Santarelli

0 réponses à “Le pharmacien et ses missions de demain”

  1. […] « Un médicament dispose d’une date de péremption. Au-delà, le médicament conserve 90 % de son principe actif, à condition que la qualité du médicament soit intacte. » En effet, si vous n’avez pas conservé le médicament à l’abri de la lumière ou dans son emballage d’origine, le principe actif du médicament peut s’en trouver altéré. En revanche, s’il s’agit d’un antibiotique, mieux vaut demander l’avis à votre pharmacien. […]

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