En décembre 2017, le journal Le Monde titrait : « Consulter un gynécologue : le grande galère », en mars 2018, Le Quotidien du Médecin parlait de « pénurie de gynécologues médicaux ». Le nombre de gynécologues, on l’aura compris, a baissé. Pourquoi en est-on arrivé là ? Quelles sont les solutions ? et surtout quelles sont les conséquences, et particulièrement sur la santé des patientes ?

Tout d’abord rappelons que la gynécologie médicale consiste en la prise en charge de tous les problèmes gynécologiques pendant toute la vie d’une femme (contraception, éducation, prévention…). La gynécologie obstétrique désigne toutes les interventions en rapport avec la grossesse, qu’il s’agisse de la femme enceinte ou de son fœtus.

Un effectif en baisse, une moyenne d’âge en hausse

En 2017, l’Assurance-maladie enregistrait une chute du nombre de gynécologues médicaux de 41,6% en 10 ans, laissant un total de 1136 gynécologues pour 28 millions de femmes âgées de plus de 16 ans. Si on ajoute à cela, la conséquence de l’arrêt de la formation en 1987, cela fait une population de gynécologuse restreinte et âgée.

peut-on vivre sans gynécologue ?

« La moyenne d’âge des gynécologues médicaux est de 58 ans, voire 61 ans dans certains départements », alerte Marie Stagliano, coprésidente du Comité de défense des gynécologues médicaux (CDGM). Même si le numerus clausus a augmenté d’une vingtaine de médecins formés à une cinquantaine par an, cela ne suffit pas à « renouveler les effectifs de la spécialité », déplore-t-elle.

Les sages-femmes

C’est ainsi que l’Etat, avec les lois relatives à la politique de santé publique de 2004 et 2009 a élargi les compétences des sages-femmes. Celles-ci se chargeaient à l’origine uniquement du suivi des grossesses et de l’accouchement. Aujourd’hui, elles peuvent effectuer une déclaration de grossesse, prescrire toute forme de contraception et réaliser le suivi gynécologique (frottis, palpation des seins…). Actuellement, « 21 000 sages-femmes sont en activité en France, dont 5 000 travaillent en libéral. Leur présence importante sur le territoire assure un accès plus large à la prévention des pathologies et à la contraception », selon Marie-Josée Keller, Présidente de l’Ordre national des Sages-Femmes. Mais attention, l’Association nationale des sages-femmes libérales (ANSFL) précise qu’en cas de pathologie, elles adressent les patientes à leurs confrères généralistes ou spécialistes.

Les médecins généralistes

En parallèle, les médecins généralistes peuvent eux aussi pallier à ce manque de gynécologues. Selon MG France (le syndicat des médecins généralistes) « les médecins généralistes réalisent aujourd’hui la majeure partie des actes de soins apportés aux femmes notamment en matière de gynécologie et de prévention (prescriptions de contraception, de mammographies, la réalisation de frottis cervico-utérin)… »

90 % des médecins généralistes assurent « tout ou partie du suivi gynécologique » de leurs patientes et sont très attachés à ce volet de leur activité.

Cette situation de déficit entraine un dépassement d’honoraires de la part des gynécologues. Selon un sondage réalisé par l’Union régionale des médecins libéraux (URML) de Normandie, 61,5 % des gynécologues pratiquent le dépassement d’honoraires, alors que 95 % des médecins généralistes exercent sans pratiquer de dépassements d’honoraires.

Et le suivi des patientes ?

Si on étudie les chiffres, la survie suite à un cancer du sein augmente, « elle est passée de 80 % pour les femmes diagnostiquées entre 1989 et 1993 à 87 % pour celles diagnostiquées entre 2005 et 2010. Le taux de mortalité diminue d’année en année. Cela s’explique en partie par l’amélioration des traitements et par un dépistage du cancer du sein de plus en plus adapté au niveau de risque de chaque femme, qui permet de diagnostiquer ces cancers à un stade précoce », selon le site e-cancer.fr.

Le taux d’ablation de l’utérus des femmes en France est de 7 %, pour une moyenne de 30 % en Europe et de 40 % aux États-Unis. Ajoutons enfin que le taux de césarienne qui, au Brésil est de 85 % et de 60 % en Asie du sud-est ou en Afrique (pour les chiffres les plus élevés). Il est, en revanche, très faible en France, selon le Pr Israel Nisand (gynécologue obstétricien, Strasbourg): « La France est aujourd’hui autour de 20 % de césariennes ce qui montre la qualité du travail des obstétriciens et des sages-femmes de notre pays ».

Sources

Le Monde.
Le Quotidien du Médecin.
Essentiel Santé Magazine.

Léa Coulanges

0 réponses à “Peut-on vivre sans gynécologue ?”

  1. […] professionnels sont compétents dans le suivi gynécologique des femmes en bonne santé : le médecin généraliste, le gynécologue et la sage-femme (appelé […]

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