Le premier ministre, Edouard Philippe, a clôturé hier les Etats généraux de l’alimentation dont il avait donné le coup d’envoi le 20 juillet. Les principaux enjeux  ? Assurer un revenu décent aux agriculteurs et répondre aux attentes des consommateurs, soucieux de préserver leur santé.

Premier bilan plutôt positif

Presque tous les acteurs – représentants des agriculteurs, des industriels, de la distribution, associations de consommateurs et responsables politiques – ont joué le jeu. Se cacher derrière le consommateur qui voudrait des prix toujours plus bas n’est plus de mise. Serge Papin, patron de Système U, a d’ailleurs déclaré que les fortes marges perçues par les distributeurs sur les produits agricoles et les faibles marges perçues sur les produits de grande consommation sont « la base de l’injustice que vit le monde agricole aujourd’hui ». « Le Nutella est subventionné par la pomme Royal Gala », a-t-il résumé.

Concrètement

Il s’agirait d’inclure dans le prix d’achat les frais de mise en marché. Relever ainsi le seuil aurait deux effets : payer plus cher les produits aux fournisseurs et aux agriculteurs et augmenter la marge des distributeurs tout en tenant compte de leurs frais. A priori, la mesure contente tous les acteurs.

Pour autant, l’association UFC-Que Choisir a publié une étude dans laquelle elle estime qu’un relèvement du seuil de revente à perte à hauteur de 15%, « se traduirait dès 2018, par une hausse des prix de 1,4 milliard d’euros, soit +2,4 % sur les rayons concernés ». « Celle-ci concernera d’abord les produits de grande marque, qui servent de produit d’appel aux distributeurs et sont donc régulièrement vendus à marge faible », ajoute l’UFC-Que Choisir. L’association s’appuie sur une analyse de la dernière période de relèvement, entre 1996 et 2006-2008 en France, qui « avait conduit à une inflation des produits alimentaires huit points plus élevée en France que dans les autre pays d’Europe de l’Ouest » et « était d’abord venue nourrir les marges de la grande distribution, qui avaient augmenté de près de 54 % entre 1996 et 2002 ».

L’UFC-Que Choisir explique également que les retombées pour les agriculteurs seraient « hypothétiques ». En effet, les produits alimentaires non transformés, comme les fruits et légumes, la viande et le poisson, ne seraient pas concernés par le relèvement du seuil. Mais surtout, « dans l’hypothèse où les distributeurs achèteraient plus cher leurs produits aux industriels », les agriculteurs devraient encore « compter sur la bonne volonté des gros industriels de l’agroalimentaire pour augmenter d’eux-mêmes leurs prix d’achat des matières premières agricoles ».

Place aux actes

Autrement dit, obliger les distributeurs à vendre plus cher n’est pas une garantie d’amélioration du revenu des agriculteurs. Elle n’est pas non plus une certitude pour le consommateur d’acheter au prix actuel, voire un juste prix.

Par ailleurs, le gouvernement répond aux défenseurs du bien-être animal par un article de loi visant à étendre les sanctions pénales pour maltraitance aux animaux d’élevage dans les abattoirs et lors du transport. Enfin, pour lutter contre le gaspillage alimentaire, l’obligation de dons faite aujourd’hui à la distribution serait étendue à l’industrie et à la restauration collective à partir d’une certaine taille.

Quant à la question du lien entre alimentation et santé, elle est conditionnée au futur Programme national nutrition santé (PNNS) et au Programme national pour l’alimentation (PNA), en cours d’élaboration par le ministère de la santé.

Restons vigilant quant à la suite donnée à toutes ces questions, essentielles pour notre alimentation et notre santé.

 

0 réponses à “Aux armes citoyens ! Après les Etats généraux de l’alimentation, tout reste (encore) à faire !”

  1. […] : Quelles autres propositions des États Généraux de l’Alimentation font partie du projet de loi sur l’alimentation […]

Laisser un commentaire

Bienvenue
Inscrivez-vous à notre newsletter, afin de recevoir toutes vos actualités.