Le mois d’octobre est le mois consacré, partout dans le monde, à la sensibilisation au cancer du sein. Pourquoi ? Parce que chaque année, environ 1.5 millions de nouveaux cas sont décelés dans le monde. Et plus de 460 000 personnes en meurent. En France, une femme sur huit développe un cancer du sein au cours de sa vie. En 2015, plus de 54 000 nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués en France et plus de 11 000 décès ont été recensés. Le cancer du sein est le premier cancer chez la femme, que ce soit dans les pays développés ou en cours de développement. Ce mois offre donc la possibilité d’attirer l’attention de la population mondiale sur ce cancer et d’augmenter le dépistage. Il favorise également les différents types d’accompagnements pour les personnes déjà malades.

Pourquoi octobre rose ?

Le symbole de ce mois d’octobre, en référence au cancer du sein, est le ruban rose. Tout a commencé en 1985, lors d’un partenariat entre deux sociétés américaines : l’American Cancer Society et la société Imperial Chemical Industries.

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Pourquoi octobre ? Ce mois a été choisi sachant que d’autres mois sont déjà associés à d’autres types de pathologies (janvier : Alzheimer, novembre : cancer de la prostate, etc..).

Pourquoi le rose ? Le rose aurait été proposé dans les années 1990, par la société Estée Lauder. Le rose évoque une couleur féminine, douce, joyeuse et qui évoque la bonne santé, tout l’inverse de ce cancer du sein.


Pourquoi un ruban ? Aux Etats-Unis, le ruban est un symbole d’expression et de solidarité. Le premier ruban fut jaune, en signe de protestation contre des otages en Iran. Puis vint le tour du ruban rouge créé pour soutenir les personnes atteintes du SIDA en 1992, suivi ensuite ce fameux ruban rose, en référence au cancer du sein dans la même décennie.

Si vous souhaitez anticiper des dépenses liées à un potentiel cancer du sein :

Cancer du sein et prévoyance

 

Dépistage : où en est-on ?

Le 6 avril 2017, le ministère de la Santé a proposé une série de mesures pour faciliter l’accès au dépistage du cancer de sein, améliorer l’information au grand public, mieux former les professionnels de santé, ainsi qu’une meilleure qualité de la prise en charge lors du dépistage. L’objectif est de mieux garantir la santé des femmes. Des consultations gratuites ont également été proposées :

·         Une consultation dédiée à la prévention du cancer du sein à 25 ans pour toutes les femmes.

·         Puis une seconde à 50 ans avant d’initier le suivi déjà établi par le système du dépistage organisé.

Le dépistage s’organise de la façon suivante :

·        À 25 ans : une consultation dont l’objectif est de sensibiliser les jeunes femmes aux dépistages de tous types de cancers. C’est l’occasion d’informer ces jeunes femmes, notamment sur le dépistage du cancer du sein, du col de l’utérus, et du côlon et de les sensibiliser sur les facteurs de risques de ces cancers (tabac, alcool, activité physique, hygiène de vie).  Ce rendez-vous sera intégralement pris en charge par l’Assurance-maladie dès le 1er janvier 2018.

·        À 50 ans : une consultation pour la prévention et le dépistage, en tenant compte de l’histoire personnelle de la femme, de ses antécédents et en prenant en compte ses facteurs de risque.  L’échographie prescrite si nécessaire en complément de la mammographie, sera réalisée sans dépassement d’honoraires à compter du 1er janvier 2018.

Par ailleurs, selon vos antécédents, il est recommandé :

·        Entre 25 et 49 ans : si vous avez des antécédents de cancer du sein, vous devez effectuer un examen annuel auprès de votre médecin traitant, votre gynécologue ou bien votre sage-femme.

·        Entre 50 et 74 ans : une mammographie est conseillée tous les 2 ans (prise en charge à 100 % par la sécurité sociale) avec double cliché du sein et double lecture, ainsi qu’un examen annuel auprès de votre gynécologue, médecin traitant ou sage-femme. Des échographies seront réalisées sans dépassement d’honoraires.

·        Pour les plus de 74 ans : réalisez un examen clinique des seins tous les ans (palpation) en consultant votre médecin généraliste ou votre gynécologue.

Quel que soit votre âge, n’hésitez pas à consulter si vous présentez une grosseur sur vos seins ou aisselles, ou une anomalie sur votre poitrine  (écoulement de liquide, rétractation du mamelon par exemple).

Une remise en question du dépistage

Le risque de ce type de suivi est de passer à côté de cancers fulgurants entre deux mammographies. Depuis 2004, dix millions de femmes se sont vues proposer le dépistage par mammographie tous les deux ans.  Pour 100 000 femmes suivies durant dix ans, le dépistage évite 150 à 300 cancers du sein. Mais le revers de ce dépistage est que les radiations liées à la mammographie peuvent induire 1 à 10 décès. De même, le dépistage peut induire des faux positifs. Cette mammographie est souvent mal vécue par la femme, car anxiogène.

En 2015, le ministère de la Santé a lancé une consultation citoyenne auprès des femmes et professionnels de santé basée sur une étude nordique. Cette étude montre qu’il existe des femmes diagnostiquées à tort. L’idée de remettre en question la mammographie reste encore un sujet très controversé. Il n’en reste pas moins qu’à l’heure actuelle, c’est le principal moyen de dépister et qu’il faut consulter régulièrement votre médecin ou gynécologue.

Vers de nouveaux outils de dépistage

L’objectif est de dépister mieux mais moins : c’est l’objectif du MammoRisk, un logiciel testé aux Etats-Unis et en France, notamment à l’Institut Gustave Roussy (IGR) ou chez des praticiens pilotes.  L’idée, c’est d’aider le médecin à identifier les femmes à très haut risque et à qui un dépistage renforcé serait utile, explique le docteur Delaloge, chef du comité de pathologie mammaire à l’IGR. Ce logiciel s’appuie sur 4 paramètres :

– Densité du sein mesurée par une mammographie
– L’histoire médicale familiale de la patiente
– L’âge
– Existence ou non d’une biopsie mammaire, quel que soit le résultat

Il s’agit donc là d’un outil statistique qui se personnalise selon les données de la patiente pour établir un score de risque individualisé.  Un outil de big data, qui aide à la décision pour éviter des analyses complémentaires inutiles.

Et en 2018, des nouveautés concernant le dépistage ?

Eh bien oui ! Plus de 80 000 femmes vont participer dès cet hiver au dépistage personnalisé via l’étude intitulée « MyPeBS » (personalising breast screening). Parmi cette cohorte, près de 20 000 Françaises seront concernées. Ce dépistage a pour dessein d’améliorer l’évaluation des risques de chaque femme de développer un cancer du sein. En effet, à ce jour le dépistage personnalisé n’existe pas, sauf chez les femmes ayant un très haut risque génétique de cancer. Le dépistage personnalisé va donc estimer le risque encouru par chaque femme de développer un cancer dans les années à venir. En cas de risque élevé, la patiente devra faire des examens plus réguliers. Pour rappel, le risque de cancer du sein est calculé selon l’âge des patientes, de leurs antécédents familiaux, d’un test salivaire et de la densité du sein. A contrario, une femme chez qui le risque est faible aura moins de tests de dépistage.

Pour découvrir ce (très) beau projet qui souhaite redonner le sourire aux femmes ayant perdu leurs cheveux :

La frange et le turban pour ne plus voir le cancer dans le miroir

Raphaëlle Santarelli

0 réponses à “Octobre Rose : où en est-on du dépistage du cancer du sein ?”

  1. […] – Pour certains cancers du sein, le cancer du col de l’utérus ou encore le mélanome de la peau, le délai est fixé à 1 an […]

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