« On a modélisé un robot ayant un comportement de très jeune enfant, diabétique et qui a besoin d’insuline. »

A l’origine du projet, Lola Cañamero, directrice du Laboratoire EECAiA (pour « émotions incorporées, cognition et [inter]action ») à l’université d’Hertfordshire (Grande-Bretagne), une « pointure » dans la modélisation des émotions.

University of Hertfordshire researcher Dr Lola Canamero. Robots with emotions. Photographer Pete stevens

Le Docteur Lola Canamero et son robot ROBIN. Photographie Pete stevens

Robin contre le diabète

« Ce robot a un comportement de très jeune enfant. Il est diabétique et a besoin d’aide pour se soigner, c’est-à-dire recevoir de l’insuline » explique le Docteur Lola Cañamero. De fait, Robin – diminutif de ROBot INfant – va évoluer avec des ­enfants récemment diagnostiqués diabétiques. Sa mission va consister à leur délivrer une éducation thérapeutique, en leur donnant des responsabilités dans un environnement ludique.

Agés de 6 à 12 ans, les jeunes patients sont invités à jouer dans la chambre de Robin. Ils doivent s’occuper de lui s’il a des problèmes. L’enfant joue alors le rôle de l’adulte responsable. Il doit déceler les symptômes et connaître les remèdes. Ainsi, chaque enfant développe un lien affectif avec ce robot, tout en pensant à lui.

A l’heure actuelle, il n’existe pas encore d’étude à grande échelle, susceptible de démontrer qu’avec Robin, les enfants prennent mieux leur traitement. Cependant, les premiers résultats observés sont très prometteurs.  « Robin est très affectif. les enfants veulent immédiatement l’embrasser, l’entourer de leurs bras, le prendre par la main pour l’emmener en promenade. » confie le Docteur Lola Cañamero. On essaie de renforcer ce que l’enfant fait bien, cela lui donne confiance en ses capacités.

Un robot bio-inspiré

De fait, les chercheurs ont beaucoup travaillé sur « l’influence des émotions sur la prise de décision et l’apprentissage. L’idée était de modéliser, dans un robot, le développement d’un enfant, à travers son attachement à d’autres individus, grâce au phénomène d’empreinte. »

Une montre pour les enfants ? Oui, mais une montre au service de leur santé !

En effet, l’intelligence émotionnelle artificielle (AEI) pourrait sembler inutile pour un projet de santé. A ceci près, que les émotions « sont un composant essentiel des rapports humains et qu’elles affectent à peu près tout ce que nous faisons : notre façon de penser, de nous déplacer, de regarder les choses… »

Actuellement, le coût d’un tel robot est de 5800 euros. Espérons que les financements en cours permettront de valider les travaux du EECAiA et que les enfants diabétiques auront bientôt un nouveau copain de jeu.

Sources

www.emotion-modeling.info/robin

 

 

LQDP