Les actes de chirurgie bariatrique ne se font pas toujours dans les règles de l’art. Les résultats sont mitigés d’un établissement à un autre. C’est le résultat d’une récente étude de la HAS (Haute Autorité de la Santé). Enquête sur la qualité et la sécurité des patients en préopératoire d’une chirurgie bariatrique.

7 indicateurs pour évaluer la qualité et la sécurité des patients en préopératoire

En 2009, la HAS a établi 7 indicateurs de qualité et de sécurité pour la prise en charge pré-opératoire des patients.
451 établissements ont recueilli les données nécessaires pour le calcul de ces indicateurs.
19 403 dossiers de chirurgies bariatriques réalisées en 2016 ont été analysés.

Voici ces 7 indicateurs :

1. l’évaluation et la prise en charge des principales comorbidités ;
2. le bilan œsogastroduodénal par endoscopie ;
3. le bilan nutritionnel et vitaminique ;
4. l’évaluation psychologique et psychiatrique ;
5. la stratégie de prise en charge décidée lors d’une concertation pluriprofessionnelle ;
6. la communication au médecin traitant de la décision  pluriprofessionnelle ;
7. la qualité de l’information préopératoire du patient.

Surpoids et obésité : quelles différences ?

Pour 3 patients sur 10, la prise en charge préopératoire est insuffisante

Si les indicateurs semblent bien suivis individuellement, le suivi global des indicateurs n’est pas entièrement satisfaisant. Les résultats sont les suivants :

7 patients sur 10 :
– disposent d’une stratégie chirurgicale discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire
– bénéficient d’une réunion de concertation communiquée au médecin traitant pour une prise en charge coordonnée

8 patients sur 10 :
– font un bilan complet des principales comorbidités
– reçoivent les informations minimales primordiales à la réussite à long terme de ce type de chirurgie
– font un bilan biologique nutritionnel et vitaminique

9 patients sur 10 :
– bénéficient d’un bilan endoscopique
– effectuent l’évaluation psychologique et psychiatrique

Si ces résultats semblent satisfaisants, la prise en charge dans sa globalité reste à améliorer.

3 patients sur 10 ne bénéficient pas de bilan complet des comorbidités, endoscopique, d’évaluation psychologique/psychiatre, bien que ces critères soient jugés comme primordiaux pour la pertinence de l’acte chirurgical. Et 5 patients sur 10, seulement, ont leur dossier communiqué à leur médecin traitant.
Ces deux derniers points montrent qu’il y a encore des pistes à améliorer pour le patient et lui assurer ainsi une meilleure prise en charge.

Des différences de prise en charge d’un établissement à l’autre

Par ailleurs, des différences importantes sont à noter selon les établissements. Zoom sur 3 indicateurs.

Il faut mieux aller dans un établissement de santé spécialisé pour faire le bilan des principales comorbidités. 83% de résultat moyen contre 73 % pour les autres établissements de santé. Même constat pour la communication de la décision issue de la RCP au médecin traitant : 73 % contre 59 %. L’indicateur décision issue d’une réunion de concertation pluridisciplinaire – niveau 1 confirme les chiffres précédents : 81 % contre 72 %.

Sources

HAS : Satisfaction des patients hospitalisés & résultats 2017 qualité et sécurité des soins dans les hôpitaux et cliniques en France
HAS : Qualité de la prise en charge de la chirurgie de l’obésité, 2017

Raphaelle Santarelli

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