Notre microbiote intestinal communique avec notre cerveau et joue un rôle sur notre anxiété, notre stress, etc. Des modifications du microbiote sont même observées entre les personnes atteintes de dépression et celles qui n’en souffrent pas. Une étude belge vient nous en dire un peu plus sur le lien entre dépression, microbiote intestinal et qualité de vie…

Un projet flamand d’étude du microbiote intestinal

En se basant sur les données collectées auprès d’un millier de Belges, les chercheurs de cette équipe se sont intéressés aux personnes avec un diagnostic de dépression. Ils ont ainsi collecté des données sur leur traitement antidépressif, leur qualité de vie, et bien sûr leur microbiote intestinal.
L’originalité de leur analyse réside dans le fait qu’ils ont cherché à relier ces différents composants (qualité de vie, dépression, microbiote intestinal) mais également à intégrer la prise ou non d’un traitement antidépressif pour établir une vue complète plus complète du sujet.

Microbiote intestinal, cerveau et dépression : et si tout était lié ?

Le microbiote, élément central dans la dépression

À l’issue de cette analyse, on relève plusieurs observations intéressantes :

1- Les personnes dépressives ont une moins bonne qualité de vie (on s’en serait douté mais c’est bien de le prouver scientifiquement !)

2- Certaines familles de bactéries sont associées positivement ou négativement à la qualité de vie :
• Les bactéries des genres Faecalibacterium, Coprococcus, et dans une moindre mesure Dialister, sont plus représentées quand la qualité de vie est bonne. Ceci est cohérent avec des observations précédentes qui liaient Faecalibacterium et Coprococcus à l’inflammation intestinale et à la dépression dans les cas de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

Microbiote intestinal et MICI : et si tout était lié ?

• Les bactéries du genre Flavonifractor sont à l’inverse le reflet d’une qualité de vie dégradée. Ce genre bactérien est par ailleurs prédominant chez les patients dépressifs.

3- Le traitement antidépressif est un facteur de confusion important dans les analyses portant sur la dépression et le statut de ces patients. Ainsi, en intégrant ce paramètre dans l’analyse, seuls les genres Coprococcus et Dialister seraient associés au statut dépressif d’une personne, qu’elle soit ou non sous traitement.

Le microbiote intestinal, un axe de travail pour lutter contre la dépression ?

Face à ce constat, les auteurs envisagent la piste du traitement par probiotiques : les genres Coprococcus et Dialister étant associés à la fois à la qualité de vie et à la dépression, ils pourraient constituer d’intéressants psychobiotiques, à savoir des probiotiques ayant un effet bénéfique sur la santé des personnes souffrant de maladies psychiatriques.

Source

Valles-Colomer M, Falony G, Darzi Y, Tigchelaar EF, Wang J, Tito RY, Schiweck C, Kurilshikov A, Joossens M, Wijmenga C, Claes S, Van Oudenhove L, Zhernakova A, Vieira-Silva S, Raes J., The neuroactive potential of the human gut microbiota in quality of life and depression., Nat Microbiol., Février 2019.

Béatrice Février