Pourquoi ces œstrogènes – molécules qui, à l’état naturel, sont des hormones sexuelles – ont un impact sur notre microbiome, c’est-à-dire le génome microbien ? Explications.

Les œstrogènes chamboulent-ils notre microbiote intestinal ?

La réponse est sans appel : oui ! C’est la conclusion d’une récente étude sur le lien entre microbiote et prise d’œstrogène. En effet, celle-ci, sur le long terme, modifie l’action des bactéries intestinales.
De plus, ce chamboulement du microbiome modifie, à son tour, l’activité œstrogénique en modifiant leur métabolisme et en affectant leur efficacité. Ce constat est paticulièrement inquiétant quand on sait que plus de 55 % des françaises utilisent la pilule comme moyen de contraception.

Certains médicaments en cause dans l’altération du microbiote ?

L’impact sur la diversité de certaines souches microbiennes

Cependant, les résultats de cette étude révèlent des résultats non homogènes. La diversité du microbiote des souris avec un traitement hormonal et des souris-témoins (sans thérapie hormonale) ne présente pas de différence.
En revanche, on observe une baisse de certaines familles microbiennes, notamment celles des Akkermansia, familles qui auraient des propriétés anti-inflammatoires, chez l’homme.

Quel est le rôle des probiotiques ?

La pilule contraceptive ainsi que les traitements hormonaux de substitution, utilisés à la ménopause par exemple, désignent les femmes comme les principales concernées par ce phénomène.
Dans ce contexte, afin de limiter l’effet perturbant des œstrogènes sur le microbiote intestinal, l’utilisation de probiotique pourra se justifier. L’objectif est de modifier la demi-vie et les propriétés des œstrogènes afin que les patients puissent profiter de tous les bénéfices de l’œstrogénothérapie sans risquer une augmentation du risque de cancer.

Tout savoir sur les probiotiques

Et les pertubateurs endocriniens ?

Effectivement, la question se pose ! Les populations exposées aux perturbateurs endocriniens (qui, comme les œstrogènes, sont des molécules qui miment les hormones sexuelles femelles) voient-elles également leur microbiote pertubé ?
En effet, nous savons, par exemple, que le bisphénol A (reconnu perturbateur endocrinien par l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) en juin 2017) a un impact sur la perméabilité intestinale et sur les types de jonctions entre cellules. Il est donc fort probable que l’on décèle prochainement un impact sur le microbiote !

Bien que ces résultats restent encore à l’état expérimental, ils offrent un aperçu de l’impact de l’œstrogénothérapie sur les patientes. Affaire à suivre donc !

Sources

Les Françaises utilisent-elles un contraceptif adapté à leur mode de vie ?
L’hormonothérapie.
Les liens entre microboite intestinal et thérapie hormonale.
Bisphenol, l’intestin ne serait pas épargné. Travaux de recherche d’une équipe toulousaine de l’INRA, menée par Éric Houdeau, chercheur INRA au laboratoire de neuro-gastroentrologie et nutrition à Toulouse (Toxalim).

Raphaelle Santarelli

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