C’est une première ! Une étude de l’université Concordia (Montréal) vient de démontrer que le bilinguisme permettrait au cerveau de compenser les effets néfastes de la maladie d’Alzheimer en le rendant plus dense.

L’étude a utilisé « des données d’IRM complète à haute résolution du cerveau et des techniques d’analyse sophistiquées pour mesurer l’épaisseur du cortex et la densité des tissus dans certaines zones du cerveau » chez des patients souffrant d’Alzheimer ou de trouble cognitif léger, susceptible d’entraîner Alzheimer. La recherche s’est notamment portée sur « les zones de contrôle liées au langage et à la cognition dans les régions frontales du cerveau », zones qui s’atrophient chez les personnes souffrant de trouble cognitif léger ou d’Alzheimer.

La densité de la matière grise plus importante chez les personnes bilingues

Certains participants à l’étude maîtrisaient parfaitement au moins deux langues, alors que d’autres non. Sur 68 personnes atteintes de trouble cognitif léger, la moitié ne parlait qu’une langue et l’autre au moins deux langues. Au sein de ladite étude, la moitié des 26 personnes souffrant d’Alzheimer étaient également bilingues.

Et donc ? Les auteurs de cette étude ont découvert que le « bilinguisme fait appel à des régions spécifiques du cerveau et peut accroître l’épaisseur du cortex ainsi que la densité de la matière grise ». Les résultats indiquent que « parler plus d’une langue s’inscrit parmi les nombreux aspects du mode de vie qui contribuent à la réserve cognitive ». Les personnes bilingues seraient donc en mesure de « compenser la perte de tissus liée à la maladie d’Alzheimer, car elles accèdent à d’autres réseaux ou régions du cerveau pour traiter la mémoire. »

Il ne vous reste plus qu’à vous lancer dans des cours particuliers d’anglais ou mieux, prendre un aller-simple pour New-York !

Source

– H. D. Duncan et al., « Structural brain differences between monolingual and multilingual patients with mild cognitive impairment and Alzheimer disease: Evidence for cognitive reserve« , Concordia University, février 2018.

Jonathan Epaillard