Notre alimentation a un rôle à jouer dans la prévention du cancer. Mais savez-vous qu’elle est essentielle aussi pendant un cancer ? Vous ignorez le lien entre cancer et dénutrition, on vous explique tout !

Moins d’appétit…

Le cas est classique : les personnes atteintes d’un cancer réduisent spontanément leur consommation alimentaire, sans que cela soit forcément volontaire. Plusieurs facteurs sont mis en cause parmi lesquels une perte d’appétit, des troubles du goût et des troubles du transit (diarrhée, vomissement, etc.). Ces derniers sont dus aux traitements, un syndrome dépressif, les hospitalisations, ou plus simplement une gêne liée à la tumeur.

Pour en savoir plus : Quelle alimentation pour minimiser les risques de cancer ou bien de rechute ?

…mais des besoins accrus

En présence d’une tumeur maligne, les besoins en énergie de l’organisme augmentent. L’une des explications est que les cellules de la tumeur détournent une partie de l’énergie pour leur propre croissance.

L’équation est ensuite simple : avec des besoins en énergie plus importants mais non couverts par les apports alimentaires, une dénutrition s’installe et la personne perd du poids.

La dénutrition, point critique dans la prise en charge du cancer

En France, une étude réalisée simultanément dans plusieurs centres hospitaliers en 2012 a permis de faire le point sur la situation. A l’époque, l’enquête Nutricancer 2 avait montré que 39% des personnes prises en charge pour un cancer étaient considérées comme dénutries (c’est-à-dire avec un Indice de Masse Corporelle <18.5 kg/m² et/ou une perte de poids > 5% en un mois ou 10% en 6 mois). Ce chiffre était le même que celui relevé 7 ans plus tôt lors de la 1ère enquête Nutricancer. Pas d’évolution mais des données encourageantes : en 2012, les patients pour lesquels une dénutrition était diagnostiquée bénéficiaient d’une meilleure prise en charge alimentaire.

La lutte contre la dénutrition…

Selon les situations et les personnes, plusieurs approches sont envisageables. La priorité va toujours à l’alimentation du patient : maintenir cette alimentation, la stimuler, et l’enrichir pour être sûr de couvrir les besoins. Les conseils diététiques sont essentiels pour adapter au mieux l’alimentation à la personne, ses goûts et ses envies.

Pour vous accompagner : Bien manger pendant un cancer, c’est possible

« Alimentation et cancer, Comment s’alimenter pendant les traitements ? », brochure éditée par la Ligue contre le cancer, téléchargeable sur le site www.ligue-cancer.net

Les Compléments Nutritionnels Oraux

Lorsque les apports ne suffisent pas, des Compléments Nutritionnels Oraux peuvent être proposés. Concentrés en énergie et en protéines, ils apportent un maximum de nutriments et d’énergie dans un format minimal. Enfin, des solutions de nutrition dite « artificielle » sont parfois nécessaires. Dans ce cas particulier d’alimentation, on administre les nutriments par une sonde directement dans le tube digestif (« nutrition entérale ») ou dans les veines (« nutrition parentérale »). Toutes ces solutions proviennent du médecin en concertation avec l’équipe soignante.

Prolonger la lecture : Tout savoir sur les Compléments Nutritionnels Oraux.

…et ce que le patient y gagne

Or, cette importance accordée à l’alimentation n’a pas pour objectif de « nourrir » la tumeur, mais de fournir suffisamment d’énergie à l’organisme pour lutter contre elle. Un bon état nutritionnel permet ainsi au patient de :
– mieux supporter ses traitements,
– maintenir son état physique,
– améliorer sa récupération après une opération,
– réduire les complications et les hospitalisations.

Et globalement améliorer sa qualité de vie et son pronostic.

Alors ensemble, patients, proches et aidants, et personnel soignant, luttons contre la dénutrition. Et souhaitons qu’une 3e enquête Nutricancer nous en donne des signes encourageants !

Et aussi : 2 millions de personnes souffrant de dénutrition en France.

 Sources

– Hébuterne X. et al., « Evolution de la prévalence de la dénutrition et de sa prise en charge chez malades atteints de cancer en France », 2014. Poster présenté lors du congrès de la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie.
– Bouteroue C., « Adénocarcinome du bas œsophage », 2014.
– Hébuterne X., « Nutrition chez l’Homme malade atteint de cancer : des évidences et des recommandations », 2015.
– « Malnutrition des sujets atteints de cancer : où en est-on en France ?  », Univadis.
– Site de La Ligue contre le Cancer, page «  La dénutrition : quand manger n’a plus de goût »

Béatrice Février