C’est un vrai cauchemar pour des millions de personnes dans le monde (2% des adultes et de 5% des enfants) qui sont obligées de scruter attentivement le descriptif des biscuits et autres produits alimentaires, dans la crainte de tomber sur cette arachide maudite.

Fonctionnement du patch Viaskin Peanut

La méthode proposée par DBV consiste à combattre le mal par le mal. En effet, l’objectif est de désensibiliser l’allergique en lui injectant, sur un temps long, de très petites doses d’allergènes. Cette diffusion doit à tout prix éviter de se faire par la circulation sanguine car cela pourrait entraîner une réaction généralisée très grave, le choc anaphylactique. Ces doses doivent donc passer par la peau : une fois l’épiderme franchit, les allergènes sont remontés par des cellules qui les emmènent via le réseau lymphatique jusqu’aux ganglions. De là, elles stimulent à leur tour un autre type de cellules dont le but est d’inhiber les réactions allergiques. Le tout sans passer par le sang.

Portant le nom d’immunothérapie épidermique, cette technique est  généralement efficace au bout de 3 à 6 mois de traitement. Après 12 mois d’étude, 50 % des participants ayant eu recours au Viaskin® Peanut ont répondu favorablement à ce traitement puisqu’ils pouvaient consommer 1 gramme de cacahuètes, soit 10 fois plus qu’avant. Des résultats certes positifs mais qui prouvent qu’il reste encore beaucoup de progrès à faire.

Une percée majeure en faveur des allergies alimentaires

Porteur d’espoir, le produit a été qualifié de « percée majeure » par l’Agence américaine du médicament (FDA). Et depuis son introduction à la bourse de New York, en octobre 2014, DBV a déjà levé 240 millions de dollars auprès d’investisseurs américains. Si les prochains essais cliniques sont positifs, le Viaskin® Peanut pourrait être commercialisé aux alentours de 2018. L’entreprise parie ensuite sur la sortie du Viaskin® Milk dès 2020, puis d’un patch contre les allergies aux œufs vers 2022, avant d’élargir son champ d’action au-delà des allergies alimentaires.

D’autres pistes intéressantes

En France, le laboratoire PharmaDev tente de mettre au point des cacahuètes anti-allergisantes. Au moyen d’un traitement de choc à base de températures très élevées, puis d’une utilisation de probiotiques (des enzymes qui découpent la protéine en morceaux), les chercheurs sont parvenus à neutraliser jusqu’à 95% des agents allergisants. Une avancée intéressante, mais qui ne permet pas encore de garantir l’innocuité de l’arachide. Par ailleurs, aux États-Unis, des chercheurs travaillent à rendre les arachides inoffensives au moyen d’OGM.

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