Depuis une décennie, les AMAP fleurissent sur le territoire français. Symbole d’une lutte contre l’agro-industrie au profit d’une agriculture raisonnée et locale, l’AMAP conquiert davantage de consommateurs chaque jour. Et certains n’hésitent pas à bouleverser leur quotidien par la création de leur propre AMAP. On vous explique tout !

Une AMAP, qu’est-ce que c’est ?

L’AMAP est une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne dont le principe repose sur la création d’un lien direct entre paysans et consommateurs, ces derniers s’engageant à acheter la production d’un agriculteur à un prix équitable. Les AMAP ont été créées pour favoriser l’agriculture paysanne et biologique dont la pérennité est menacée par l’agro-industrie.

Chaque consommateur de l’association reçoit régulièrement un panier composé de fruits et de légumes de saison produits par l’agriculteur. Le prix est en général fixé de manière équitable et n’excède pas le prix d’un panier composé en grande surface, tout en ayant des qualités nutritionnelle et gustative nettement supérieures.

À l’origine des AMAP

Tout est parti du Japon dans les années 60. De nombreuses familles de pêcheurs de la baie de Minamata souffrent de maux graves et pour le moins étranges : la plupart des enfants naissent handicapés. L’identité du coupable est connue : le mercure, abondamment rejeté dans la mer, contaminant ainsi les poissons qui constituent la source principale de revenus de ces familles.
La conscience collective est bouleversée, une méfiance à l’égard de la politique agricole nippone – la monoculture intensive, les engrais et pesticides chimiques au nom du rendement – s’accroît sensiblement.

Alors, des mères de famille se regroupent et cherchent comment veiller sur la santé de leurs enfants. Une idée voit le jour : ensemble, elles possèdent suffisamment de moyens pour acheter à l’avance toute la production d’une ferme. En contrepartie de cette sécurité financière, le paysan s’engage à leur fournir des aliments de qualité, dénués de produits chimiques : c’est la naissance des teikei (du japonais, « coopération »).

Ce n’est qu’en 2001 que naît la première AMAP, créée par Denise et Daniel Vuillon, maraîchers varois qui ont découvert à New York les CSA (Community Supported Agriculture), dont le concept se rapproche des teikei.

La lutte contre les géants de l’agro-industrie

La fin du XXsiècle marque l’explosion des hypermarchés qui exigent des produits à bas coût et standardisés. L’arrivée de l’Espagne sur le marché commun résonne comme une fatalité pour les petits agriculteurs, confrontés à une offre qui ne connaît plus de saisons. Nos légumes parcourent des milliers de kilomètres et leurs apports nutritionnels sont très largement amoindris.

Puis, les terres agricoles laissent place aux centres commerciaux, les exploitants survivent difficilement, à tel point qu’en un demi-siècle 9 paysans sur 10 ont disparu. Apparaissent alors les AMAP, favorisant le commerce de proximité et le respect des saisons.

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Un simple effet de mode ?

L’engouement autour de cette agriculture raisonnée est-il voué à péricliter ? Les chiffres tendent à prouver le contraire. Au Japon par exemple, les teikei ont su convaincre près de 16 millions de personnes en seulement trente ans. En Amérique du Nord, les CSA ont également de beaux jours à venir avec près de 13 000 exploitations fonctionnant de cette manière, fournissant ainsi chaque semaine près de 100 000 familles. Et en France, on dénombre plus de 2000 AMAP.

Effet de mode ou prise de conscience collective ? Seul l’avenir nous le dira. Toujours est-il que ce concept est en pleine pérennisation, mais aussi en expansion, atteignant progressivement tous les continents.

Et concrètement, comment s’engager dans une AMAP ?

Deux postures peuvent être adoptées. Il est bien évidemment possible – et vivement recommandé – d’adhérer à une AMAP existante. Oubliez les tomates et les courgettes en janvier pour consommer local et de saison. En quête de défis ? Vous pouvez également bousculer vos habitudes et votre mode de vie en créant votre propre AMAP.

Effrayés par l’ampleur de la tâche ? Suivez les conseils prodigués par Françoise Vernet et Marie-Noëlle Himbert dans leur ouvrage S’engager dans une AMAP, coédité par Actes Sud et Kaizen.

S'engager dans une AMAP

Dresser les contours de votre AMAP

1 – Il vous faudra tout d’abord partir à la recherche du paysan idéal, prêt à s’engager à vos côtés dans cette formidable aventure. Avec lui, vous définirez un calendrier, un panier (estimation des besoins hebdomadaires du foyer) et un prix. Attention, n’oubliez pas que l’objectif de l’AMAP est d’assurer un revenu décent à l’agriculteur.

2 – Il va ensuite falloir trouver dans votre entourage des personnes intéressées par le projet. Vantez la consommation locale et de saison, la culture sans intrants chimiques ou encore le maintien d’une petite exploitation.

3 – Enfin, une charte éthique est nécessaire. Elle va lier « chacun des futurs amapiens au producteur » par des principes simples, comme l’agriculture paysanne et biologique. Et surtout, cette charte aura à cœur de favoriser la solidarité et le partage.

« Créer une AMAP, c’est donner vie aux sentiments. Tisser à nouveau quelques brins de ce lien qui nous unit à la terre et aux paysans. »

Adhérer ou créer une AMAP, c’est aussi prendre soin de la planète :

Cuisine pas bête pour ma planète… et pour ma santé !

Vous souhaitez vous lancer dans l’aventure ? N’attendez plus et procurez-vous l’ouvrage de Françoise Vernet et Marie-Noëlle Himbert.

Sources

Miramap
La charte des AMAP
Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation
Japan Organic Agriculture Association (JOAA), 1993.
United States Department of Agriculture (USDA), 2007 Agricultural Census.
– Hiroko Amemiya (dir.), Du teikei aux AMAP, le renouveau de la vente directe de produits fermiers locaux, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2011.
– Denise Vuillon, L’Histoire de la première AMAP : soutenir les paysans pour se nourrir durablement, Paris, l’Harmattan, 2011.

Jonathan Epaillard

0 réponses à “Une vraie bonne idée : adhérer ou créer votre AMAP !”

  1. […] semble illimitée. Mais il convient de distinguer bio et bio, le bio des circuits courts – les AMAP – et celui auquel des rayons entiers sont consacrés dans les hypermarchés. Vous pouvez […]

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