Préparer son départ en vacances avec une MICI

Préparer son départ en vacances avec une MICI

Pour être sur de passer un été de rêve, il est important de bien préparer son départ en vacances avec une MICI. La maladie de Crohn ou la RCH ne doivent pas vous empêcher de profiter de la période estivale. Que vous partiez simplement dans le Sud, en Espagne ou même à Bali, nous avons pensé à vous. 

1 – Puis-je aller partout ?

Bien sûr, en supposant que la maladie soit stabilisée ou en rémission.

2 – Le bon moment pour partir

Il vaut mieux éviter de partir à l’étranger si votre maladie est mal contrôlée par le traitement ou à risque élevé de récidive. Nous songeons notamment à une poussée évolutive sévère traitée par corticoïdes, ou en cas de période post-opératoire précoce. Aussi, il est judicieux de ne pas partir dans un pays où les conditions sanitaires sont mauvaises et d’éviter de partir en sac à dos au fin fond de la forêt amazonienne, où une prise en charge médicale serait compliquée.

À découvrir : Tout savoir sur la maladie de Crohn, ses symptômes et ses traitements.

3 – Quelles précautions dois-je prendre avant le départ ?

1 – Prenez un rendez-vous avec votre médecin-traitant ou avec votre spécialiste. Faites un point sur l’état évolutif de votre MICI et votre traitement.
2 – Vérifiez que vous êtes à jour dans les vaccins, surtout en cas de départ dans des zones tropicales humides. Voir infra.
3 – Prenez une garantie assistance et rapatriement. Souscrire à une assurance voyage en cas de MICI sera compliqué, et vous ne serez pas pris en charge si vous ne l’avez pas déclarée. Néanmoins, certaines assurances, comme Europ Assistance ou Allianz Travel, peuvent vous assurer si vous êtes en rémission depuis plus de 6 mois. Renseignez-vous également auprès de votre banque, certaines cartes de paiement incluent ces assurances.

4 – Rappels sur la vaccination

Il faut savoir qu’il existe deux groupes de vaccins :
– les vaccins vivants atténués : composés de virus ou bactéries vivantes n’ayant plus de pouvoir pathogène. Il s’agit par exemple des vaccins contre la fièvre jaune, la rougeole, la tuberculose, la varicelle
– les vaccins inactivés ou recombinants : ce sont des micro-organismes entiers tués, ou avec une partie de leurs composants purifiés. Ils comprennent entre autres les vaccins contre le tétanos, la méningocoque, la coqueluche, la diphtérie, l’hépatite A

Votre to-do list

1 – Vérifiez suffisamment tôt la mise à jour de vos vaccins, notamment la DT Polio.
2 – Sous anti TNF, la vaccination contre les pneumocoques est recommandée.
3 – Le vaccin contre la fièvre jaune n’est pas recommandé chez les personnes traitées par immunosuppresseurs (Imurel®, Purinéthol®, Méthotrexate®, traitement « d’entretien » par Rémicade®), par anti TNF ou si vous prenez plus de 20mg par jour de cortisone. Globalement, les vaccins vivants atténués sont contre-indiqués chez les malades sous immunosuppresseurs. Ceci afin d’éviter tout risque de réversion de l’atténuation de la bactérie ou du virus. Si néanmoins ces vaccins sont prescrits, un arrêt du traitement d’une durée de 3 mois est recommandé en amont, et de 3 semaines en aval. Parlez-en à votre médecin.
4 – Le vaccin contre l’hépatite A est conseillé en cas de voyage dans un pays en voie de développement.
5 – Nulle contre-indication pour le vaccin contre le paludisme.

Il est important d’en parler à votre médecin traitant. Et ce, bien avant votre voyage.

5 -Le dossier médical

Votre dossier doit comprendre les documents suivants :
– les derniers compte-rendus opératoires,
– les dernières endoscopies comprenant les résultats de biopsie, scanner ou IRM,
– votre ordonnance.

N’oubliez surtout pas de mettre votre dossier médical dans la valise. Mettez le également sur clef USB, et envoyez-le sur votre boîte mail.
Veillez à avoir une ordonnance rédigée avec la Dénomination Commune Internationale (DCI) de vos médicaments (Adalimumab pour Humira notamment). Encore mieux, une ordonnance en anglais. Une précaution non négligeable en cas de perte de traitement ou de quantités insuffisantes.

Le + : Inscrivez-vous sur la plateforme MICI Connect de l’AFA afin d’avoir accès à votre carnet de santé en ligne (ordonnances, résultats d’analyses…)

6 – La trousse à pharmacie

Sachez tout d’abord que vos médicaments doivent être dans leur conditionnement d’origine avec leur notice. Aussi, oubliez le pilulier.
Partez avec la quantité de médicaments adaptée à la durée du séjour et songez à d’éventuels désagréments. Par exemple, si vous partez deux semaines, prévoyez pour 17-18 jours. En cas de vol annulé, raté, ou d’une volonté de lézarder trois jours de plus au soleil, aucun stress avec votre traitement. S’il vous faut plus d’un mois de traitement, faites-le noter par le médecin sur l’ordonnance. Pensez en outre à un conditionnement adapté si vous utilisez des suppositoires et que vous partez pour les tropiques.

Et en cas de voyage à l’autre bout du monde, vous pouvez adapter votre prise de médicaments au décalage horaire. Une semaine avant le départ, décalez la prise d’une heure chaque jour pour arriver à une prise identique à celle du pays dans lequel vous partez.

7 – Le droit des patients à l’étranger

Si vous voyagez au sein de l’Union Européenne, procurez-vous la Carte Européenne d’Assurance Maladie. Elle vous permettra de bénéficier d’une prise en charge pour les soins de santé médicalement nécessaires. Elle vous permettra de ne pas faire l’avance des frais médicaux. Ou alors vous devrez avancer lesdits frais pour vous faire rembourser ensuite par la Sécurité sociale.
Vous pouvez la demander sur le site de la Sécurité sociale, par téléphone au 36 46 ou directement dans un point d’accueil de votre Sécurité sociale.

Si vous partez hors Union Européenne, la Sécurité sociale prendra uniquement en charge les frais médicaux urgents. Aussi, veillez à bien conserver factures et justificatifs de paiement. Puis, envoyez-les à la Sécurité Sociale qui prendra en charge les soins si elle estime que la situation était un cas d’urgence.

Et, avant de partir : renseignez-vous sur l’état sanitaire du pays et vérifiez la prise en charge possible des frais médicaux.

Prendre l’avion avec une MICI

Prendre l'avion avec une MICI

Nombreux sont ceux ayant besoin d’un réel dépaysement. Aussi, beaucoup partent au bout du monde. Pourtant, prendre l’avion avec une MICI peut être une véritable source de stress. On vous explique comment vous reposer sereinement dans votre aller simple vers le paradis.

1 – Le transport des médicaments

Tout d’abord, ne laissez jamais votre traitement en soute. Les valises perdues ne sont pas des cas rares, prenez dans votre bagage à main votre traitement.
Vous pouvez emmener vos traitements ou aiguilles hypodermiques, voire des seringues à bord. Attention, vous devez impérativement être en possession du certificat médical, ou une prescription stipulant que vous avez besoin de ces médicaments. Et pensez à les déclarer aux contrôles de sécurité des aéroports.

Comment conserver son traitement au frais lors du voyage en avion ?

Prévenez la compagnie aérienne que vous devez transporter des médicaments à bord. Attention, vous devrez être apte à gérer vos médicaments et vos actes médicaux car l’équipage ne sera pas habilité à vous aider.
Vous ne pourrez pas leur demander de les stocker dans leur frigo, car cela impliquerait leur responsabilité. Prenez un sac isotherme avec des glaçons ou des blocs isothermes. Lors du passage aux contrôles de sécurité, vous serez probablement contraint de jeter vos blocs isothermes. N’hésitez pas à demander aux bars environnants qu’ils vous donnent des glaçons. Et durant votre vol, les hôtesses de l’air pourront également vous en fournir.

Si vous êtes un grand voyageur, vous pouvez investir dans des pochettes isothermes vous permettant de conserver les médicaments au frais pendant plus de 24h. Les produits de la marque Frío ou Icool pourraient vous être utiles.

Il vous sera également impossible de leur confier les seringues utilisées. Aussi, pensez à apporter un récipient de récupération.

2 – Prendre l’avion avec une stomie

Avant d’entreprendre un voyage, pensez à consulter votre médecin ou votre infirmière stomathérapeute.

Anticipez et prévoyez le matériel de stomie nécessaire à l’intégralité de la durée de votre voyage. Et pensez aussi à des probables retards d’avion : prenez des poches de stomie supplémentaires. En cas de voyage dans un pays chaud, ou si vous pensez vous adonner à une forte activité physique, il sera nécessaire de changer les poches plus souvent. Aussi, le maître mot est anticipation. Vous éviterez ainsi de devoir en acheter pendant votre séjour.

Selon votre destination, il est possible qu’une fouille corporelle complète ait lieu. Les règles sont différentes d’un aéroport à un autre. Renseignez-vous avant de voyager et n’oubliez pas que vous pouvez demander une fouille en privé. Attention, ayez toujours en votre possession un document justifiant votre stomie, les informations concernant votre matériel ainsi que les coordonnées de votre médecin. Idéalement, ces documents devront être rédigés dans la langue du pays où vous allez. Sinon, faites-les rédiger en anglais.

Une stomie en voiture

Votre kit de voyage :

– plusieurs poches de rechange prédécoupées,
– des sachets service en plastique jetables,
– un désodorisant de poche,
– un kit hygiène (spray à eau, mouchoirs en papier, gel nettoyant pour les mains).

Les conseils à appliquer

1- Optez pour la poche à filtre afin de vous prémunir des mauvaises odeurs.
2 – Videz votre poche de stomie avant de passer les zones de contrôles des aéroports.
3 – Pour appliquer un nouveau protecteur cutané, veillez à avoir la peau propre et sèche.
4 – Pensez à boire régulièrement pour éviter d’être déshydraté. Un verre d’eau toutes les heures est recommandé.
5 – Évitez les aliments ou les boissons favorisant les gaz.

Gaz et ballonnements : 10 astuces pour s’en débarrasser

Le + : Vous pouvez contacter l’Association Internationale des Stomisés (International Ostomy Association), qui possède de nombreuses antennes locales.

Profiter des vacances avec une MICI

Profiter des vacances avec une MICI

Ça y est, vous êtes arrivé au paradis ! Vous allez pouvoir vous détendre, faire des siestes à n’en plus finir, vous baigner dans une eau turquoise… Voici quelques derniers conseils pour profiter des vacances avec une MICI.

1 – Précautions générales

1 – Évitez les baignades en eau douce ou stagnante.
2 – Vigilance avec le soleil. Une insolation est vite arrivée aussi, évitez de vous exposer aux heures où le soleil est le plus agressif.
3 – Protégez votre peau.
4 – Attention aux moustiques : couvrez-vous avec des vêtements à manches longues, pas trop clairs. Et prévoyez sprays et lotions anti-moustiques.
5 – Lavez-vous les mains régulièrement.

2 – La turista, une vigilance s’impose

La turista est une diarrhée infectieuse qui se déclenche durant un voyage à l’étranger. La consommation d’aliments ou d’eau contaminés par des bactéries et parasites est souvent la cause de la turista.
La diarrhée survient généralement entre 3 à 5 jours après votre arrivée pour disparaître au bout de quelques jours. Une deuxième crise peut intervenir vers le 10ème jour. Le risque n’est pas accru en cas de MICI, mais cela peut être particulièrement invalidant.

Vous pouvez anticiper et demander à votre médecin un anti-diarrhéique (Tiorfan®) voire un antibiotique à visée intestinale de la famille des quinolones (Noroxine®, Oflocet®, Ciflox®). Les antibiotiques doivent être pris uniquement si la diarrhée persiste.

3 – Précautions alimentaires

Surveillez de près ce qui se trouve dans votre assiette afin de ne pas gâcher vos vacances avec la turista par exemple :

1 – Mangez des aliments bien cuits (à plus de 65°).
2 – Faites l’impasse sur les crudités. Vous éviterez ainsi les infections alimentaires.
3 – Pelez les fruits avec un couteau propre et surtout les mains nettoyées.
4 – Évitez les coquillages et les poissons crus.
5 – Attention aux jus de fruits et aux glaces.
6 – Pas de glaçons.
7 – Consommez de l’eau en bouteille, ou encapsulée.
8 – Essayez les boissons chaudes, hydratantes et très désaltérantes.
9 – Attention aux verres et tasses parfois souillés par l’eau utilisée lors du rinçage.
10 – Si vous pénétrez dans une pièce climatisée, attendez une demi-heure avant de boire. Ainsi, votre corps sera adapté à la température.
11 – Si vous faites souvent des occlusions : faites l’impasse sur les aliments contenant des fibres dures comme la noix de coco, l’ananas, le pamplemousse
12 – En cas de déshydratation, notamment à cause des diarrhées, mélangez de l’eau à température ambiante, du sodium, du sucre et de l’amidon (coca, riz bien cuit salé…)

Si vous constatez du sang dans vos selles ou une fièvre trop forte, faites appel à un médecin.

4 – L’exposition au soleil

On ne manquerait pour rien une journée à lézarder au bord de la plage. Mais si l’on est sous traitement, une certaine prudence s’impose.
Le risque majeur est la réaction photo solaire, qui peut être une photosensibilisation ou une photo allergie. Dans le premier cas, il s’agit d’une interaction directe entre la lumière et le médicament. La photosensibilisation se présente sous la forme de rougeurs. Le second cas se révèle plus complexe car la photo allergie induit nombre de réactions biologiques qui impliquent le système immunitaire. Les manifestations (urticaire, eczéma entre autres) apparaissent après l’exposition au soleil et ne se limitent pas aux zones exposées.

Si vous faites face à une de ces réactions, ne vous exposez plus. Et attention, vous vous exposez aux UVA même à travers des vitres.

Bien sûr, pensez à protéger votre peau avec un indice 50. Mieux, portez un vêtement. Et ne jouez pas avec le feu, évitez de vous exposer trop longtemps et en plein milieu de la journée.

Les médicaments photosensibilisants

Si vous prenez un traitement photosensibilisant, certains aliments sont à éviter car ils sont eux aussi photosensibilisants. Nous songeons ici aux sodas (qui contiennent de la quinine), au persil ou au céleri.

Les médicaments antimicrobiens photosensibilisants les plus courants sont la Doxycycline (Vibramycine®), la Minocycline (Mynocine®), la Norfloxacine (Noroxine®), Ofloxacine (Oflocet®) et la Ciprofloxacine (Ciflox®).
Quant aux immunosuppresseurs, les plus photosensibilisants sont l’Azathioprine (Imurel®), l’Alimémazine (Théralène®), l’Alprazolam (Xanax®) et la Fluvoxamine (Floxyfral®).

Attention à la Sulfasalazine (Salazopyrine®), un anti-inflammatoire photosensibilisant.

5 – Les baignades

Rassurez-vous, c’est possible en suivant quelque principes de base. Il faut tout d’abord savoir que la concentration en sel de l’eau de mer peut être corrosive pour certaines plaies cutanées. Aussi, si vous avez des lésions au niveau de l’anus ou du périnée, évitez le contact avec l’eau de mer.
Mais cette restriction peut être oubliée si votre plaie est petite et si elle peut être aisément rincée. Vus pouvez prendre une bouteille d’eau pour rincer la plaie et retirer les grains de sable après la baignade.
Si votre plaie peut être recouverte, appliquez un peu de vaseline, qui rejette l’eau, et recouvrez-la d’un pansement occlusif.
Pensez toujours à bien nettoyer et à sécher la plaie après la baignade.

La baignade en cas de stomie

La poche de stomie adhère moins longtemps à la peau en cas de baignade. Raison pour laquelle il vous faut partir avec un stock conséquent de poches.
Les plongeons et les vagues décrochent parfois les poches en cas d’appareillage avec poche amovible. Chaleur et sudation favorisent le décollement de la poche. Lors du changement, séchez bien la peau. Et lesdites poches sont étanches, il suffit simplement de protéger le filtre ou de mettre une poche sans filtre.

Pour les femmes, optez pour le maillot une pièce. Quant aux hommes, un short taille haute permettra d’éviter les questions incongrues.

6 – L’hospitalisation à l’étranger

Si malheureusement une hospitalisation est nécessaire au cours de votre voyage, choisissez bien l’hôpital en ayant en amont vérifié la possibilité d’un remboursement des soins dans tel ou tel hôpital. Contactez rapidement votre assistance complémentaire ou rapatriement pour savoir si vous devez avancer vos frais de santé.

Une super vidéo pour préparer ses vacances :

Sources

La majorité des sources de ce dossier proviennent de l’AFA :
– « Bouger avec – Voyages »,
– « Bouger avec – À la plage »,
– « Bouger avec – Vaccinations »,
– « Bouger avec – Voyager avec une stomie »,
– Fiche « Bouger avec sa MICI – Assurances et voyages »,
– Fiche « Vivre avec sa MICI – Voyage en avion et traitements »,
– Fiche « Vivre avec sa MICI – MICI et voyages ».