Notre régime alimentaire en fonction de notre profil génétique: c’est l’ambition de la nutrigénétique, discipline issue de la médecine prédictive. En effet, la nutrigénétique étudie comment certains de nos gènes influencent l’impact des nutriments sur notre organisme. Notre prédisposition à certaines maladies comme le diabète de type 2 trouverait un début d’explication.

La nutrigénétique, une science nouvelle

L’enjeu de la nutrigénétique est d’étudier la variabilité génétique individuelle et son influence sur la façon dont un individu va réagir à son alimentation.

Les nutriments, ce sont tous les minéraux, vitamines, glucides protéines ou graisses que l’on trouve dans les aliments. Nos gènes, eux, composent notre patrimoine génétique. Un patrimoine en constante évolution…

La nutrigénétique étudie comment certains de nos gènes influencent l’impact des nutriments sur notre organisme

La nutrigénétique étudie comment certains de nos gènes influencent l’impact des nutriments sur notre organisme

En effet, des chercheurs observent des petites variantes de notre ADN appelées polymorphismes d’un seul nucléotide (SNP). Ces variantes modifient notre façon d’absorber et d’assimiler certains nutriments. Ainsi, elles influencent les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2, de certains processus inflammatoires et types de cancer.

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L’absorption des vitamines

Patrick Borel, directeur de recherche au Centre CardioVasculaire et Nutrition (C2VN) de Marseille et son équipe font actuellement des études sur les variations génétiques de l’ADN sur l’absorption des vitamines.

« Des variations génétiques mineures dans notre ADN entraînent des différences dans notre capacité à assimiler certaines vitamines » explique-t-il sur le site de l’INRA. « C’est ce que nous avons réussi à prouver en effectuant une étude sur 40 personnes. C’est un petit nombre pour une étude génétique. Ça n’en est pas moins la première étude montrant un effet significatif de variations génétiques sur l’absorption de certaines vitamines. »

Selon leurs résultats, en consommant la même quantité de vitamine, les personnes n’en assimilent que 20, 50, 70 % selon leur profil génétique.

L’objectif de la nutrigénétique est donc de cartographier les variants génétiques à risque. Ainsi, il serait possible d’adapter le régime alimentaire de chacun et de diminuer le risque de maladie. Toutefois, la nutrigénétique n’est qu’à ses balbutiements. Car si la cartographie des gènes humains est aboutie, l’interaction de nos gènes avec notre environnement n’est pas, encore, complétement décryptée.

Sources :
–   « Alimentation et santé : notre ADN s’en mêle », de A. Bozino, site de l’Institut national de la recherche agronomique, www.inra.fr
–   Colloque de nutrigénétique à la nutrimétabolomique du Cerin, Centre de recherche et d’information nutritionnelles.

Vanessa Pageot