Si nombreux sont ceux qui répugnent à l’idée de s’accrocher à la barre du métro, d’autres en font un sujet d’étude sérieux ! En effet, une équipe de chercheurs a étudié la présence de bactéries dans le métro de Hong Kong pour explorer la diversité bactérienne selon les lignes. Leur conclusion : les bactéries se meuvent selon les itinéraires des voyageurs. Explications.

Une étude de la diversité des bactéries dans le métro, un canular ?

On pourrait penser qu’il s’agit d’une énorme plaisanterie, mais il n’en est rien ! Près de vingt chercheurs sont partis à la chasse aux bactéries du métro grâce aux prélèvements effectués sur des volontaires. Comment ? Ces derniers devaient au quotidien, durant trente minutes, se déplacer dans l’une des huit lignes de métro de Hong Kong. Bien sûr, ils nettoyaient leurs mains en amont pour ensuite toucher les barres de maintien. Pour les prélèvements, ils tamponnaient leurs paumes sur des écouvillons, petites brosses s’apparentant aux cotons-tiges.
Les analyses ont mis en exergue qu’une écrasante majorité des bactéries accompagnant les voyageurs étaient assez communes, bactéries usuellement retrouvées sur le microbiote cutané. Concernant les organismes non bactériens, les paumes des participants hébergeaient surtout des levures.

Pour bien comprendre le microbiote :

Tout savoir sur le microbiote

Jamais sans son microbiome sur la 8 !

Les déplacements des habitants de Hong Kong ont favorisé le développement d’un véritable microbiome – une zone de vie pour les organismes – sous la ville. Et les évolutions du microbiome au fil de la journée sur les différentes lignes de métro intéressent les chercheurs.
Leur premier constat : aux premières heures de la journée, on distingue plus de 140 espèces de bactéries différentes. Et chaque ligne de métro se distingue par ses caractéristiques microbiennes, à l’image de la ville qu’elle traverse. En effet, la ligne de métro à proximité de la côte grouille d’espèces bactériennes aquatiques.
Durant la journée, alors que la fréquentation du métro atteint son acmé, les communautés de microbes tendent à davantage se ressembler. Et 48 d’entre elles se multiplient durant la journée, avec une majorité de bactéries commensales – bactéries se nourrissant des déchets qui se trouvent à l’extérieur de nos tissus, sur la peau par exemple. À noter que le moment de l’échantillonnage, « est l’un des déterminants majeurs des changements et des récurrences dans la composition et la diversité de la communauté », relèvent les auteurs de l’étude.

La guerre des bactéries pour le contrôle de la ville

Les bactéries ne diffèrent que peu de l’Homme sur ce point. De fait, certaines bactéries prennent l’ascendant sur des bactéries dites plus faibles. Certaines communautés microbiennes prolifèrent donc dans les lignes de métro selon le moment de la journée.
Lors de la circulation des rames, les bactéries apportées par l’Homme se multiplient. A contrario, les bactéries n’étant pas liées à l’activité humaine ne reprennent le contrôle du réseau sous-terrain qu’à la fermeture des grilles. Autre point étonnant, et même inquiétant : certaines espèces résistent à plusieurs antibiotiques et tendent donc à se multiplier.
La preuve que les lois qui régissent l’humanité sont universelles, et concernent aussi bien l’Homme que les bactéries.

Les bactéries sont partout, et c’est même bon pour la santé de certains :

Laissez vos enfants manger leurs crottes de nez : c’est bien-fait pour eux !

Source

– Kang Kang et al., « The Environmental Exposures and Inner- and Intercity Traffic Flows of the Metro System May Contribute to the Skin Microbiome and Resistome. », Cell Reports, juillet 2018, 24 (5), p. 1190-1202.

Jonathan Epaillard